Ici-bas

Notre Vie N'est Qu'un Rêve... Les Gens Souffrent À Cause De Leur Esprit Empli D'illusions, De Folies Et De Peurs ; Mais Tout Cela N'est Qu'images Dans Un Miroir, Sans Réelle Existence.Taisen Deshimaru.

Au Tibet Les Immolations Se Multiplient



« Le Tibet Brûle, Et Le Monde Reste À Le Regarder En Silence! » 

Tel est le cri d’alarme que lance Nithin Coca, journaliste d’origine indienne et militant des droits de l’homme, dans un article publié le 8 janvier sur le site de Human Rights Watch (HRW) supporters, afin de faire le point sur la situation préoccupante au TIBET après les dernières immolations.

« L’une des plus grandes tragédies actuelles est en train de se dérouler en ce moment au Tibet », n’hésite pas à écrire Nithin Coca en revenant sur l’histoire du Tibet depuis plus d’un demi-siècle, et en rappelant qu’« au moins 136 personnes se sont immolées par le feu depuis 2009 », dont 90 sont décédées des suites de leur immolation. « Bon nombre de ces victimes n’avaient qu’une vingtaine d’années, et la plus jeune n’avait que 15 ans. Seulement 15 ans! », souligne avec force le journaliste.

Le fait que des jeunes préfèrent s’immoler plutôt que de vivre dans les conditions actuelles, s’explique, selon Nithin Coca, par le mépris et les violences de la Chine à l’égard du peuple tibétain. 

L’État policier mis en place par le gouvernement de Pékin arrête toute personne suspectée d’être en lien avec les victimes (les membres de leurs familles finissent généralement en prison), bloque toute diffusion d’information par les médias, et empêche qui que ce soit en Chine de montrer une quelconque solidarité envers les Tibétains.

Toujours Fermé Aux Journalistes

Alors que la Chine s’est ouverte au monde extérieur ces dernières décennies, le Tibet, lui, reste fermé aux journalistes étrangers et vit sous le joug d’une armée omniprésente à Lhassa et ailleurs.

La population qui souffre de cette occupation violente n’a même plus la possibilité de fuir à travers les montagnes pour gagner le Népal. C’est dans ce contexte que les immolations par le feu ont commencé en 2009 dans la province de l’Amdo, la partie Est du Tibet, incorporée à la province chinoise du Sichuan en 1950. 

Et ce, alors que le suicide est en contradiction avec la culture tibétaine bouddhiste qui considère toute vie comme sacrée.

Selon Thubten Samphel, directeur du Tibet Policy Institute basé à Dharamsala (ville d’Inde où se trouve le gouvernement tibétain en exil) et cité par Nithin Coca, les immolations ont pour origine deux événements principaux: la grande répression des manifestations de 2008, juste avant les Jeux olympiques de Pékin, et la rupture brutale à la fin 2008 des négociations entre le gouvernement chinois et le Dalaï-Lama, qui a anéanti l’espoir que conservait le chef spirituel des Tibétains de retourner au Tibet de son vivant.

La Situation Pourrait Empirer

Bon nombre des victimes, qu’il s’agisse de moines, d’étudiants, d’enseignants ou de simples laïcs, laissent des messages appelant à la paix, au retour du Dalaï-Lama et à l’espoir de voir leur pays natal libre.

Selon Nithin Coca, les choses risquent encore d’empirer, la Chine étant décidée à attendre que le Dalaï-Lama, aujourd’hui âgé de 79 ans, meure, ayant pour lui un « parfait mépris ».

Le journaliste redoute qu’après sa mort, le Tibet, privé de l’« influence modératrice » de son chef spirituel, ne soit entraîné dans une spirale de violence « du même type que celle qui sévit chez les Ouïgours persécutés » dans la partie occupée du Turkestan oriental, la province chinoise du Xinjiang.

Selon le journaliste, la seule « lueur d’espoir » pourrait venir du côté des Chinois qui rêvent de démocratie et qui ont manifesté à Hong Kong à l’automne 2014. 

De même que l’Indonésie, la Corée du Sud, ou la Taïwan ont renversé, au cours des dernières décennies, leur dictature, il est possible, selon lui, que la Chine suive ses voisins. 

« Tant que le Chine demeurera sous l’emprise oppressive du Parti communiste, le Tibet ne sera jamais libre », résume-t-il. Mais de plus en plus de Chinois manifestent sympathie et considération au peuple tibétain.



Billet Proposé Par Aron O’Raney