Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

De Lucie À L’Épiphanie, Légende Et Symbolisme



Si le solstice est le périgée de l’année, lorsque la lumière est la plus faible dans l’hémisphère nord, n’oublions pas que la tradition nous rappelle que Noël est aussi marqué par l’Etoile.

Cette étoile qui conduisit les bergers puis les rois mages et qui semble avoir une réalité historique.

Cependant, cette célébration de la Lumière ne devrait pas seulement avoir lieu lors du solstice, mais devrait couvrir presque un mois.

Dès le milieu décembre la nuit perd du terrain le matin, car le jour commence à se lever plus tôt. Mais elle réussit à en reprendre le soir. Certes, le jour continue globalement à diminuer, mais le matin commence plus tôt.

Dès le 13 décembre, les hommes, « au moins les chrétiens, en principe » sont invités à méditer sur la Lumière.

Le jour de la Sainte Lucie (du latin lux, lucis, lumière), Lucie, fêtée dans l’Europe du Nord, en particulier en Suède, en Norvège, au Danemark et à... Montbéliard, est une martyre qui, lors de sa persécution, a été rendue aveugle. Cet handicap majeur ne l’empêcha pas de voir la Lumière qui « brille au-delà ».

Cette Lumière que Saint-Jean promet à tout homme venu en ce monde.

Ce jour ouvre la période que les Chrétiens appellent l’Avent et qui correspond au solstice d’hiver dans l’ancien Calendrier Julien avant la réforme Grégorienne.

Célébration de la Sainte-Lucie, Santa Lucia, en Suède. Au coeur de l'hiver et de la nuit noire surgit une lumière...(Photo : © Eglise de Göteborg, J. Lamboley).

En Suède, elle est célébrée au cours d’une cérémonie où une fille, élue « Lucia », marche devant une procession de femmes ; elles sont toutes vêtues de blanc avec une ceinture de tissu rouge.

La Lucia porte une couronne de bougies et les autres jeunes filles une bougie à la main. Les bougies représentent le feu qui refuse de prendre la vie de sainte Lucie au bûcher, et la ceinture rouge probablement le martyre de la sainte.

Les femmes chantent une chanson de Lucia en entrant dans la pièce ; la mélodie est celle de la chanson napolitaine Santa Lucia, mais les paroles suédoises, parlent de la lumière avec qui Lucia a vaincu les forces de l’ombre.

Treize jours après, c’est Noël et l’étoile conduisant les bergers alors que douze jours encore plus tard, elle conduit les mages (un blanc, un noir, un jaune), c’est-à-dire tous les peuples.

Épiphanie, c’est aussi la « lumière de l’au-delà ». L’Épiphanie célèbre la visite des Rois Mages au petit Jésus, le Messie dans le monde.

Épiphanieestun mot d’origine grecque (Epiphaneia) qui signifie « manifestation » ou « apparition » – du verbe « faïno », « faire briller, révéler », dont l’utilisation est antérieure au christianisme.

La fête s’appelle aussi « Théophanie », qui signifie ainsi « manifestation de Dieu ».

Ce jour-là, nous mangeons de la Galette, dont la forme et la couleur sont le symbole frappant du Soleil qui donne la vie. Traditionnellement on trouve une fève dans cette galette.

Savez-vous que les pythagoriciens ne mangeaient des fèves qu’une fois par an, précisément ce jour ?

La Fève aurait- elle un caractère initiatique, sacré ?

On peut remarquer que l’étymologie de la Fève (faba en latin), est bien proche de Phoebus, le soleil en grec. Or Phoebus c’est Phos-Bios Lumière et Vie. Nous pouvons saisir le message en découvrant la fève.

Nous devenons Reine et Roi sur le plan spirituel avec tous ceux qui, ayant compris le symbole, gravissent une marche vers la compréhension des mystères du Monde.

Cette tradition viendrait du culte mazdéen de Zoroastre, culte de la lumière par excellence.

Le miracle naîtrait ainsi de la conjonction d’une figure stellaire et de l’attente passionnée des hommes dans la tradition mazdéenne.

