Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Ordre Templier, Entre Légende Et Vérité Historique



Qu’en est-il réellement de l’histoire de ces moines-soldats ?
Le roi Philippe le Bel les a-t-il fait disparaître pour s’approprier leurs richesses ?
L’Ordre est fondé en 1129, par Hugues de Payns.
Il s’occupe de la protection des pèlerins, et de la défense du royaume de Jérusalem.
Quelques années avant sa création, en 1095, lorsque le pape Urbain II prêche la première croisade, son but est de protéger les pèlerins, sur la route de Jérusalem et de reprendre le Saint-Sépulcre (le tombeau du Christ).
En 1099, Jérusalem est prise par Godefroy de Bouillon.
C’est dans ce contexte que sont fondés les Templiers, au début, simple milice créée en Orient, nommée les chevaliers du Christ et du Temple de Salomon et chargée de protéger le Saint-Sépulcre.
Les Templiers partent ensuite en Occident, recruter des membres.
Par la suite, des bulles pontificales officialisent le statut de l’Ordre, qui dépend exclusivement de la papauté.

Le temps de la grandeur
Les Templiers construisent des commanderies partout en Europe afin d’assurer le recrutement et de former spirituellement et militairement les frères de l’ordre.
Ils s’établissent dans des forteresses en Orient, qui sont des établissements économiques, politiques, et religieux.
Ils transportent, par mer, des hommes, des vivres, de l’or, vers l’Orient.
Ils négocient le rachat de prisonniers auprès des émirs arabes ou turcs, et parfois avancent la rançon.
Ils bénéficient de dons en terres et en argent, qui leur permettent de financer leurs missions.
Des particuliers ou des institutions (et les rois eux-mêmes) leur confient leurs biens.
Ils prêtent aussi de l’argent.
Leurs « clients » les remboursent à une valeur supérieure, quand il y a conversion de monnaies (le prêt à intérêt étant interdit par l’Eglise).
Ils sont donc à la fois guerriers, religieux et banquiers.
Ils possèdent un véritable domaine au nord de Paris et sont exemptés d’impôt par le roi, ils ont également le droit de faire justice eux-mêmes, sur leurs propriétés.
Or, la rivalité est intense avec l’ordre des Hospitaliers, eux aussi moines-soldats, établis en Orient, à la même époque.
En effet, les Templiers sont très riches et puissants, grâce notamment, à une judicieuse gestion de leurs biens.

Le temps de la décadence


Cependant, à la fin du XIIIe siècle, le roi Philippe IV le Bel (1268-1314) est en conflit avec le pape Boniface VIII.
La question est : qui, du pouvoir spirituel du pape ou du pouvoir temporel des rois, est supérieur à l’autre pour faire régner la loi sur le territoire national ?
Les juristes du roi cherchent à exalter la puissance de la souveraineté royale.
Or, les Templiers dépendent exclusivement du pape en matière de juridiction : ce qui limite le pouvoir du roi sur son propre territoire.
Les Templiers représentent 15 000 hommes, dont 1500 chevaliers : c’est une force armée importante, et entièrement dévouée au pape.
Le pape Clément V (successeur de Boniface VIII), souhaite fusionner les Hospitaliers et les Templiers, ce que refuse Jacques de Molay, alors grand maître du Temple.
Le pape et le roi se seraient alors rencontrés, quelques mois avant l’arrestation des Templiers…
Le pape enquête sur l’Ordre, partant de rumeurs sur des pratiques obscènes.
Par ailleurs, après la chute de Saint-Jean d’Acre (ville du royaume latin de Jérusalem), en 1291, la Terre Sainte semble perdue.
Les chrétiens d’Orient, dont les Templiers, sont expulsés.
Se pose, dès lors, la question de l’utilité de l’Ordre.
Leurs citadelles d’Orient coûtent très cher, et parfois même, ils doivent payer les musulmans afin de pouvoir rester en Terre Sainte : l’Ordre est ruiné.

La chute


Le 13 octobre 1307, les 138 Templiers de Paris, comme tous leurs confrères sur le territoire français, sont arrêtés par les agents du roi.
Ils sont emprisonnés, torturés et accusés de blasphèmes : notamment de cracher sur la Croix, de pratiquer la sodomie, et de pactiser avec le Diable.
Remis au pape, ils sont traduits devant des tribunaux ecclésiastiques (sous les pressions du roi), en 1309, 1310, et 1311.
Quarante succombent à leurs tortures, trois seulement n’avouent pas, et cinquante sont brûlés vifs.
Les autres sont condamnés à la prison à vie, mais le roi les fait brûler à Paris, le 12 mai 1210, dont le grand maître.

Un héritage controversé
Existe-t-il un trésor des Templiers ?
Personne ne l’a jamais trouvé.
Est-ce de l’or, des bijoux ?
Le lendemain de l’arrestation, leurs biens ont été mis sous séquestre, Philipe le Bel a l’intention de les redonner aux Hospitaliers, au bout d’une dizaine d’années.
Or, selon les archives du Vatican, la veille de l’arrestation, des membres importants de l’Ordre auraient quitté la France, sur dix – huit bateaux, en partance pour l’Espagne et le Portugal.
Emportent-ils leur trésor ?
Sont-ils au courant de l’arrestation ?
Selon certaines thèses, le vrai trésor des Templiers serait un savoir étonnant, accumulé pendant une centaine d’années, ainsi que deux flottes (une en Atlantique, l’autre en Méditerranée).
Lorsqu’ils arrivent en Espagne et au Portugal, ils montent l’ordre de Montessa en 1317, puis deviennent les chevaliers du Christ, en 1319.
Or, ce sont l’Espagne et le Portugal qui organisent les premières expéditions en Afrique et en Inde ; et qui découvrent l’Amérique au XVe siècle .
De plus, la croix de l’ordre de Montessa est visible sur les bateaux de Christophe Colomb, lorsqu’il part traverser l’Atlantique, en 1492.
Coïncidences ?
La science des Templiers, serait- elle à l’origine de ces événements majeurs ?
Source : Sous la direction de Bernard Guillaume et Deschodt Jean Pierre ; Mythes et polémiques, le retour de la dispute ; Studyrama, 2008.
Célestine Salliot –

Texte proposé par Aron O’Raney