Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Khalil Gibran, Rétrospective ...


Poète et peintre Libanais, Khalil Gibran a séjourné en Europe, mais il a surtout vécu essentiellement aux États-Unis, où il a passé la majeure partie de sa vie.


— 1883 —

Gibran Khalil Gibran (1) naît le 6 janvier près du Bois de Cèdres Sacré, au bord de Wadi Qadisha (La Vallée Sacrée) dans la ville de Bisharri, au Liban. Sa mère Kamileh, fille d’un ecclésiastique, Istiphan Rahmeh, était veuve quand elle épousa Khalil Gibran, père du poète.

Le premier mari de Kamilehé était Hanna Abd-es-Salâm Rahmeh, dont elle eut un fils, Boutros, qui avait six ans quand Gibran naquit.

— 1885 —

Naissance de Miriana, première sœur de Gibran.

— 1887 —

Naissance de Sultanah, deuxième sœur de Gibran.

— 1895 —

Kahlil, son demi-frère Boutros, sa mère, et ses deux sœurs, émigrent aux états-Unis, s'établissant dans le Chinatown de Boston, tandis que son père restait au Liban.

— 1897 —

Gibran revient au Liban, où il entreprend des études intensives à l’école al-Hikmah. Il étudie une grande variété de sujets, outre ceux qui font partie de son programme, et se plonge dans la littérature arabe, ancienne et moderne.

Il se familiarise avec les mouvements littéraires contemporains du monde arabe.

— 1899 —

Au cours de ses vacances d’été à Bisharri, Gibran tomba amoureux d’une belle jeune fille.

On s’interroge sur le nom de cette bien-aimée, et sur la nature de leur relation, mais il est certain que Gibran fut frustré et déçu à la suite de cette première affaire de cœur.

En automne, il revient à Boston via Paris, et plusieurs années après, il décrit cette malheureuse affaire dans Les Ailes brisées.

— 1902 —

Gibran revint au Liban, cette fois comme guide et interprète pour une famille américaine, mais il dut revenir en hâte à Boston quand il apprit la mort de sa sœur, Sultanah, et la grave maladie de sa mère.

— 1903 —

En mars, son demi-frère Boutros meurt ; c’est au tour de sa mère en juin ; Gibran et Miriana se retrouvent seuls à Boston.

Sa mère, son demi-frère, sa sœur cadette, sont tous morts de tuberculose.


— 1904 —

Gibran commence à attirer l’attention en tant qu’artiste. Fred Holland Day, un photographe bien connu, devient le premier mécène de Gibran ; il fait à son studio, en janvier, une exposition des peintures et des dessins du poète.

En février, une seconde exposition est organisée à Cambridge School, une institution éducative privée dirigée par Mary Haskell, qui en est aussi la propriétaire ; elle deviendra la mécène, bienfaitrice,et, surtout, meilleure amie de Gibran.

À l’école de Cambridge, il rencontre aussi une jeune femme d’origine française, belle et impulsive, Émilie Michel, appelée par toutes ses connaissances, Micheline, et dont, dit-on, Gibran tomba amoureux.

— 1905 —

Gibran publie al-Musiqah (La Musique), son premier livre en arabe.

— 1906 —

Gibran fait une attaque virulente contre l’église et l’état, dans « Ara’is al-Muru » (Nymphes de la Vallée), qui lui valut la réputation de rebelle et de révolutionnaire, réputation que ses écrits mystiques subséquents n’infirmèrent que partiellement.

— 1908 —
Il publie al-Arwah al-Mutamarridah (Esprits rebelles), et écrit Falsafat al-Din wa’l-Tadayyun (La Philosophie de la Religion et de la Religiosité), qui ne fut jamais publiée.

Grâce à la générosité de Mary Haskell, qui était déterminée à aider Gibran à réaliser son ambition d’être un grand artiste et un grand penseur, il partit pour Paris, visitant Londres au passage, pour étudier l’art à l’Académie Julien et à l’école des Beaux-Arts.

Au cours de son voyage à Paris, il fut au contact de la littérature européenne, et lut les écrivains anglais et français.

Il s’intéressa aussi particulièrement à l’œuvre de William Blake, qui influença beaucoup sa pensée et son art ; et il fut quelque temps sous le charme du Ainsi Parlait Zarathoustra de Nietzsche ; mais l’influence de celui-ci, à la différence de celle que Blake exerça sur lui, fut de courte durée.

— 1909 —

Gibran continue ses études à Paris, où il rencontre un ancien condisciple d’al-Hikmah, Yusuf al-Huwayik, également étudiant en beaux-arts.

Ils deviennent amis très proches, et essaient de se mettre au courant des tendances modernes de la peinture.

Ils n’ont guère, cependant, de sympathie pour le cubisme, que l’un d’eux appelle une « révolution de cinglés », et ils réaffirment leur loyauté envers la tradition classique.

Ils rencontrent le sculpteur Auguste Rodin, et, bien que cette rencontre soit très brève, elle ne manquera pas d’exercer une puissante influence sur l’art de Gibran.

Son maître à Paris est Lawrence, dont Gibran déteste tant l’art qu’il le quitte, et se met à travailler tout seul.

Mort du père de Gibran au Liban.

— 1910 —

Gibran, Ameen Rihani, et Yusuf al-Huwayik, se rencontrent à Londres et font de nombreux projets pour une renaissance culturelle du monde arabe.

Parmi ces projets, il faut mentionner celui de la fondation d’un opéra à Beyrouth, qui devait avoir deux dômes symbolisant la réconciliation entre le christianisme et l’islam.

