Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

C’Était Le 11 Mars 2009…


C Était Le 11 Mars 2009

En cette fin d’après-midi du 11 Mars 2009, le soleil achève sa course. Je suis dans la ville de Dénia au Sud de l’Espagne, où je vis depuis presque six ans maintenant.

Ce soir, à Dix-Huit Heures Trente ce sera la date anniversaire du décès de ma mère. Elle a quitté cette terre le 11 Mars 2004, il y a Cinq Ans, pour visiter un monde que j’espère différent et meilleur que celui où nous vivons.

Aujourd'hui, bien que je n’en connaisse pas véritablement la raison, c’est la première fois depuis sa mort que je pense aussi fort à son départ, pour désirer l’évoquer en ces quelques lignes.

J’étais à Dénia dans la boutique de vêtement de ma nièce Dominique, quand j’ai appris la triste nouvelle, qui m’est parvenue de France.

Ce jour du décès, avec les pensées qui l’accompagnent, est certainement plus vivace encore, car ce fût aussi ce même jour, la date de l'attentat terroriste meurtrier de Madrid, qui fît Cent Quatre-Vingt-Onze Victimes, et plus de Deux Mille Blessés dans la capitale Espagnole.

Si un monde de refuge et de paix existe, je suis certain que ma mère y vit à présent de plein droit. Elle fut une femme exemplaire entièrement dévouée à ses enfants, auxquels elle sacrifia toute sa vie; si elle donna beaucoup, elle reçut très peu, bien qu'elle n'attendait rien en retour de personne.

Je n'ai pas le sentiment d'avoir apporté quelque chose de bien ou de bon à ma mère, hormis seulement sans aucun mérite, le simple bonheur d'exister tout simplement dans sa vie, avec mes trois sœurs et mon frère.

Ma mère avait sans doute reporté sur nous ses enfants, toute l'affection dont elle avait été privée en raison de la mort prématurée de son père Jérôme, alors qu’elle avait Sept Ans, et, par la dureté d'une enfance particulièrement difficile.

Je revois son beau visage au teint clair, et ses yeux bleus délavés empreints d’une tristesse, qu’elle ne parvenait jamais à cacher véritablement. Enfant je ressentais déjà sa souffrance intérieure inexprimée, et je ne savais alors que faire pour soulager son fardeau.

Je rends ici hommage à une mère que j’ai vu souffrir durant mon enfance, harassée de travail, et accablée par les soucis matériels, dont elle était seule à supporter le poids.




Aron O’Raney
11 Mars 2009