Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

La Vérité Explorée II/II



Pour explorer la vérité, il faut mobiliser tout son capital d’énergie, être capable de faire preuve de suffisamment d’attention pour ne pas agir en fonction d’un schéma établi, il faut au contraire observer ses propres pensées, ses sentiments, ses contradictions et ses peurs, et aller bien au-delà, de sorte que l’esprit soit absolument libre.

Pour pouvoir explorer cette chose sainte, indicible, hors du temps, il ne faut évidemment appartenir à aucun groupe, à aucune religion, et n’avoir ni foi ni croyance, car la croyance et la foi tiennent pour vraies des choses qui n’existent peut-être pas.

C’est dans la nature des croyances, que de nous faire admettre qu’une chose est vraie, sans que notre propre enquête, notre propre vitalité, notre propre énergie nous permettent de le vérifier par nous-mêmes.

On croit, parce que la croyance offre une certaine sécurité, un certain réconfort, mais celui qui est simplement en quête d’un réconfort psychologique ne rencontrera jamais ce qui est au-delà du temps.

Il est donc impératif d’être totalement libre.

Nous est-il possible de nous délivrer de tout notre conditionnement psychologique ?

Le conditionnement biologique : est une chose naturelle, mais le conditionnement psychologique —
Les haines, les antagonismes, l’orgueil, tous les facteurs de confusion —
C’est cela qui constitue la nature même de l’ego, qui n’est autre que la pensée.

Pour faire ces découvertes, il faut de l’attention — qui n’est pas la concentration.

Il est extrêmement important de méditer, car un esprit purement mécanique, comme l’est la pensée, ne pourra jamais entrer en contact avec ce qui est l’ordre absolu, suprême, et donc la liberté totale.

L’esprit humain est en désordre, et il nous faut un esprit extrêmement ordonné, un esprit qui ait compris le désordre, et qui échappe à la contradiction, à l’imitation, au conformisme.

Un tel esprit est vraiment attentif. Il est complètement attentif à tout ce qu’il fait, à chacun de ses actes dans le contexte relationnel.

Mais l’attention n’est pas la concentration, qui, elle, est étroite, restreinte, limitée, tandis que l’attention est sans limites.

Cette attention possède une certaine qualité de silence — qui n’est ni le silence inventé par la pensée, ni le silence faisant suite au bruit, ni le silence d’une pensée, qui est en attente de la pensée suivante.

Il faut donc un silence qui ne soit le fruit, ni du désir, ni du vouloir, ni de la pensée.

Et cette méditation exclut toute présence d’une entité qui contrôle.

Tous les systèmes inventés par des groupes, tournent immanquablement autour de l’effort, du contrôle, de la discipline.

Mais la discipline signifie apprendre, non pas se conformer, mais apprendre —
Afin que l’esprit devienne de plus en plus subtil.

Apprendre, c’est un mouvement perpétuel, qui ne se fonde pas sur le savoir.

Méditer, c’est se libérer du connu, c’est-à-dire de la mesure.

Dans cette méditation, est, un silence absolu.

Alors, dans ce silence, et en lui seul, est enfin l’innommé.


Jiddu Krishnamurti —
Cette Lumiére En Nous — La Vraie Méditation —
La Vérité Explorée II/II
Texte proposé par Oraney.