Léonard De Vinci, L'Homme À Tout Faire



Léonardo Da Vinci (15 avril 1452 − 2 mai 1519)


Peintre, inventeur, ingénieur, scientifique, humaniste, philosophe, il est pour beaucoup un esprit universel, qui fascine encore cinq cents ans plus tard. 
Au passage du quinzième siècle au seizième, il illustre, et parfois incarne, la Renaissance, avec ses avancées dans le domaine artistique, mais aussi dans les sciences et, avant tout, dans l'approche scientifique.
Leonardo di ser Piero, dit Leonardo da Vinci (Léonard de Vinci pour les francophones), naît le 15 avril 1452 à Vinci, petite ville de Toscane proche de Florence, des amours illégitimes d'un notaire, ser Piero, et d'une paysanne. Après une éducation scolaire diversifiée, il commence sa vie d'adulte comme peintre dans un atelier florentin de grande renommée, celui de Verrochio. À 26 ans, Léonard quitte son maître et a déjà acquis une belle réputation d'artiste peintre. Adepte de l'art nouveau du clair-obscur, il perfectionne sa technique du sfumato (embrumé) qui adoucit les contrastes et améliore le réalisme des paysages ou des portraits.

Le sourire de La Joconde, cinq siècles plus tard 
Émerveille encore l'amateur et interroge l'expert.

En 1481, il s'installe à Milan au service du duc Ludovic Sforza. Ses activités sont alors multiples. Il est peintre (La Cène est réalisée à cette époque), mais aussi sculpteur, ordonnateur des spectacles et ingénieur. 
Il travaille sur différents projets techniques, du métier à tisser à l'amélioration des horloges et s'intéresse aux mathématiques. On le retrouve également, en tant qu'ingénieur, dans une étude sur l'irrigation des cultures par les fleuves et les canaux. Urbaniste avant l'heure, il réfléchit sur une cité idéale.
Après l'invasion de la Toscane par les Français, avec qui il collabore provisoirement, puis le retour de Ludovic Sforza, il fuit à Venise.
C'est d'abord comme ingénieur qu'il entre au service du pouvoir vénitien, pour mettre au point une défense de la ville contre les envahisseurs potentiels, censément turcs. C'est là qu'il conçoit un scaphandre à casque pour évoluer sous les eaux, mais qui ne sera jamais testé.
Une machine pour creuser les canaux. © Biblioteca Ambrosiana

Dans les années 1500, il est de retour à Florence et participe à des travaux d'hydraulique. Mais la peinture est toujours au centre de son œuvre et c'est en 1503 qu'il entame le Portrait de Monna Lisa, qui deviendra La Joconde, un tableau qui ne le quittera jamais. Au même moment, il se lance dans la réalisation d'une gigantesque fresque murale, La bataille d'Anghiari, au Palazzo Vecchio, en face de celle commandée à Michel-Ange. L'œuvre restera inachevée, peut-être à cause d'un procédé de séchage un peu trop innovant, qui a dégradé la peinture. La fresque sera recouverte par une autre et se trouve peut-être encore aujourd'hui derrière un mur, actuellement recouvert par une autre fresque, de Giorgio Vasari.
À cette époque, Léonard est féru de sciences. Il étudie les mathématiques, l'anatomie animale et humaine, ainsi que le vol des oiseaux. Il continuera dans cette voie après un séjour à Milan, dans une région de nouveau envahie par les Français et passée sous le gouvernement de Charles d'Amboise. Entre 1508 et 1510, il réalise plusieurs études qui seront réunies dans un document unique, le Codex Leicester. Cet ouvrage de 72 pages donne une solution à la présence de fossiles de coquillages à haute altitude en montagne (le sol, selon Léonard, se serait soulevé), étudie le mouvement de l'eau des rivières et l'érosion qui en résulte et s'intéresse à la lumière émise par la Lune, qui serait due à la réflexion de la lumière solaire par un océan recouvrant notre satellite.
Dans toutes ces études, Léonard de Vinci suit une méthode rationnelle, rigoureuse, fondée sur l'observation. Infatigable et éclectique, il dessine, comme en témoignent les documents parvenus jusqu'à nous, à peu près tout ce qu'il rencontre, humains, animaux, plantes, mécanismes... Il a le rare privilège d'avoir accès à des cadavres humains, dont il étudie minutieusement l'anatomie interne. En géométrie, il explore des formes nouvelles. Son dessin du rhombicuboctaèdre est devenu célèbre.
 
