Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Un pauvre... était couché devant le portail



Le Christ a dit : « J'étais affamé et vous m'avez nourri » (Mt 25,35).
Il a été affamé non seulement de pain, mais aussi de l'affection bienveillante qui fait que l'on se sent aimé, reconnu, que l'on se sent être quelqu'un aux yeux de quelqu'un d'autre.
Il a été dénudé non seulement de tout vêtement, mais aussi de toute dignité et considération puisque la plus grande injustice à commettre envers le pauvre est de le mépriser parce qu'il est pauvre.
Il a été privé non seulement d'un toit... mais aussi a subi toutes les privations qu'endurent ceux que l'on enferme, qui sont rejetés ou exclus, errant de par le monde sans qu'il n'y ait personne pour se soucier d'eux.
Descends dans la rue, sans plus de propos que cela.
Vois cet homme, là, au coin, et va vers lui.
Peut-être qu'il s'en irritera, mais tu seras là, en face de lui, en présence.
Tu dois manifester la présence qui est en toi par l'amour, et l'attention avec lesquels tu t'adresses à cet homme.
Pourquoi ?
Parce que, pour toi, c'est de Jésus qu'il s'agit.
Jésus, oui, mais qui ne peut pas te recevoir chez lui.
Voilà la raison pour laquelle tu dois savoir aller vers lui.
Jésus, oui, mais caché en la personne qui est là.
Jésus, dans le plus petit de nos frères (Mt 25,40),
N'est pas seulement affamé d'un morceau de pain,
Mais aussi d'amour, de reconnaissance, d'être pris en compte.
Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 91)