Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Ramsès II Le Pharaon Modèle





Une image sous haute surveillance


Les textes égyptiens destinés à durer ne s'intéressent pas au roi en tant qu'individu, mais à ses actes en tant que roi.

Il lui revient d'assurer le culte des Dieux, de gouverner le pays et de mener les relations extérieures.

La guerre est un magnifique sujet de propagande.

Ramsès II fut habile à ce jeu ; son récit très travaillé de la bataille de Qadech, placardé sur les murs de ses principaux temples et diffusé par voie de papyrus, en est la meilleure preuve.

Il a laissé l'image d'un fameux guerrier, alors que les campagnes d’envergure n'occupèrent que cinq ou six ans du début de son règne.

La paix, signée avec les Hitties en l'an 21, est en fait assurée dans la région pour une cinquantaine d'années.

Issu d'une famille de militaires, le roi a particulièrement soigné ses vétérans.

Ceux-ci recevaient, pour services rendus, des terrains à exploiter dans les franges du Delta, et cette pratique permit de compléter le peuplement des terres cultivables de la région.


La religion sous Ramsès

Soixante ans après l'épisode amarnien, Ramsès II règne dans une ostensible orthodoxie.

Amon, dont le clergé ne cesse de gagner en richesse et en puissance, Rê et Ptah font figure de Dieux d'Etat et d'« empire ».

Seth, patron de la quatrième armée du pays, doit une part de sa fortune à la dévotion de la famille royale.

Dans le même temps, la divinité de la fonction du roi est mise en exergue, et certains colosses de Ramsès II, gratifiés d'un nom, font l'objet d'un culte.

Les temples de province bénéficient des largesses du roi, et les divinités orientales (Anat, Astarté, Baal, Réchep...) sont vénérées par la population égyptienne.

Leur apparition est l'indice d'une transformation des composantes de la société, mais aussi d'une évolution des mentalités.

Effectivement, on voit apparaître des formes « populaires » de piété :

Le roi n'est plus l'intermédiaire obligé avec les Dieux, et un particulier peut faire appel à l'oracle d'un dieu pour résoudre ses problèmes, même pratiques.


Une société en mutation


La société égyptienne évolue :

les nouveaux rapports avec les Dieux, l'essor de la piété personnelle n'en sont pas les seuls indices.

Le goût pour le savoir et les belles-lettres en est également caractéristique :

Khaemouaset, le propre fils de Ramsès, restaura des monuments anciens et compulsa les archives.

Sous la plume de certains scribes, le goût pour l'antique peut confiner à la préciosité.

Décelable dès Ramsès II, cette transformation est si profonde que le siècle et demi suivant sa mort s'appelle « époque ramesside ».

Roi de légende, il est aussi caractéristique d'une évolution de la société qui rendra possible la grandeur de l'Egypte à la Basse époque.

Celle-ci le reconnait aussi pour sien :

l'« Époque de Sésostris » a mêlé dans une même légende des éléments divers, dont beaucoup concernent en fait Ramsès.




Billet proposé par Aron O’Raney