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Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Templiers Et Francs-Maçons, La Piste Écossaise




La Franc-Maconnerie est elle l’héritière des Templiers ?


Pourchassés par Philippe le Bel, les chevaliers se sont-ils réfugiés en Ecosse. Hypothèse historique
De nombreux historiens ont développé des théories basées sur un long et complexe travail de recherche et la collecte de témoignages concernant un éventuel lien entre l’ordre des Templiers et les Francs-Maçons.

La version la plus connue de cette hypothèse historique voit les Templiers se réfugier en Ecosse à l’aube du XIVe siècle, pour échapper aux persécutions dont ils étaient les victimes.

Ils se seraient par la suite fondus au sein de la population locale, tout en transmettant aux générations suivantes les secrets du Temple. Secrets qui auraient fini par trouver une résurgence sous un ordre nouveau, celui de la Franc-Maçonnerie, qui nait justement autour de 1599, à Edimbourg… en Ecosse.

Lien entre Templiers et Francs-maçons : une hypothèse qui repose sur des faits avérés

Pour étayer cette thèse, il est tout d’abord intéressant de s’attarder sur les faits historiques.

L’ordre des Templiers, qui avait la particularité d’être composé de moines chevaliers, avait été fondé en 1129, afin d’assurer la protection des pèlerins qui se rendaient en terre sainte et aussi de guerroyer face aux infidèles, lors des croisades et de la reconquête de Jérusalem.

Les Templiers étaient soutenus de manière considérable par l’Eglise et la plupart des grands royaumes chrétiens d’Occident, qui financèrent les campagnes templières, ainsi que leur fonctionnement en général.

Cela permit à l’ordre de s’implanter au sein de monastères appelés commanderies, à la fois en terre sainte et en Europe.

Un ordre riche et puissant, mais jalousé.


Les templiers jouissaient d’une excellente réputation et devinrent peu à peu très puissants, à la fois financièrement et politiquement. 

Comme ils avaient en charge de conserver la fortune de certains souverains ou seigneurs, ils agissaient comme des banques de l’époque. En outre, ils bénéficiaient de nombreux privilèges et passes droits commerciaux qui confortaient leur richesse.
Durant près d’un siècle et demi, l’ordre des Templiers fut ainsi considéré comme l’une, voir la plus puissante, des institutions de l’époque. Au point de sembler aussi solidement enraciné que l’église chrétienne.

Cependant le vent tourna à la fin du XIIIe siècle, avec la perte définitive de la Terre Sainte en 1291. La légitimité de l’ordre était ainsi remise en cause, car son utilité première, à savoir combattre les infidèles au Moyen-Orient, n’avait plus cours. Peu à peu leur statut s’effrita, et un autre événement finit par définitivement sceller leur sort.

Les ambitions du roi de France, Philippe IV le Bel

A l’époque le Roi de France, Philippe IV dit le Bel avait une ambition démesurée pour son royaume : il voulait en faire le plus puissant d’Europe.

Le problème c’est qu’il manquait cruellement d’argent, le financement des croisades ayant vidé les caisses.

Une situation qui contrastait avec l’immense richesse accumulée par les Templiers. Tant d’argent nourrissait donc beaucoup de convoitises, notamment celle de Philippe.

Cependant le Temple bénéficiait encore de la protection du pape et de l’Eglise.

Pour arriver plus facilement à ses fins, le roi de France fit assassiner le pape de l’époque, Boniface VIII avec lequel il était en conflit, ainsi que son successeur Benoit XI.

Il favorisa par la suite l’accession d’un évêque Français, Clément V, au titre de Pape (il déplaça par la suite le Saint-Siège de Rome à Avignon). Une fois l’Eglise mise dans sa poche Philippe, disposait d’une liberté d’action dont il ne se priva pas.

Cependant il ne pouvait agir sans raison contre l’Ordre, car cela aurait pu générer l’intervention d’autres Etats se positionnant en défense du Temple.
Il réussit enfin à trouver une ouverture avec le témoignage d’un ancien Templier, Guillaume de Nogaret qui, en 1305, lui avoua des pratiques obscènes à effectuer lors des rites d’entrées dans l’ordre.

Il n’en fallut pas plus au Roi de France pour faire enfler ce témoignage en preuves accablantes envers les Templiers qui furent bientôt accusés d’hérésie et d’homosexualité entre autres, faits plus que condamnables pour l’époque.

La destruction de l’ordre

Philippe savait aussi que pour réussir son attaque contre le Temple, composé de chevaliers plus qu’aguerris au combat, il fallait agir rapidement et coordonner ses actions.

Ainsi il donna l’ordre à tous les Sénéchaux et Baillis du Royaume de procéder à l’arrestation de tous les Templiers au cours de la journée du vendredi 13 octobre 1307.
La plupart des Templiers se rendirent bizarrement sans combattre, quelques-uns s’enfuirent, mais nous y reviendrons.

Il est difficile de connaître avec exactitude le nombre de templiers qui furent arrêtés ce jour-là, mais on l’estime à peu près à 400 sur les 600 chevaliers présents en France à l’époque. D’autres furent capturés les jours suivants.

Cependant l’absence de réaction des Templiers lors de cette journée d’arrestation au-delà de l’effet de surprise réel, est trop incompréhensible pour ne pas susciter d’interrogations.


Il semblerait que les Templiers avaient anticipé depuis quelque temps le complot qui se tramait contre eux, et, qu’ils avaient du coup, agis en conséquence.
Pour de nombreux historiens même si les Templiers avaient sans doute un espoir de voir une issue favorable à toute cette histoire, ce qui expliquerait en partie qu’ils aient accepté de se faire arrêter sans se défendre, il est plus que plausible qu’ils aient par mesure de précaution organisés la sauvegarde de certains éléments d’une haute importance pour eux.

