Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Errance





L’arbre prend son essor
et boit sa terre sans crainte
ni reproche...

L’oiseau s'élance
et respire son ciel
avec délice et ivresse...

Et toi,
misérable dans ta terreur sans nom,
Pitoyable dans ta peur sans objet,

Toi errant dans ton espace
d'ignorance sans fin,

Tu divagues,
délires et exultes,

Et fais de ton corps
la demeure de l'univers.

Ligne épurée que pénètrent
en son inclination naturelle
vents, marées, tempêtes
et silences brusques,

Qu’aussitôt violent
sans scrupule
le bruit et le désordre.

Voici venue la nuit où,
Dans la complicité
du souffle des vivants,

Renaissent
les espoirs bannis hier.

Mostafa Benhamza - Août 1997 -
Texte Proposé par Aron O’Raney