Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Homme Et Pouvoir






— XXIX —


Si l’homme agit pour gouverner parfaitement l’empire, je vois qu’il n’y réussira pas.

L’empire est comme un vase divin auquel l’homme ne doit pas travailler.

S’il y travaille, il le détruit ; s’il veut le saisir, il le perd.


C’est pourquoi, parmi les Êtres,

les uns marchent en avant et les autres suivent ;

les uns réchauffent et les autres refroidissent ;

les uns sont forts et les autres faibles,

les uns se meuvent et les autres s’arrêtent.


De là vient que le sage homme supprime les excès,
le luxe et la magnificence.


— XXX —


Celui qui aide le maître des hommes par le Tao ne doit pas subjuguer l’empire par les armes.

Quoi qu’on fasse aux hommes, ils rendent la pareille.

Partout où séjournent les troupes, on voit naître les épines et les ronces.

A la suite des grandes guerres, il y a nécessairement des années de disette.

L’homme vertueux frappe un coup décisif et s’arrête.

Il n’ose subjuguer l’empire par la force des armes.

Il frappe un coup décisif et ne se vante point.

Il frappe un coup décisif et ne se glorifie point.

Il frappe un coup décisif et ne s’enorgueillit point.

Il frappe un coup décisif et ne combat que par nécessité.

IL frappe un coup décisif et ne veut point paraître fort.

Quand les Êtres sont arrivés à la plénitude de leur force, ils vieillissent.

Cela s’appelle ne pas imiter le Tao.

Celui qui n’imite pas le Tao ne tarde pas à périr.


La Voie Du Tao, Livre I — XXIXXXX – P32,33.
Texte Proposé par Aron O’Raney