Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Désert De L’homme



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Le désert met l’homme en face de lui même,
Hors des événements, et du temps aboli,
Il reste, debout dans la lumière,
Et dans le silence, balayé par les vents.

Les souvenirs se précipitent alors en lui,
Pénétrant son coeur assoupi,
Et, il reçoit, seul dans cette vastitude;
Le flux des pensées qui le submerge.

Peut être a-t-il encore, une étincelle de courage,
Pour affronter, ses peurs sécrètes,
Les images de ses défaites,
Et, l’amertume des regrets,
Du temps de l’innocence.

Se pressant à la porte, de sa conscience,
Pêle-mêle les rires de ses amis,
Les pleurs de ses souffrances,
Et les remords qui le torturent.

Il est là solitaire au milieu du silence,
Là où le temps est sans nom,
L'espace a soudainement perdu ses limites,
Et dans sa course infinie, le temps s’est arrêté,

Le désert a ainsi conduit l’homme,
Aux frontières, de l’espace et du temps,
Là où la conscience, peut tout déclarer.

Soudain, dans le silence établi,
Là où les sentiments sont absents,
Et les émotions vaincues,
Le Passé, Présent, et Futur ne sont plus.

L’Homme s’est enfin installé, en deçà de la vie et de la mort,
Il a coupé sa racine de vie, s’est exclu de ce monde,
Il a cessé de se battre, pour parvenir au bout du chemin,
Là, il accède à la paix intérieure,
Dans l’unité qui suit, la complète réalisation,
Du Soi ou du Non-Soi.


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Aron O’Raney