Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Nul N'est Monté Au Ciel Sinon Celui Qui Est Descendu Du Ciel




L'arbre de la croix est pour moi celui du salut éternel.

Il me nourrit et j'en fais mon régal.

Par ses racines, je m'enracine, et par ses branches je m'étends ; sa rosée me purifie et son souffle, comme un vent délicieux, me rend fécond.

A son ombre, j'ai dressé ma tente, et, fuyant les grandes chaleurs, j'y trouve un havre de fraîcheur. C'est de ses fleurs que je fleuris, et de ses fruits je fais mes plus grands délices ; ces fruits qui m'étaient réservés depuis l'origine, j'en jouis sans limite...

Quand je tremble devant Dieu, cet arbre me protège ; quand je vacille, il est mon appui ; il est le prix de mes combats et le trophée de mes victoires.

Il est pour moi le chemin étroit, le sentier escarpé, l'échelle de Jacob parcourue par les anges, au sommet de laquelle le Seigneur est vraiment appuyé (Mt 7,14 ; Gn 28,12).


Cet arbre aux dimensions célestes s'est élevé de la terre jusqu'aux cieux, plante immortelle fixée au milieu du ciel et de la terre.

Soutien de toutes choses, appui de l'univers, support du monde habité, il embrasse le cosmos et rassemble les éléments variés de la nature humaine.

Il est lui-même assemblé par les chevilles invisibles de l'Esprit, pour ne pas vaciller dans son ajustement au divin.

Touchant par son faîte le sommet des cieux, affermissant la terre par ses pieds et entourant de tous côtés par ses bras immenses les espaces innombrables de l'atmosphère, il est tout entier en tout et partout...


Peu s'en fallait que l'univers soit anéanti, dissous de terreur devant la Passion, si le grand Jésus ne lui avait infusé l'Esprit divin en disant :

« Père, je remets mon Esprit entre tes mains » (Lc 23,46)...

Tout était ébranlé, mais lorsque l'Esprit divin est remonté, l'univers a été en quelque sorte ranimé, vivifié, et il a retrouvé une stabilité ferme.

Dieu emplissait tout, partout, et la crucifixion s'étendait à travers toutes choses.



Homélie grecque du 4e siècle
Sur la sainte Pâque, 51, 63 ; PG 59, 743, SC 27 (inspirée d'une homélie perdue d'Hippolyte ; trad. Orval rev.)
Texte Proposé par Aron O’Raney