Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Messages Spirituels De Shabkar




La poésie tibétaine a beaucoup influencé notre poésie contemporaine. Elle est dotée de règles plus subtiles et moins contraignantes, permettant une expression poétique très étendue.

Shabkar, Yogi Tibétain et poète du 19e siècle, sait mettre en harmonie sa pensée et la justesse de sa plume. Ses messages sont empreints d'un grand éveil.

Shabkar pourrait se définir comme le poète du quotidien : il écrit pour donner un nouveau sens à l'instant présent.


« Aurions-nous des provisions pour cent ou mille ans,
Au seuil de la mort, nous devrons tout abandonner.

Aurions-nous une garde-robe suffisante pour nous vêtir cent ou mille ans,
Au seuil de la mort, nous serons nus.

Posséderions-nous cent ou mille pièces d'or ou d'argent,
Au seuil de la mort, nous aurons les mains vides.

Serions-nous entourés de cent ou mille parents et amis,
Au seuil de la mort, nous serons seuls.

Ainsi en est-il ! »


« La lune se lève dans le ciel pur de la nuit,
Son reflet apparaît, sur la surface étale du lac,
Mais la lune n'est pas dans le lac,
N’est-ce pas ?
Sachez qu'il en est ainsi de tous les phénomènes »


« Me fondant dans l’espace de la vacuité sans limite ni frontière,
Tout ce que je vois et entends, Esprit, Ciel,
Tout devient un. »

« La haute maison de terre battue est la vue.
Les solides fondations, sont la méditation.
Les murs soigneusement tassés, sont l'action.
Ces trois éléments réunis forment,
La maison de terre battue, qui perdure. »

« Ton premier but doit toujours être,
D'engendrer et de nourrir, en ton coeur un amour
Tel que la douleur d’autrui, te soit insupportable.
Fais ainsi jusqu'à la naissance, d’une vraie compassion, naturelle et spontanée. »
« A regarder les milliers de yaks sauvages et d’hémiones,
Qui errent dans la vaste plaine,
La prétention des nomades, à posséder de grands troupeaux,
N’est plus que vaine vantardise. »
Traduction Matthieu Ricard
Editions Albin Michel
Texte Proposé par Aron O’Raney