Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L’aboutissement Sur La Voie







L'éclosion de la fleur est le moment glorieux où la perception s'éveille ;

à sa suite viennent la confiance, la connaissance, la certitude.

L'instant où l'âme demeure en suspens est un instant d'étonnement.

La satisfaction lui succède.

C'est le silence.

Sache, Ô disciple, que ceux qui ont passé par le silence, qui ont éprouvé sa paix et retenu sa force, ceux-là souhaitent ardemment que tu y entres aussi. 

C'est pourquoi, lorsque le disciple est capable d'entrer dans le Temple de l'Enseignement, il y trouve toujours son Maitre.

Ceux qui demandent recevront.

Mais la voix de l'homme ordinaire a beau demander sans cesse, elle n'est pas entendue.

Car il ne demande qu'avec son intellect et la voix de l'intellect n'est entendue que sur le plan de l'intellect.

Aussi ai-je attendu que les vingt et une premières règles fussent dépassées avant de dire : Ceux qui demandent recevront.

Lire, dans le sens occulte du mot, c'est lire avec les yeux de l'esprit.

Demander c'est éprouver la faim intérieure, le besoin passionné des aspirations spirituelles.

Etre capable de lire signifie avoir obtenu, à un faible degré, le pouvoir de satisfaire cette faim.

Lorsque le disciple est prêt à apprendre, alors il est accepté, reçu, reconnu.

Il doit en être ainsi, car il a allumé sa lampe, laquelle ne peut être cachée.

Mais il est impossible d'apprendre avant que la première grande bataille ait été gagnée.

L'intellect peut reconnaître la vérité, mais l'esprit ne peut la recevoir.

Pour qui a traversé l'orage et trouvé la paix, il est désormais toujours possible d'apprendre, lors même que le disciple irrésolu fléchirait et quitterait le droit chemin.

La voix du silence demeure en lui, et même s'il abandonne totalement le Sentier, un jour viendra où elle résonnera et le déchirera, séparant ses passions de ses possibilités divines.

Alors, malgré la souffrance et les cris désespérés du soi inférieur abandonné, le disciple reprendra le Sentier.

C'est pourquoi je dis : la paix soit avec vous. « Je vous donne ma paix » ne peut être dit que par le Maitre aux disciples bien-aimés qui sont comme Lui-même.

Il y en a aussi, parmi ceux qui ne connaissent point la Sagesse orientale, à qui ces mots peuvent être dits et répétés journellement d'une manière plus complète.


Considère ces trois vérités. Elles sont égales,


« L’âme de l'homme est immortelle, et son avenir est celui d'une chose dont le développement et la splendeur n’ont pas de limites. »

« Le principe qui donne la vie habite en nous et hors de nous ; il ne meurt jamais, il est éternellement bienfaisant ; il ne peut être vu, ni entendu, ni senti, mais il est perçu par l'homme qui désire la perception. »

« Chaque homme est à lui-même, absolument, son propre législateur, le dispensateur de sa gloire ou de son obscurité l’arbitre de sa vie, de sa récompense, de son châtiment. »


Ces vérités, qui sont grandes comme la vie elle-même, sont aussi simples que l'esprit humain le plus simple.
Fais-en la nourriture des affamés.


La Lumiére Sur Le sentier — I - 33,36 — Note V —
Traité sur la Sagesse Orientale —



Billet proposé par Aron O’Raney