Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Reviens !





Ô toi dont la chaleur cachée derrière les voiles est pour nous l’été !

Ô toi collyre de l’œil de l’âme,

Où donc es-tu parti ? Reviens,

Afin que l’eau de la miséricorde jaillisse du sein des flammes,

Que la verdure surgisse des terres arides,

Que les tombes deviennent des jardins,

Afin que le raisin soit mûr, et que notre pain soit cuit.

Ô Soleil de, l’âme et du cœur !

Ô toi par qui le soleil est humilié !

Regarde enfin comment ont emprisonné notre âme cette eau et cette argile.

Maintes fois les épines sont devenues roseraies, par amour de ton visage,

Jusqu’à ce que cent mille aveux aient jailli de notre foi.

Ô toi, Visage de l’Amour éternel !

Tu es apparu dans la beauté d’un corps

Afin de guider l’âme, hors de cette prison, vers l’Unique...


Dans le sombre chagrin, fais apparaître la joie, de cette nuit profonde, fais sortir le jour,

Un jour étrange, plein de merveilles, ô notre aurore qui répand la lumière !

D’une perle de pacotille tu fais une perle d’un pur orient,

Tu rends jalouse Zohra (1) elle-même,

Tu transformes le pauvre hère en monarque.

Longue vie à toi, Ô notre sultan !

Où sont les yeux capables de te voir, afin de parvenir à ta poussière ?

Où est l’oreille intelligente capable d’entendre nos discours ?

Quand le cœur compte les bienfaits, rendant grâces de ces douceurs,

De chaque atome de notre corps, le désir s’écrie.

Le son du tambourin s’est élevé de l’âme,

Afin que les parcelles se joignent au tout,

Fleur à fleur, rose à rose, hors de notre prison d’épines.

(1) Vénus




Djalâl Al-Dîn Rûmî (1207-1273)

Extraits de « La Religion de l’amour » - OM, n° 29.



Texte proposé par Aron O’Raney