Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Symbole, Sous l’Angle Maçonnique…






Issu du latin Symbolus, ou Symbolum qui se disait du symbole des apôtres, et encore de Symbolicus, terme « allégorique » du Grec Symbolon « signe, marque, etc... ».


A l’origine, il était le langage secret des initiés de l'Egypte ancienne comme celui des assyro-babyloniens.

Puis il devint un moyen, ou signe de reconnaissance, utilisé par les membres d'une secte ou société secrète.

Ainsi, les premiers Chrétiens dessinaient avec une brindille une courbe dans le sol.

L'autre personne devait dessiner la sienne de telle sorte que l'ensemble figure un poisson, cet emblème primitif du Christ.

Qu'est-ce que le symbole ?

On peut le définir comme étant un segment de l'expérience finie qui nous offre, dans sa plénitude emblématique, un sens ou une clé d'accès à une réalité qui ouvre sur l'univers de l'investigation du « que penser », Cette « ouverture », accessible à tous sous certaines conditions, intervient comme la marque d'une avancée vers le contenu inscrit par le symbole et que chacun doit approcher, recommencer à explorer par ce processus du questionnement qui relève inévitablement, dans les phases préambulaires, de la pensée.

Si l'on veut connaître la nature d'un symbole, il faut étudier tout particulièrement son nom et la raison qui se trouve à l’origine de cette attribution, en ne manquant pas d’analyser sa Forme, Nombre et « Son » la valeur vibratoire, ce qui conduit à chercher sa fonction.

Mais, ainsi que l’écrivait Jung :

« aucun symbole n’est simple… car le symbole recouvre toujours une réalité complexe qui est tellement au-delà de toute expression verbale qu’il n’est guère possible de l’exprimer d’un seul coup ».

Tout peut-il être symbole ?

Peuvent devenir symboles : des objets, des emblèmes, des concepts abstraits, mais aussi des mots, voire des lettres prises isolément ou des nombres considérés individuellement ou projetés mathématiquement au carré ou au cube.

Le support importe peu, car c'est le sens qui crée le symbole.

« Comme le signe, le symbole sert à figurer et à renvoyer, mais il est à distinguer du signe par son indépendance, son pouvoir nécessaire. »

La quasi-totalité des signes se caractérise par un vide.

Seuls ceux qui reçoivent ou se voient affectés d'une plénitude signifiante accèdent alors à la vie, en devenant symbole.

Cet enrichissement toujours possible et susceptible de se développer à tous moments dans l'inconscient collectif, comme dans celui des  cultures, laisse la porte accessible à toutes les possibilités de transformation du  signe en symbole.

Si le signe demeure limité par l'arbitraire de son caractère, le symbole « ouvre » en permettant l'accès à des niveaux de réalité qui autrement demeureraient cachés et ne pourraient en aucun cas se révéler.

Ainsi le symbole s'avère irremplaçable pour « ouvrir l'esprit » à ses divers niveaux de conscience, car il ne peut jamais être échangé avec un autre concept, mot ou emblème.

Est-il éternel ?

Au contraire du signe, le symbole ne peut pas s'inventer : il est créé.

Surgissant de l'inconscient individuel ou collectif, il a une vie qui échappe à l'homme, mais lui est conditionnée.

Il apparaît, venu on ne sait d'où, quand l'univers qui l'intègre est prêt à révéler toute sa dimension, mais il se transforme ou se met « en sommeil » quand son contenu, sa réalité demeurent sans écho dans l'univers auquel il donnait vie en en étant l’expression.

C'est ce qui se passera, dans la maçonnerie, avec l’équerre, emblème d’El Shaddaï, l’Un des noms de Dieu, vénéré par les maçons opératifs, que les spéculatifs remplaceront à l'Orient par le Delta.

Mais rien ne relevant, de la simplicité dans la réalité symbolique, il convient de rester prudent, car la vie du symbole se caractérise par une omniprésence comme une permanence vivace.

Lorsqu’il semble oublié ou « éteint », il « vit » toujours en latence enfoui au plus profond de l'inconscient général et si certains tentent de produire un retournement de sa valeur ou réalité, il demeure actif et riche de toute sa puissance.

Ainsi l'équerre de valeur « 345 » s’avère toujours active dans les « workings » anglais et rites anciens.

Même si des non-symbolistes ont osé lui donner une valeur emblématique inférieure, terrestre et ténébreuse qu'elle n'eut jamais, cherchant par ce fait à provoquer un renversement du symbole, elle exprime toujours la réalité d'El Schaddaï quand sa valeur numérique spécifique se trouve énoncée.

C’est pourquoi, lorsque les symboles ordinaires ou profanes sont condamnés à disparaître, ceux qui ressortent du Sacré demeurent « illimités », car ils se rapportent au fondement ultime de l'être qui perdurera tant que l'homme vivra.

Il suffira qu'un seul « initiable », sur des millions, perçoive la réalité d'un emblème, concept ou celle d'une lettre ou d'un nombre, pour que le symbole rayonne dans toute sa grandeur, et se révèle par une hiérophanie.

S'il ne relève pas d'une connaissance objectivante, c'est justement parce que cette réalité se manifeste d'une manière contradictoire,

et qu'elle vise à faire prendre conscience à l'homme de l'existence d'un élan qui le pousse malgré lui vers le Ciel, ce qui finira par aboutir, à travers le cheminement symbolique connaissant, à une hiérogamie « Humano-Divine. »


Base Documentaire : Christian Guigue - La Formation Maçonnique -

Billet proposé par Aron O’Raney