Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Armes Et Malheurs





— XXXI —


Les armes les plus excellentes sont des instruments
de malheur.

Tous les hommes les détestent.

C’est pourquoi celui qui possède le Tao
ne s’y attache pas.

En temps de paix, le sage estime la gauche ;
celui qui fait la guerre estime la droite.

Les armes sont des instruments de malheur ;
ce ne sont point les instruments du sage.

Il ne s’en sert que lorsqu’il ne peut s’en dispenser,
et met au premier rang le calme et le repos.

S’il triomphe, il ne s’en réjouit pas.

S’en réjouir, c’est aimer à tuer les hommes.

Celui qui aime à tuer les hommes ne peut réussir
à régner sur l’empire.

Dans les événements heureux,
on préfère la gauche ;

Dans les événements malheureux,
on préfère la droite.

Le général en second occupe la gauche ;
Le général en chef occupe la droite.

Je veux dire qu’on le place suivant les rites funèbres.

Celui qui a tué une multitude d’hommes doit pleurer
sur eux avec des larmes et des sanglots.

Celui qui a vaincu dans un combat,
on le place suivant les rites funèbres.


— XXXII —


Le Tao est éternel et n’a pas de nom.

Quoiqu’il soit petit de sa nature,
le monde entier ne pourrait le subjuguer.

Si les vassaux et les Rois peuvent le conserver,
tous les Êtres viendront spontanément
se soumettre à eux.

Le Ciel et la Terre s’uniront ensemble
pour faire descendre une douce rosée,

Et les peuples se pacifieront d’eux-mêmes
sans que personne le leur ordonne.

Dès que le Tao se fut divisé, il eut un nom.

Ce nom une fois établi, il faut savoir se retenir.

Celui qui sait se retenir ne périclite jamais.

Le Tao est répandu dans l’univers.


Tous les Êtres retournent à lui comme

les rivières et les ruisseaux des montagnes

retournent aux fleuves et aux mers.


La Voie Du Tao, Livre I — XXXIXXXII – P 33, 34.
Texte Proposé par Aron O’Raney