Huit triangles et dix-huit carrés : 
C’est le rhombicuboctaèdre. (Licence Commons)

Léonard vit ses dernières années italiennes à Rome, au service des Médicis, qui dirigent quasiment le pays et protègent l'artiste depuis longtemps. Mais la concurrence de Raphaël et de Michel-Ange, étoiles montantes de la peinture et de la sculpture, est rude...
En 1515, la bataille de Marignan donne le pays milanais à François 1er, qui convie Léonard en France. L'année suivante, l'artiste s'installe au Clos-Lucé, dans un manoir situé à quelques centaines de mètres du château d'Amboise.
Il suscite l'admiration du roi, qui lui achète La Joconde, et le laisse libre de « faire ce qu'il veut ». Mais Léonard est malade et meurt en 1519.
Les dizaines de milliers de documents, notes manuscrites, études, dessins, sont assez rapidement disséminés et ne seront récupérés qu'en partie au fil des siècles.

L'homme de Vitruve. (Licence Commons)

Pour « L'homme de Vitruve » Comme le montre ce célèbre dessin de son étude du corps humain, Léonard de Vinci ne posait pas de frontière entre l'art et la science. 

Il reprend ici les observations anthropométriques de l'architecte romain Vitruve, dont le travail sur les proportions du corps humain inspirera les artistes de la Renaissance.


L'héritage scientifique de Léonard de Vinci

Son hélicoptère ne pouvait pas voler, son scaphandre aurait noyé son utilisateur, son parachute était trop lourd, son char d'assaut restait mal pratique... 
Que n'a-t-on dit sur les inventions impossibles de Léonard de Vinci.
Le jugement est nécessairement injuste s'il ne prend pas en compte le contexte. 
À l'orée du seizième siècle, la seule force motrice connue était la puissance animale ou humaine et la science est balbutiante. Les inventions de Léonard, qu'elles soient véritablement nouvelles (comme les engins volants) ou inspirées de travaux antérieurs (comme nombre de ses machines hydrauliques), reposent néanmoins sur des concepts novateurs pour l'époque.
Son hélicoptère, ou vis aérienne, ne peut pas voler, même avec un moteur, car il manque une hélice contra-rotative pour éviter de faire tourner aussi la cabine et son passager. Mais cette ébauche exploite une idée neuve : l'air est épais et on peut y prendre appui. 
Son parachute est trop lourd, car la technologie de l'époque n'avait pas encore inventé... les nouveaux matériaux. Le 26 avril 2008, Olivier Vietti-Teppa a sauté depuis 650 mètres d'altitude au-dessus de l'aéroport de Payern (Suisse, canton de Vaud) avec un engin calqué sur celui de Léonard, mais constitué d'une toile moderne.

Étude pour une machine volante. Licence Commons

Ces inventions sont pour la plupart restées sans lendemain, sauf dans le domaine de l'hydraulique, sans doute parce qu'elles étaient très en avance sur leur époque, mais aussi parce qu'elles sont restées longtemps inconnues. 
De son vivant, Léonard de Vinci a explicitement émis un doute sur l'usage qu'en feraient ses contemporains. Même s'il a étudié de nombreux engins militaires, l'artiste considérait la guerre comme une « folie sauvage ». 
À l'approche de sa mort, il a tout de même légué l'ensemble de ses manuscrits à Francesco Melzi, qui fut son élève et était resté son ami fidèle. Mais ces dizaines de milliers de documents ont disparu complètement durant quatre siècles.

Étude anatomique de l'embryon humain. Licence Commons

Sur le plan scientifique, en revanche, l'apport de Léonard de Vinci a probablement marqué la génération suivante. C'est bien à cette époque que l'on assiste à la naissance d'une véritable méthode scientifique, allant de l'observation à la théorie en passant par l'hypothèse et l'expérience. 
Galilée, qui naît 45 ans après la mort de Léonard, en sera un des grands fleurons suivants.
Quelques inventions
Le marteau mécanique, le scaphandre, le bateau à aubes, les barrières de protection mobiles, la pompe hydraulique, la machine à tailler les vis en bois, les ailettes pour les obus de mortier, le canon à vapeur, le sous-marin, le char d'assaut, l'automobile, les skis flottants, la calculatrice, le roulement à billes, l'hélicoptère, le deltaplane, le métier à tisser mécanique, la machine à carder, la machine à polir les miroirs, le parachute, la bicyclette (contestée)...
Une machine à polir les miroirs. Licence Commons


Principales découvertes :

Pompe hydraulique, roulement à billes, métier à tisser, canon à vapeur, char d'assaut, scaphandre sous-marin, bateau à aubes, sous-marin, hélicoptère, deltaplane, parachute...



