Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Les Mastabas





De la fosse au mastaba


A l'époque pré-dynastique, les défunts étaient déposés au fond d'une fosse rectangulaire, recouverte ensuite par un tertre de sable parfois retenu par un muret en brique.

La fragilité de ce dispositif, alors que la sépulture
était destinée à servir de demeure éternelle, conduisit les Egyptiens à transformer ce simple monticule en une véritable construction, en briques séchées puis en pierre.

Sa forme parallélépipédique lui a valu son nom moderne de mastaba, terme désignant les banquettes que l'on trouve aujourd'hui devant les maisons.

Massif plein à l'origine, le mastaba présentait généralement sur son côté sud un renfoncement qui faisait office de chapelle funéraire.

C'est là, par l'intermédiaire d'une stèle simulant une porte, que le défunt recevait les rites et les offrandes qui devaient garantir sa survie éternelle.

A partir de la IVe dynastie, cette simple chapelle « s'enfonce » dans le mastaba qui pourra dès lors comporter plusieurs salles.


Le monde du simulacre



Les mastabas étaient destinés à assurer la survie au-delà de la mort.

Pour cela, il fallait tout d'abord des représentations du défunt que pourrait investir son Ka son « âme » : elles figurèrent tout d'abord sur les panneaux de bois, puis, pour leur assurer une conservation durant des siècles, dans la pierre.

La statue en pied du défunt était déposée dans le « serdab », la cavité ménagée dans l'épaisseur des murs et ne communiquant avec l'extérieur que par une étroite ouverture ; il y avait là des têtes de réserve, de véritables portraits du défunt que l'on déposait à même le sol ; et des reliefs, enfin, qui montraient le mort recevant des monceaux d'offrandes.

Pour éviter toute confusion et pour guider son ka vers l'effigie qu'il était censé investir, le nom du défunt et souvent ses titres accompagnaient ces représentations.

La décoration murale


Visiter un mastaba, c'est découvrir au fil de ses salles tout un monde, vieux de 45 siècles, peuplé d'artisans, de paysans, d'ouvriers, tous absorbés par leurs tâches quotidiennes représentées avec un luxe de détails.

Dans l'esprit des anciens Egyptiens, il s'agissait beaucoup plus que de la simple évocation du monde terrestre que la mort avait quitté.

Investies d'une fonction magique, ces images devaient garantir la survie du défunt : grâce à elles, son ka allait pouvoir se délecter de pain, de bière, de volailles et de quartiers de boeuf, des produits de la terre.

Tous ces produits étaient représentés sur la stèle funéraire où le défunt figuré devant eux assurait qu'il en avait reçu en abondance.

Le mort allait pouvoir également se livrer à ses activités favorites, parmi lesquelles la chasse et la pêche.

L'entretien du ka nécessitait également l'offrande de produits frais, qui étaient déposés dans la chapelle des offrandes devant la stèle, au cours des rites funéraires célébrés par les prêtres.

Afin de garantir l'accomplissement de ces rites, des propriétés agricoles étaient souvent attachées aux sépultures :

Leurs revenus permettaient de fournir un salaire aux prêtres et d'assurer l'entretien de la tombe et son approvisionnement en offrandes.




Billet proposé par Aron O’Raney