Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

En Ces Temps-Là ...






En ces temps-là, les hommes peignaient leur souffrance
Aux couleurs de l’arc-en-ciel et aux images de la transe.

En ces jours où les nuages dessinaient des oracles
Les hommes dérobaient parfois au vent des miracles.

Derrière leurs fronts bariolés aux couleurs de l’univers
Ils ployaient à leurs caprices la ligne de l’horizon incertain

Et trompaient parfois, en se riant des cieux et de la terre
Ces signes que crachait avec mépris l’impitoyable destin.

Quand quelqu'un succombait aux hargnes de l’hiver
Ils semaient au vent une chanson à offrir à la mer

En espérant du côté des équinoxes des pluies amies
Qui viendraient emporter le chagrin et le temps gris.

Dans leurs yeux se lisaient des histoires
Puisées au pays des songes et des images

Et que les enfants attrapaient au passage
Pour les nouer en gerbes de rire et d’espoir.

Le soir, quand le vent de l’Est s’oublie
Sur la peau nue des enfants endormis

Les hommes et les femmes cueillent
Sur les lèvres ouvertes et vermeilles


Un souffle d’éternité et de tendresse…
Qu’ils offrent à l’univers en caresse…

Mostafa Benhamza
Texte Proposé par Aron O’Raney