Ici-bas

Notre Vie N'est Qu'un Rêve... Les Gens Souffrent À Cause De Leur Esprit Empli D'illusions, De Folies Et De Peurs ; Mais Tout Cela N'est Qu'images Dans Un Miroir, Sans Réelle Existence.Taisen Deshimaru.

Bénarès, Dernière Demeure…


Située Sur La Rive Gauche Du Gange, Bénarès Est Considérée Comme L’une Des Villes Les Plus Anciennement Habitées Du Monde. Elle Est La Capitale Spirituelle De L’Inde Et La Principale Ville Sacrée De L’hindouisme. 

Bénarès La Ville Du Dernier Souffle, Un Lieu Où L’on Vient Faire Ses Adieux À La Vie. La voie du salut se trouve là où toute vie s'arrête.

Mourir à Bénarès c’est se libérer du cycle de la renaissance, pour parvenir directement à la Libération, tel est le vœu le plus ardemment désiré de tous ceux, y venant dans l'espoir d’atteindre le but ultime d’une vie, le trépas.

Bénarès, l'ancienne Kashi, doit aussi son nom de Varanasi, qui la désigne souvent, aux deux rivières, la Varuna et l'Assi qui se jettent dans le Gange. La ville doit Sa Sainteté à Shiva, qui au Manikarnika Ghat creusa un puits pour retrouver la boucle d'oreille que Pârvatî, son épouse, avait perdue. 

Le Symbole De La Puissance Créatrice De Shiva, Le Lingam, Est En Tous Lieux Présent À Bénarès.

Bénarès l’une des plus vieilles cités du Monde, est connue sous les quatre noms de : Varanasi, Kashi, Bénarés, Banaras; elle demeure l'un des lieux les plus Saints de l’Hindouisme. 

Chaque année, d’innombrables pèlerins se baignent dans les eaux du  Gange, pour laver leurs péchés et se purifier. 

La culture de la mort est issue de la tradition Hindoue de la transmigration de l'âme qui survit sous différentes formes, humaines, animales ou végétales


Dans la tradition Hindoue celui qui meurt dans la ville sacrée de Bénarès, réalise le « Moksha », la cessation de l'existence de l'âme; Yama, le Dieu de la mort emmène le défunt là où l'âme ne se reforme pas en une autre vie. 

Ces Vingt Dernières Années, Bénarès Est Devenue Un Parc D’attractions Pour Les Touristes Étrangers, Et Tous Ceux Qui Croient À La Transmigration De L’âme. 

Seuls les « Pandits » et les « Doms » peuvent assurer les pratiques funéraires de dernière heure à ceux qui meurent à Bénarès. Hormis ces religieux, tous ceux qui touchent un mort deviennent impurs, et leur unique salut réside dans la purification par les eaux du Gange. 

Le fait de ne pas pouvoir toucher un proche après sa mort pose bon nombre de problèmes à la population. Ainsi chaque année ce sont, des milliers d’hindous qui se déplacent dans tout le pays, pour venir se purifier dans les eaux sacrées du Gange. 

À Bénarès les lampes à huile, appelées « Diyas », brûlent jour et nuit, les sons de cloches, les voix des mantras, et les incantations, s’entendent bien au-dehors des Trois Mille Lieux De Culte de la ville. 

La fin de la vie ici est éprouvante, elle se déroule en extérieur, afin que tout le monde puisse la voir. 

Les corps des trépassés sont recouverts de linceuls blancs. 

Les Buchers funéraires, en particulier au Manikarnika Ghat, le plus sacré des lieux de crémation, consument sans interruption.

Nombreux Sont Les habitants De Bénarès, Qui Vivent Du Produit De La Mort. 

Il y a les « Doms », de la caste des intouchables en activité sur les sites de crémation, et aussi tous les astrologues et religieux que l’on trouve sur les rives du Gange. 

Avec les Buchers actifs sans arrêt, depuis des temps ancestraux, les eaux du Gange sont excessivement polluées, par les cendres des décédés, et de grands risques sanitaires existent. 

Depuis quelques années, des activistes plaident pour la fermeture provisoire du Gange, afin qu’il puisse être assaini.



Aron O’Raney