Qu’il s’agisse du supposé trésor légendaire, ou de codes et lois précises et inhérentes à leur ordre, ou plus généralement à des secrets d’ordre ésotérique, politique, religieux ou autres.

La flotte des Templiers disparaît

L’élément le plus troublant qui pourrait corroborer cette thèse est la disparition inexplicable de la flotte des Templiers quelque temps avant que débutent les arrestations.

A cette époque les Templiers possédaient un nombre considérable de bateaux et autres navires qui représentaient une des plus importantes et plus puissantes flottes d’Europe.

Suite aux arrestations et persécutions qui eurent lieu par la suite, il n’y a jamais eu d’explications concernant ce fait. Aucun document en France à cette époque ne mentionne le cas de la flotte des Templiers, tout comme aucun registre en Europe ne fait état d’une arrivée massive de navires Templiers cherchant à fuir le royaume de France.

D’autant plus que ce choix aurait été vain, car les arrestations ne se limitèrent pas à la France, mais se propagèrent à toute l’Europe.

Trois hypothèses subsistent alors, si l’on considère le fait qu’une partie des Templiers a pris la mer emportant avec eux certains biens ou documents primordiaux à leurs yeux.

— Première hypothèse : les Templiers se sont installés en Terre Sainte, là où ils possédaient anciennement bon nombre de commanderies. On sait de source sûre que certains chevaliers, dont le nombre est toutefois très réduit, ont effectué ce choix, prenant même des patronymes arabes.

Cependant il est quasiment impossible qu’une arrivée aussi massive n’ait engendré aucune mention dans les textes arabes de l’époque.

Car si tel avait été le cas une information de ce type aurait été un formidable outil de propagande et représenté un tel camouflet contre les chrétiens qu’on imagine mal les Arabes et autres Sarrasins ne pas l’utiliser.


— Seconde hypothèse : ce groupe de Templiers a trouvé refuge en Scandinavie et particulièrement en Norvège, aux confins de l’Europe et au sein d’un territoire qui n’était pas sous la coupe du Pape ou du Roi de France.

Mais cette hypothèse même si elle ne peut être repoussé en bloc, paraît peu crédible toutefois, car à cette époque la population scandinave était infime et les Templiers ne possédaient aucune connexion, ni aucun endroit leur appartenant pour pouvoir s’y implanter rapidement.

— Dernière possibilité, retenue par un grand nombre d’historiens : les Templiers restants se sont installés en Ecosse.


L’Ecosse, terre d’asile ?

Au regard des preuves et du contexte de l’époque la piste écossaise est incontestablement la plus crédible.

Tout d’abord l’Ecosse est le seul pays de l’époque ou les persécutions envers les Templiers n’eurent pas lieu. Plus généralement tous les pays de l’actuel Royaume Uni (Angleterre, Irlande, Pays de Galles) ne montrèrent clairement pas la même ardeur que la France à agir envers les Templiers.

Pour le dirigeant de ces contrées, les accusations formulées contre l’Ordre n’étaient pas vraiment fondées. Cependant, la pression du Pape et de Philippe le Bel eut raison du Roi anglais Edouard II qui finit par prendre les mesures nécessaires envers le Temple, non sans rechigner.

Mais le pouvoir d’Edouard ne s’étendait pas sur l’Ecosse qui était à cette époque en plein processus d’indépendance, entamé par William Wallace à la fin du XIIIe siècle et poursuivi par Robert Le Bruce, fraîchement couronné Roi d’Ecosse en 1306.

Il en va de même pour le Pape qui n’avait plus d’autorité en Ecosse après avoir excommunié Le Bruce quelque temps auparavant.

Seule la relation entre Robert Le Bruce et Philippe Le Bel peut faire émettre quelques réserves :

À cette époque les relations franco-écossaises étaient particulièrement étroites et même scellées par l’Auld Alliance.
Toujours est-il que l’Ecosse pouvait apparaître comme le territoire parfait pour les Templiers en vue de s’établir sans être poursuivis.

Encore fallait-il y arriver en Ecosse et surtout de la manière la plus discrète possible.

Par la route ? Impossible, car les hommes de Philippe quadrillaient tout le territoire et, hormis pour un ou deux chevaliers isolés, cette hypothèse ne peut être validée.
L’autre solution est donc une fuite par la mer, ce qui expliquerait donc la disparition de la flotte de l’Ordre.
Néanmoins, même par la mer, il n’existait alors qu’un chemin pour atteindre l’Ecosse :

Il fallait remonter par la côte ouest de l’Irlande, car la côte est était contrôlée par les navires et troupes anglaises. Ce qui explique, là encore, qu’il y ait si peu de documents faisant état de cette traversée des Templiers.

Une fois débarqués en Ecosse, les Templiers étaient ainsi en sécurité, à l’abri des persécutions orchestrées par Philippe Le Bel et soutenues par le Pape Clément V.

Celles-ci s’achevèrent par la dissolution de l’Ordre, lors du Concile de Vienne en 1312, puis par l’exécution du Grand maître, Jacques de Molay et d’un autre templier, Geoffroy de Charnay, brulés vifs sur l’Ile aux Juifs, à Paris, en 1314.

La même année, deux mois après ces exécutions, eu lieu en Ecosse une des plus grandes batailles livrées sur le sol britannique, qui permit aux Ecossais dirigés par Robert Le Bruce d’acquérir pour plusieurs siècles leur indépendance.


Auteur : Vincent Bréquigny
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Billet proposé par Aron O’Raney