Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Amour et Compassion




 
« Celui qui désire une protection rapide pour lui-même et pour les autres, devrait pratiquer ce mystère sacré : l’échange de son propre bonheur avec la souffrance d’autrui. » Shantideva

Du point de vue Bouddhiste, ces deux qualités n’incluent pas la notion d’attachement ou de possessivité.

Il ne faut pas les confondre non plus avec la condescendance ou la fausse pitié.

Bien sûr, nous devons éprouver de l’amour compassionnel pour nos parents, notre famille, nos amis, etc.

Mais cela est très limité et nous devons tendre à dépasser cet état de partialité en étendant nos souhaits altruistes envers tous les êtres, que nous les connaissions ou non.

Il est même possible d’éprouver de la bienveillance envers ses adversaires, mais cela exige un certain niveau spirituel.

L’amour, c’est de souhaiter que tous les êtres soient heureux et obtiennent les causes du bonheur.

La compassion, c’est de souhaiter que tous les êtres ne soient plus malheureux et soient libérés des causes de la souffrance.

Il est naturel d’éprouver de l’amour et de la compassion envers la personne que nous chérissons le plus, comme notre mère, ou la personne qui nous a élevés, qui est l’exemple même du don de soi.

Ne nous a-t-elle pas donné la vie et ne s’est-elle pas sacrifiée maintes fois afin que nous puissions devenir un homme ou une femme, en bonne santé et indépendant ?

Celle-ci n’a pas seulement été notre mère dans cette existence, mais un nombre incalculable de fois dans les vies passées et elle nous a toujours aimé et protégé avec une tendresse infinie.

Dans son immense sagesse, le Bouddha a vu que tous les êtres avaient été nos parents dans une vie ou dans une autre et, à chaque fois, nous avaient témoigné autant d’attention que ceux de cette vie.

C’est pour cette raison même que nous devons les chérir sans aucune exception et sans espoir de retour ou de gratitude.

D’abord, nous pouvons nous exercer à cette bienveillance avec toutes les personnes qui nous sont les plus proches ; puis, envers toutes nos relations sociales ou professionnelles.

Progressivement, notre capacité d’embrasser davantage d’êtres s’étendra à notre région, notre pays, notre continent, notre monde et à tout l’univers sans aucune discrimination raciale, religieuse, nationale, sexuelle ou autre.

De même que le soleil ne choisit pas de briller sur une partie du monde et non sur une autre, mais illumine tout ce qui se présente devant lui, ainsi faut-il développer cette ouverture du coeur sans partialité ni jugement.

Dénué de motivation égocentrique, le pratiquant spirituel authentique ne préfère pas certains individus à d’autres et ne fait même plus de distinction entre amis et ennemis. Pour celui qui perçoit la vérité ultime, tous les êtres sont dignes d’attention et de respect.

Il est toutefois impossible d’avoir un amour et une compassion parfaitement purs avant d’avoir développé une certaine estime et connaissance de soi-même.

Il est donc indispensable d’effectuer un travail spirituel sur soi avant d’aller aider les autres ou, tout au moins, de s’améliorer tout en leur portant simultanément secours.

« Celui qui, à travers l’expérience de ses propres souffrances désire mettre fin à celles d’autrui, est, le meilleur des êtres » est-il dit, dans le Dharma.



Lama Namgyal



Texte Proposé par Aron O’Raney