Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Créateur Et Le Sage



- XXV -

Il est un être confus qui existait avant le Ciel et la Terre.

Oh ! qu’il est calme !

Oh ! qu’il est immatériel !

Il subsiste seul et ne change point.

Il circule partout et ne périclite point.

Il peut être regardé comme la mère de l’univers.


Moi, je ne sais pas son nom.

Pour lui donner un titre, je l’appelle Tao.


En m’efforçant de lui faire un nom, je l’appelle grand.

De grand, je l’appelle fugace.

De fugace, je l’appelle éloigné.

D’éloigné, je l’appelle retour.

C’est pourquoi le Tao est grand,

le Ciel est grand, la Terre est Grande

Le roi aussi est grand.

Dans le monde, il y a quatre grandes choses, et le roi en est une.


L’homme imite la Terre ; la Terre imite le Ciel, le Ciel imite le Tao ; le Tao imite sa nature.



- XXVI -


Le grave est la racine du léger ;

Le calme est le maître du mouvement.


De là vient que le sage homme marche tout le jour

Dans le Tao

Et ne s’écarte point de la quiétude et de la gravité.


Quoiqu’il possède des palais magnifiques,

Il reste calme et les fuit.

Mais hélas !

Les maîtres de dix mille chars se conduisent légèrement dans l’empire !

Par une conduite légère, on perd ses ministres ;

par l’emportement des passions, on perd son trône.



La Voie Du Tao, Livre I — XXVXXVI – P30
Texte Proposé par Aron O’Raney