Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Symbolisme, Le Compas Une Des Grandes Lumières



Évangile Selon Jean


L’une des trois Grandes lumières de la Maçonnerie.


Attribué au XVIIIe siècle aux vénérables et deux surveillants, le compas est aujourd’hui le bijou du Grand Maître d’une obédience.

Autrefois, il constituait un emblème d’une puissance considérable dont on trouve encore trace dans certains systèmes comme l’Emulation, la Maçonnerie opérative privilégiant elle, le circulaire.

En tant qu’outil utilisé dans l’art de bâtir des chefs-d’oeuvre élevés à la Gloire de l’Eternel, le compas devint le symbole le plus important du fait de sa correspondance avec la création et le Créateur.

Tout naturellement, il fut attribué à Dieu, l’architecte des architectes, à l’instar de « Vishvakarma » l’architecte céleste.

En piquant l’une des branches de cet outil, il crée le point d’origine de la vie, celui de l’incarnation d’un nouvel homme en quête de perfection, dont il circonscrit le destin terrestre en traçant le cercle.

Mais ce mouvement se voit souvent prolongé, car, amorçant l’évolution en continu avec l’une et l’autre branche, le cercle se transforme alors en une spirale dynamique projetée dans l’espace,

ce qui correspond au cycle des incarnations de l’homme assujetti au « Samsara » comme au parcours dans la vallée des larmes du Christianisme.


Bijou du Vénérable — Rite Écossais Rectifié —

« Si loin et si longtemps que tu ailles, c’est au point de départ que tu arriveras de nouveau, de même que le compas dont une pointe est posée sur le centre et l’autre sur la périphérie : si longtemps qu’il tourne, il ne fera jamais qu’arriver de nouveau au point dont il était tout d’abord parti. » (1)

Tout recommence toujours en un mouvement circulaire jusqu’à ce que l’architecte céleste daigne interrompre cette course incessante vers la lumière.

Dans la Maçonnerie moderne, le compas est toujours associé
à l’équerre.

Au Rite Ecossais Rectifié, si le récipiendaire a cet outil pointé sur le coeur, avec une ouverture de 90°, il a le genou sur l’équerre.

Aux autres rites, le candidat prend son engagement en ayant la main droite posée sur le compas et l’équerre.

Enfin où peut-on trouver le Maître-Maçon ?

Entre le compas et l’équerre, entre la Terre et le Ciel, entre le Créateur et la Créature.

Ces deux grandes lumières restent emblématiques des deux mondes, celui d’en haut, invisible, universel et céleste.

Et celui d’en bas, la Terre, où tout demeure limité, condamné par le temps, voué à disparaître.

Chacun n’a de pouvoir que sur son domaine.

Seul le Créateur, symbolisé par la Bible, possède le pouvoir d’agir dans tous les domaines.

L’Angle d’Ouverture

L’angle possède une valeur symbolique particulière, voire magique, découlant de sa nature, de son ouverture ou valeur numérique et du lieu où il se situe.

L’ouverture du compas peut varier de 45 à 60 ou 90° selon le grade, le rite ou la fonction de celui qui le porte, tel le bijou du Grand Maître.

Au Rite Ecossais Rectifié, l’angle du compas reste immuable au fil des grades, mais ce rite étant magiquement cérémoniel, ce sont les angles géographiques qui revêtent une importance capitale : Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest.

Le candidat à la réception commence son premier voyage en accomplissant un premier « cercle » autour du Plateau du 2e Surveillant à l’angle Nord-Ouest ; il continue ensuite son voyage autour de la loge.

Au deuxième voyage, il fait un « cercle » autour du Plateau du 1er surveillant à l’angle Sud-Ouest.

Il sera habillé à l’angle Nord-Est, l’angle de la fondation, celui où l’on pose la pierre d’élévation d’un édifice.

Le Surveillant du R.E.R. veillera aussi à ce que le candidat change bien l’épée de main à chaque voyage, Il s’agit là de l’inversion [2] présente seulement aux deux premiers degrés.

Dans tous les systèmes initiatiques, l’orientation tient une place majeure et magique.

D’après la Bible, le paradis terrestre se tient à l’Orient, l’enfer en Occident.

Adam chassé de l’Eden redescend dans le monde inférieur par la porte de l’Occident, d’où l’importance des deux cercles faits par le candidat aux angles Nord-Ouest et Sud-Ouest.

D’autres valeurs en découlent, mais elles ne sont pas concernées dans le présent sujet.



(1) Sohrawardi : L’Archange empourpré.
(2) Cette inversion se produit avec le changement de main tenant l’épée lors des voyages des deux premiers grades, avec le changement de place des piliers au 3e degré, puis par le changement de sens de la marche.


Source documentaire : La Formation Maçonnique – Christin Guigue –
Billet proposé par Aron O’Raney