La légende dit qu’une étoile se mettra en mouvement pour se détacher de la fatalité et à l’oppression des astrologues.

Elle traverserait le ciel pour nous révéler l’existence d’« autre chose » situé à l’horizon et en même temps au centre de nous-mêmes, dans le battement de notre cœur qui attend, qui espère et qui veut.

Heureuse époque où les simples, les bergers et les mages très savants se rencontrèrent dans la même sérénité.

Les mages font éclater les frontières des anciens cultes.

L’enfant apparaît dans une grotte, sans doute celle d’Isis, l’incarnation de la Terre – Mère. Toutes les traditions de ces lieux évoquent la léthargie qui s’est emparée de l’homme et c’est la lumière d’un astre mystérieux qui vient éveiller les hommes assoupis.

L’itinéraire que suivent les mages est « cette flèche du désir tendu vers l’autre rive » comme le dit Nietzsche.

L’étoile est le chemin que l’on fait, que l’on se fait. Nous connaissons ce symbole chez les Compagnons, bien que le nombre de branches soit différent : « 5 » pour l’étoile flamboyante, « 8 » pour celle de l’Épiphanie.

Nous avons ainsi devant nous la fête de la mémoire et du germe que l’on met en terre à ce moment. Certains voient dans le symbole de la fève cachée, celui de la semence enfouie qui pourra ensuite germer.

C’était la période des« saturnales » des Romains, dédiés à Saturne le dieu de l’agriculture, de l’abondance, et de la prospérité.

Durant cette période, les légionnaires tiraient au sort un prisonnier ou un condamné au moyen d’une fève cachée dans une galette de blé.

Celui-ci était aussitôt gracié pendant la durée des fêtes, il pouvait faire ce qu’il voulait, un peu comme le roi des fous dans la période du Carême, ensuite il était exécuté.

Mais revenons aux rois mages, les deux seuls évangélistes qui en parlent sont Luc « lux » la lumière et Matthieu « Mathesis ; la science en grec », c’est le savoir terrestre.

Il n’est pas étonnant que ces Evangélistes aient voulu indiquer que le savoir et la vraie connaissance se sont réunis dès les premiers jours autour de celui que certains appelaient l’enfant Roi, commelaFamille des Philosophes et plus généralement, celle des hommes, autour de la galette des Rois.

Galette « Gala théo » le « lait des Dieux ». La Voie lactée, celle qui nourrit l’œuvre en entier.

Nous pourrions longuement détailler les diverses positions astronomiques des étoiles ou des constellations que les noms rapprochent de l’Épiphanie (les rois mages symbolisent le nom oriental du Baudrier ou de la Ceinture d’Orion ; nous sommes dans la constellation du capricorne le serpent Satan).

A proximité se trouve la Constellation du Bouvier, le gardien du Bœuf de la Nativité.

L’enfant Roi se trouve entre l’âne, réputé pour ses dimensions génitales et sa fécondité et le bœuf, animal émasculé et stérile. Et n’oublions pas l’étoile Regulus, le petit Roi.

L'Adoration des Mages. Chapiteau dans la Salle capitulaire.
© Cathédrale Saint-Lazare, Autun, Bourgogne.

Nous avons conscience que cette légende nous concerne directement.

Nous ne nous sommes pas éloignés de la démarche. Le Ciel et l’Homme sont faits l’un pour l’autre dans un étrange mariage cosmique.

Nous ne pouvons pas nous contenter de prendre des engagements profanes pour le progrès de l’Humanité : nous devons acquérir une vision circulaire du monde qui englobe naturellement Nature et Spiritualité.

Si notre progression n’est pas globale, nous n’aurons jamais le sentiment d’exister.

C’est le « Un » qui nous intéresse, non pas les fractions ou les sous multiples.

Oui, en ce jour plus que jamais : « que Ta Volonté soit FÊTE sur la Terre comme au Ciel. »



Source : Une Parole circule – Très Respectable Loge de Recherche SUB ROSA à l’Orient de Genève.



Billet proposé par Aron O’Raney