Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

En Toi, Cherche Cela !





Dans ton âme il y a une âme
Cherche-la !
Dans le mont de ton corps, une perle
Trouve-la !
Ô soufi qui avance
Si tu cherches
Ne cherche pas hors de toi
En toi, cherche cela !



La totalité des formes
n’est qu’un reflet dans l’eau de la rivière ;
si tes yeux sont dessillés,
tu sauras qu’en réalité elles sont toutes Lui.
Un plus Un, égal Un, car Deux c’est la séparation.


Ô toi qui t’es endormi
dans le bateau du corps,
Tu as vu l’eau ;
Contemple l’Eau de l’eau.
L’eau a une Eau qui la pousse,
l’esprit un Esprit qui l’appelle.


L’amour n’est pas l’or.
On ne peut le cacher.
Les effets de l’amour sont apparents.
J’ai vu beaucoup d’hommes sans vêtements,
J’ai vu beaucoup de vêtements sans hommes.


Si tu viens vers moi en marchant,
Je viendrais vers toi en courant.

Tu ne me chercherais pas
si tu ne m’avais déjà trouvé.


Au-delà du « bien faire »
et du « mal faire » existe un espace.
C’est là que je te rencontrerai.


Le clair de lune pénètre dans la pièce
à la mesure de l’ouverture,
Même si sa lumière se répand partout,
de l’Orient à l’Occident.


Je suis arrivé dans un désert
où l’amour apparaît.

Recherche le royaume de l’amour,
car ce royaume te fera échapper
à l’ange de la mort.


Heureux le moment
où nous serons assis dans le palais
Toi et Moi ;
Avec deux formes et deux visages,
mais une seule âme,
Toi et Moi.


Je suis l’atome,
Je suis le globe du Soleil,
A l’atome, je dis : demeure.
Et au soleil : arrête-toi.
Je suis la lueur de l’aube,
Je suis l’haleine du soir,
Je suis le murmure du bocage,
la masse ondoyante de la mer.
Je suis l’étincelle de la pierre,
l’œil d’or du métal…
Je suis à la fois le nuage et la pluie,
J’ai arrosé la prairie.


Purifie-toi des attributs du Moi,
afin de pouvoir contempler
ta propre essence pure,
Et contemple dans ton propre cœur
toutes les sciences des prophètes,
sans livres, sans professeurs, sans maîtres.


Que faites-vous là, assis devant la porte ?
Le moment de la séparation
et de l’attente est passé ;
Entrez dans la maison,
si vous êtes doués d’intelligence !
Le soleil de la beauté
s’est exposé aux regards ;
Enlevez vos vêtements
devant son rayonnement.



Djalâl ad-Dîn Rûmî



Billet proposé par Aron O’Raney