Futura Sciences —



Billet proposé par Aron O’Raney

Sourire







Je souris à l’étoile qui au ciel encore luit,
Au soleil qui lentement nous sort de la nuit,

À ce jour qui commence, à l’oiseau qui m’enchante,
Je souris au monde et le monde me sourit.


Je souris à l’enfant qui vient sur mon chemin,
Je pense aussi à tous ceux qui ont faim,

Ceux qui loin dans le monde vivent dans la misère,
Qui ont connu la guerre, qui ont perdu leur mère.


Si parfois mon sourire se mouille de pleurs,
En voyant de ce monde la profonde douleur,

Je veux sourire encore à travers mes pleurs,
Sourire à la vie, sourire à la mort.


Et quand le jour viendra où il fera très froid,
Où je ne laisserai plus la trace de mes pas,

Par le courant de la vie qui jamais ne s’arrête,
Me laisserai-je entraîner sans regarder derrière.


La peur alors ne fermera plus le chemin,
Mon coeur — tout grand — s’ouvrira enfin,

Je deviendrai alors le sourire de la terre,
De la fleur de l’oiseau de la pluie et du vent.


Et un jour, peut-être, dans un petit enfant,
Je rouvrirai les yeux aux merveilles de la vie,

Et un peu plus aimant, un peu plus souriant,
Je continuerai ce beau chemin.



buddhaline.net


Jean-Pierre Maradan



Billet proposé par Aron O’Raney

Le Mystére Des Templiers, Chevaliers De L'ordre Du Temple






Une des principales motivations de Philippe le Bel pour la dissolution de l'ordre du temple se situe au niveau financier. Les terres, maisons, et autres commanderies possédées par les Templiers en France sont très nombreuses. 

Ils possèdent en outre une flotte maritime, et effectuent le transfert les fonds des marchands pour garantir la sécurité du transport. Ils iront jusqu'à payer la rançon pour Richard Coeur de Lion, prisonnier en Orient. 

Ils prêteront même de l'argent à Philippe le Bel.

Lors de l'arrestation massive de tous les Templiers, Philippe Lebel participe à l'entrée dans l'enclos du temple à Paris. 

Où mieux qu'à Paris dans cet enclos fermé, le trésor de Templiers pouvait-il être dissimulé ? 

Ni Philippe le Bel, ni aucun inquisiteur n'a trouvé « ce trésor ».


— Si le trésor des Templiers est bien un trésor financier, celui-ci s'est promptement volatilisé juste avant la vague d'arrestations des membres de l'Ordre. Certains Templiers auraient été prévenus de l'imminence de l'attaque et auraient quitté leur commanderie avec le trésor.
— Si le trésor de Templiers n'est pas financier, il serait alors d'ordre spirituel. Cette hypothèse peut être avancée en tenant compte du temps passé par les Templiers en Orient, où ils ont côtoyé différentes civilisations possédant chacune des connaissances et des croyances plurielles. 
Ils ont apporté des techniques novatrices, voire inconnues, permettant la construction des cathédrales. On peut alors penser que les rencontres qu'ils firent au cours de ces deux siècles leur permirent d'acquérir de nombreuses connaissances ésotériques.
Il n'est pas impossible non plus, qu'ayant vécu en Terre Sainte, et s'étant immiscés au coeur même d'autres religions, ils finirent par « découvrir » un secret très important au niveau religieux.


Dans cette optique, il est aisé de comprendre le souhait du Saint-Siège de se débarrasser au plus vite d'un Ordre puissant, en nombre important, ayant des croyances divergentes, ou modifiées par rapport aux strictes règles dogmatiques de l'Église romaine.

