Ici-bas

Notre Vie N'est Qu'un Rêve... Les Gens Souffrent À Cause De Leur Esprit Empli D'illusions, De Folies Et De Peurs ; Mais Tout Cela N'est Qu'images Dans Un Miroir, Sans Réelle Existence.Taisen Deshimaru.

Parlons De La Défaite…


Une Feuille Peut-Elle, Quand Elle Tombe De L’arbre En Hiver, Se Sentir Défaite Par Le Froid

L’arbre dit à la feuille : « Cela est le cycle de la vie. Tu as beau penser que tu vas mourir, en réalité tu es toujours sur moi. Grâce à toi, je suis vivant, parce que j’ai pu respirer. C’est aussi grâce à toi que je me suis senti aimé, car j’ai pu offrir de l’ombre au voyageur fatigué. Ta sève est ma sève, nous ne faisons qu’un. »

Un homme qui s’est préparé pendant des années pour gravir la montagne la plus haute du monde peut-il se sentir vaincu quand il arrive en face et découvre que l’orage gronde au-dessus

- L’homme dit à la montagne : « Tu ne veux pas de moi maintenant, mais le temps va changer et un jour je pourrai grimper jusqu’à ton sommet. En attendant, tu restes là. »

Un jeune homme peut-il affirmer, quand il est rejeté par son premier amour, que l’amour n’existe pas

Le jeune se dit : « Je rencontrerai quelqu’un qui saura comprendre ce que je ressens. Et je serai heureux pour le restant de mes jours. »

Il N’y A Ni Victoire Ni Défaite Dans Le Cycle De La Nature : Il Y A Du Mouvement. 

L’hiver lutte pour continuer à régner en maître, mais il doit reconnaître à la fin la victoire du printemps, qui apporte avec lui les fleurs et la joie.

L’été veut prolonger indéfiniment ses chaudes journées, car il est convaincu que la chaleur est profitable à la terre. Mais il finit par accepter l’arrivée de l’automne, qui permettra à la terre de se reposer.

La gazelle mange les herbes, et elle est dévorée par le lion. Il ne s’agit pas de la loi du plus fort, mais de la façon dont Dieu nous montre le cycle de la mort et de la résurrection.

- Et il n’y a dans ce cycle ni vainqueurs ni perdants, seulement des étapes qui doivent être respectées. 

Quand Le Cœur De L’être Humain Comprend Cela, Il Est Libre. Il Accepte Sans Peine Les Moments Difficiles Et Ne Se Laisse Pas Abuser Par Les Moments De Gloire.Les Uns Et Les Autres Passeront. Ils Se Succéderont. 

Et le cycle continuera jusqu’à ce que nous nous libérions de la chair et que nous rencontrions l’Énergie Divine.

Ainsi, quand le lutteur sera dans l’arène – soit par choix, soit parce que l’insondable destin l’a mis là –, qu’il garde l’esprit joyeux dans le combat qu’il est sur le point de mener. 

S’il garde sa dignité et son honneur, il peut perdre la bataille, mais il ne sera jamais vaincu parce que son âme restera intacte. Et il n’accusera personne de ce qui lui arrive. 

Depuis qu’il a aimé pour la première fois et a été rejeté, il a compris que cela n’avait pas tué sa faculté d’aimer. Ce qui vaut pour l’amour vaut aussi pour la guerre.

- La défaite lors d’une bataille ou la perte de tout ce que nous pensons posséder nous causent des moments de tristesse. Mais, une fois ceux-ci passés, nous découvrons la force inconnue qui existe en chacun de nous, la force qui nous surprend et accroît notre respect de nous-mêmes.

Nous regardons autour de nous et nous nous disons : « J’ai survécu. » Et nous nous réjouissons des mots prononcés. Seuls ceux qui ne reconnaissent pas cette force disent : « J’ai perdu. » Et ils en sont attristés.

D’autres, même souffrant de la défaite et humiliés par les histoires que les vainqueurs répandent à leur sujet, se permettent de verser quelques larmes, mais ne se plaignent jamais. Ils savent seulement que le combat a été interrompu et que pour le moment ils sont en situation d’infériorité.

Ils écoutent les battements de leur cœur. Ils constatent qu’ils sont tendus. Qu’ils ont peur. Ils font un bilan de leur vie et découvrent que, malgré la terreur qu’ils ressentent, la foi continue de brûler dans leur âme et de les pousser en avant.

Ils cherchent à savoir où ils se sont trompés et où ils ont visé juste. Ils profitent du moment où ils sont à terre pour se reposer, soigner leurs blessures, découvrir de nouvelles stratégies et mieux s’équiper.

Et puis arrive un jour où un nouveau combat se présente. La peur est toujours là, mais ils doivent agir – sinon ils resteront à tout jamais couchés sur le sol. 

Ils se lèvent et regardent l’adversaire en face, se rappelant la souffrance qu’ils ont connue et ne veulent pas revivre. La défaite précédente les oblige à vaincre cette fois, car ils ne veulent pas vivre encore les mêmes douleurs.

Et, si la victoire n’est pas pour cette fois, ce sera pour la prochaine. Et si ce n’est pas pour la prochaine, ce sera pour plus tard. 

Le Pire N’est Pas De Chuter, C’est De Rester Accroché Au Sol.Seul Est Vaincu Celui Qui Renonce. Tous Les Autres Sont Victorieux.

Et le jour viendra où les moments difficiles ne seront plus que des histoires qu’ils seront fiers de raconter à ceux qui voudront les entendre. 

Et tous les écouteront avec respect et apprendront trois choses importantes : La patience d’attendre le bon moment pour agir. 

La sagesse de ne pas laisser échapper l’occasion suivante. Et la fierté de leurs cicatrices.

Les cicatrices sont des médailles gravées au fer et au feu dans la chair, et elles effraieront leurs ennemis, leur montrant que la personne qui est devant eux a une grande expérience du combat. 

Cela les conduira très souvent à rechercher le dialogue et évitera le conflit. Les cicatrices parlent plus fort que la lame du couteau qui les a causées.


Extrait « Le Manuscrit Retrouvé »



Paulo Coelho



Billet Proposé Par Aron O’Raney