Après son retour à Boston en octobre, Gibran propose le mariage à Mary Haskell, de dix années son aînée, mais cette proposition n’est pas acceptée.

— 1911 —

Tandis que les Arabes s’efforcent de se libérer de l’occupation ottomane, Gibran fonde ‘al-Halqa ‘l-Dhahabiyyah (Le Cercle d’Or), l’une des nombreuses sociétés arabes semi-politiques qui se répandent en Syrie, au Liban, à Constantinople, Paris, et New York.

Mais le Cercle d’Or n’est pas populaire auprès des immigrés arabes, et il est dissous après la première réunion.

Gibran commence à gagner sa vie en faisant des portraits.



— 1912 —

Gibran se rend à New York, où il loue un studio au 51 Dixième Rue Ouest, entre la Cinquième et la Sixième Avenue. « L’Ermitage », comme Gibran appelle son studio, restera sa demeure jusqu’à sa mort.

Il publie al-Ajninah ‘l-muttakassirah (Les Ailes brisées), son récit autobiographique, sur lequel il travaillait depuis 1903.

En avril, il rencontre ‘Abdu’l-Bahà, et fait son portrait. Cette rencontre laisse une impression indélébile sur la pensée de Gibran, impression qui durera jusqu’à sa mort.

Une relation littéraire et amoureuse s’établit entre Gibran et May Ziadah, une Libanaise, écrivain, vivant en Égypte.

Ils ne se rencontrèrent jamais, mais ils échangèrent pendant vingt ans une correspondance par laquelle ils parvinrent à une rare intimité et compréhension mutuelle, qui n’aura pour terme que la mort de Gibran.

— 1914 —

Gibran réunit des poèmes en prose parus dans différents magazines depuis 1904, qu’il publie sous le titre Dam’ahwa’Ibtisamah (Une Larme et un Sourire).

En décembre, une exposition de ses peintures et de ses dessins est organisée à la Galerie Montross, à New York.

— 1917 —

Il y eut deux autres expositions des œuvres de Gibran : l’une à la Galerie Knoedler, à New York ; l’autre à la Gallerie Richards, à Boston.



— 1918 —

Gibran publie The Madman (Le Fou), son premier livre en anglais.

— 1919 —

Gibran publie Vingt Dessins, une collection de ses dessins,avec une introduction d’Alice Raphael, et aussi al-Mawakib (La Procession), un poème illustré par Gibran lui-même, et contenant certains de ses meilleurs dessins.

— 1921 —

Gibran publie une « pièce » thématique, Iram Dhar al-Imad (Iram, la Cité aux Grands Piliers), écrite en arabe, et prenant la forme d’un discours sur le mysticisme.

Sa santé commence à se détériorer.

— 1922 —

En janvier, une autre exposition de son œuvre est faite à, Boston, cette fois au Club Féminin.

— 1923 —

Gibran publie al-Badayi’wa’l-Tarayif (Propos beaux et rares) dans lesquels il inclut ses propres dessins (faits d’imagination quand il avait dix-sept ans) de certains des plus grands des philosophes et poètes arabes, comme Ibn Sina (Avicenne), Al Ghazzali, Al-Khansa, ibn Al-Farid, Abu Nuwas, ibn Al Muqafa, et d’autres.

Il publie Le Prophète, son livre le plus connu et le plus vendu.

— 1926 —

Gibran publie Sand and Foam (Sable et écume), un livre d’aphorismes dont certains avaient été d’abord écrits en arabe,puis traduits en anglais.



— 1928 —

Publication de Jesus, The Son of Man (Jésus, le Fils de l’Homme), son œuvre la plus longue.

— 1931 —

Deux semaines avant sa mort, il publie The Earth Gods (Les Dieux de la Terre), Gibran s’éteint le vendredi 10 avril, à l’Hôpital Saint-Vincent, à New York, après une longue et douloureuse maladie, décrite ainsi dans l’autopsie : ‘cirrhose du foie avec début de tuberculose à l’un des poumons’.

Son corps fut exposé dans un funérarium pendant deux jours, et des milliers de visiteurs vinrent lui rendre hommage.

Il fut ensuite emmené à Boston, où un service funèbre fut célébré à l’église de Notre-Dame des Cèdres.

Le corps fut ensuite mis dans un caveau, en attendant son retour au Liban.

Il arriva au port de Beyrouth le 21 août.

Après une magnifique réception,unique dans l’histoire du Liban, le corps de Gibran fut conduit à Bisharri, à son dernier lieu de repos, dans la vieille chapelle du Monastère de Mar Sarkis.

Non loin de Mar Sarkis, un musée Gibran permanent fut fondé par les gens de Bisharri, avec le patronage et l’encouragement du Gouvernement du Liban.

À sa mort, Gibran laissait deux ouvrages, qui furent des Publications posthumes : The Wanderer (l’Errant) achevé, qui parut en 1932, et le Jardin du Prophète, inachevé, qui fut achevé et publié en 1933 par Barbara Young, une poétesse américaine qui prétendit avoir été la compagne de Gibran au cours des sept dernières années de sa vie.



(1) Le nom complet de Gibran, en arabe, était Gibran Khalil Gibran, le nom du milieu étant celui de son père. C’est une convention, chez les Arabes, de mettre le nom du père après son premier nom. II signa toujours de son nom complet ses œuvres arabes,mais, pour ses écrits anglais, supprima le premier nom. Il changea en outre ‘Khalil’ en ‘Kahlil’, à l’instigation de son professeur d’anglais, à l’école de Boston qu’il fréquenta entre 1895 et 1897.

Source Documentaire : Editions Véga - Un Trésor Spirituel - Khalil Gibran -
Aron O’ Raney.