Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

La Femme Au Teint Pâle...




Quand,
Lasse de tant attendre sa délivrance,
La femme au teint pâle s’affaissa,
Et se lova en sa douleur,


La plainte longue et frémissante
s'éleva de ses entrailles,
Lança ses tentacules, les vrilla dans les nuages,


Plongea vers les abîmes de l'océan,
y incrusta sa rage...
Longue, douce, belle et tendre,


La femme au visage radieux et sans fard,
Courut, glissa,
dansa sur les méandres de ses souvenirs.


Hier n'était plus qu'un lointain sillage...


Cette lumière si légère et grisante déjà si réelle...


Celle qui vécut les yeux ouverts
et sans honte,
Celle qui survécut aux hontes des autres,


Marche aujourd'hui
sur les traces de sa délivrance...


Et la rose qui naquit
un matin de sa brève vie,
Vint, avec douceur et senteurs,


Se poser sur sa chevelure
de lumière et d’or,


Les cris et pleurs d’hier,
N’étaient plus qu'un sillage sombre


Dans l'éternité d'or et de lumière...


Mostafa Benhamza
Texte Proposé par Aron O’Raney