Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Pleurs






C’est pour Shams,
Soleil de la Vérité et de la Foi, que nos yeux pleurent ;

C’est pour ce Soleil que nous versons des larmes,
Comme une pluie.


Verrons-nous, au moment de l’union, le navire de ce Noé ?

Car il n’y aura plus d’existences, après notre déluge ;

Notre corps sera plongé dans son propre océan
Soulevé de tempêtes

Quand apparaîtra le navire de ce Noé caché.

La mer et la séparation tendent à l’union,
Et l’on parvient à la rive ;

Puis, dans le monde entier, fleurissent les roses et les tulipes.

Toute l’eau des larmes qui coulent à présent de nos yeux,

Fera surgir pour nous cent roseraies riantes ;

L’orient et l’occident ne seront qu’un parterre de fleurs ;

Ronces et épines ne se montreront pas
Parmi nos roses toutes semblables.

Sous chaque rosier sera assise une beauté
Au visage de Vénus, pareille à la Lune,

Jouant gaiement du luth pour notre « Khâqân » (1)


À chaque instant,

Tu verras s’approcher une merveilleuse idole,

Qui vient déposer une coupe de vin dans nos mains.


L’âme de la passion s’écriera :
« Bénies soient ces idoles au corps resplendissant ! »


Le cœur dit :
« Louanges à notre joie infinie ! »


La poussière de Tabriz est remplie d’amour
De la grâce et de la pureté,

Pareille à la pureté du Kawthar (2)
Et à celle de la Source de la Vie éternelle.


(1) Titre de l’empereur de Chine et par extension, des souverains Turcs de l’Asie Centrale.

(2) Nom de l’un de fleuves qui coulent au Paradis.



Djalâl Al-Dîn Rûmî (1207-1273)

Extraits de « La Religion de l’amour » – OM, n° 148.



Billet proposé par Aron O’Raney