Au Japon… Bouddhisme Et Sokushinbutsu


Au XIIIe Siècle, Des Moines Bouddhistes Japonais S’imposent «Sokushinbutsu», Une Mort En Pleine Conscience. 



Les Momies Sokushinbutsu Du Japon.


C’est un procédé de momification unique, car elle faisait l’objet d’une longue préparation du vivant même de la personne !


Kôbô-Daishi, le saint fondateur de l'école bouddhiste «Shingon» fut retrouvé mort figé dans la posture d’une éternelle méditation sans que son corps ne se décompose. Il s’était retiré dans une grotte du mont Koya et avait cessé de s’alimenter et de boire. 


Durant sa vie, il manifesta une grande bienveillance pour tous les êtres, ce qui le rend encore de nos jours populaire au Japon.


Comme dans bien d’autres religions, le fait qu’un corps ne se décompose pas après la mort revêt un caractère surnaturel, attestant l’intervention d’une grâce divine.


Pour suivre cette même voie, des moines « Shingon » essayèrent de parvenir à cet état afin d’élever leur âme et d’atteindre l’illumination.



Devenir Sokushinbutsu…


Le Moine du «Sokushinbutsu» devait s’astreindre à un régime alimentaire spécifique Durant Les Six Ans précédant le temps où il pourrait s’engager dans ce rituel.


Cela impliquait d’être suffisamment âgé pour s’approcher de la fin de sa vie, mais pas trop, afin de pouvoir supporter les rigueurs d’un long et dur processus.


 Pendant Mille Jours, le postulant se nourrissait exclusivement de noix, de graines et de baies, tout en pratiquant d’intenses exercices physiques. Il perdait alors beaucoup de poids, éliminant toute graisse qui aurait entraîné la putréfaction des tissus après la mort.


 Durant Mille Autres Jours, il ne consommait que des racines et des aiguilles de pin, pour évacuer les fluides corporels. Des analyses aux rayons X ont montré que des moines avaient aussi ingéré des pierres de rivières.


 À La Fin De Ces Deux Mille Jours, Pour se protéger contre les bactéries qui attaquent le corps après la mort, le moine rendait son organisme toxique en absorbant un thé concocté à partir de la sève d’un arbre l’Urushi, exploité depuis plusieurs milliers d'années pour sa toxicité.


Quand le moine était prêt, il était introduit assis dans la position du Lotus, dans une étroite tombe en pierre où un tube de bambou lui permettait de respirer. Il disposait d’une clochette qu’il actionnait chaque jour pour signaler qu’il était en vie. 


Lorsque La Cloche Cessait De Tinter, Les Moines Scellaient Le Tombeau.


Enfin, Mille Jours Après, les religieux rouvraient le lieu de sépulture pour vérifier si la momification naturelle s’était réalisée. 


En cas de succès, la momie était exposée dans un temple pour être honorée. On rendait hommage aussi à ceux qui avaient échoué dans leur tentative pour saluer leur abnégation.


Les moines du «Sokushinbutsu» sont considérés comme des bouddhas éveillés au moment de la mort.


Sur plusieurs centaines de moines qui en firent l’expérience, on ne recense que 24 momifications réussies entre le XIIe et le début du XXe siècle.




Aron O’Raney