Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Chanson du Mal-Aimé





Ses regards laissaient une traîne
D’étoiles dans les soirs tremblants

Dans ses yeux nageaient les sirènes
Et nos baisers mordus sanglants

Faisaient pleurer nos fées marraines

Un jour le roi dans l’eau d’argent
Se noya puis la bouche ouverte

Il s’en revint en surnageant
Sur la rive dormir inerte

Face tournée au ciel changeant

Juin ton soleil, ardente lyre
Brûle mes doigts endoloris

Triste et mélodieux délire

J’erre à travers mon beau Paris
Sans avoir le coeur d’y mourir

Les dimanches s’y éternisent
Et les orgues de Barbarie

Y sanglotent dans les cours grises
Les fleurs aux balcons de Paris

Penchent comme la tour de Pise



Guillaume Apollinaire.



Aron O’Raney