Cette même puissance séculière gêne évidemment le roi de France, qui dans sa volonté d'étendre son pays se voit limité sur son propre sol par un ordre religieux indépendant et non assujetti à une quelconque gouvernance de droit divin.

Pourquoi un des princes les plus riches d'Europe laisse-t-il son pouvoir derrière lui, sa fortune, sa famille, pour se placer sous les ordres de son ancien vassal ? Pour rejoindre un « petit » Ordre de huit personnes et faire voeu de pauvreté ? Aucun conte du Moyen-âge ne l'aurait, ne serait-ce qu'envisagé !
Pourquoi créer un Ordre qui ne compte que neuf personnes dans ses rangs ? La décision du concile de Troyes est plus que troublante… De plus, la raison d'être de L'Ordre était de protéger les routes, avec neuf personnes un dilemme aurait pu apparaître ? Quelle surface pouvaient-ils protéger ?
Qu'ont-ils trouvé sur les lieux saints (sous le Temple de Salomon) pour expliquer cette rapidité et ce secret ? Qu'ont-ils découvert pour que l'Ordre devienne du jour au lendemain intouchable, sous l’autorité du Pape ? Pourquoi un tel engouement ?
Une conclusion pourrait s'imposer à la relecture des faits : ils ont peut-être déniché un Objet Saint et incroyable…
Était-ce l'Arche d'Alliance, le Saint-Graal, une preuve que la lignée du Christ existe et survit, le Baphomet, un procédé alchimique, un savoir Islamique ? ... Ou bien autre chose, nul ne le saura jamais…





Source : pauvreschevaliersduchrist.com



Billet proposé par Aron O’Raney

Les Pages De La Vie







Chaque jour, la Vie vous offre une page blanche 
Dans le livre de votre existence.

Votre passé est déjà écrit, 
Vous ne pouvez le changer

Dans ses pages vous retrouverez votre histoire, 
Quelques pages sont coloriées 
D’autres sont plus sombres…

De beaux souvenirs des temps heureux 
Ou des pages que vous désirez arracher à tout jamais…

Aujourd’hui vous avez l’opportunité d’écrire une nouvelle page.
C’est à vous seul
D’en choisir les couleurs, 

Même dans les adversités 
Vous pouvez ajouter des rayons de sérénité 
Pour les changer en une belle expérience.

Aujourd’hui… 
Comment écrirez-vous votre journée ?

Tout dépend de votre optimisme 
Et de votre volonté de transformer la page d’aujourd’hui, 

Qui fera partie des souvenirs de demain…
Une page qui peut-être sera thésaurisée dans vos beaux souvenirs…

Si l’on vous révèle
Qu’il vous reste quelque temps à vivre!!
Que feriez-vous ?

Sans doute 
Vous feriez la paix avec Dieu 
Et avec ceux qui vous entourent, 

Vous apprécieriez les rayons dorés du soleil, 
La brise douce, l’amour et l’affection de certaines personnes 

Et les nombreuses bénédictions que le Seigneur nous donne 
Que nous considérons, parfois comme acquis.

Appréciez ce jour nouveau
Rappelez-vous de toutes les bonnes choses de votre vie, 

Vivez chaque heure avec acclamation, 
En lui donnant votre meilleur. 

Ne faites pas du mal à d'autres 
Et soyez heureux d'être vivant 

Et capable de donner un sourire 
Et offrir une main aidante…

Il n’est jamais trop tard 
Pour changer le cours, 

Commencer à nouveau 
En écrivant de nouvelles pages fraîches de bonheur et de paix 

Dans le livre de votre vie!

Remerciez Dieu de Son cadeau d’Aujourd’hui, 
Pour l’opportunité de transformer ce jour 

En une belle nouvelle page 
Dans le livre de votre existence.

Souvenez-vous que malgré les malheurs, 
Problèmes et difficultés 

C’est à vous de décider comment vivre le présent…
Comme si c’était votre premier jour,
Comme si c’était le dernier…

Le seul jour dans le livre de votre vie!



Billet proposé par Aron O’Raney

Acquérir La Paix








Tout le monde a soif de paix, 
Mais peu de gens se rendent compte 

Qu'on ne peut pas obtenir la paix parfaite
Tant que l'âme intérieure 

N'est pas emplie de la présence de Dieu.

Richesse et gloire, femme et enfants
Ne peuvent pas donner la paix, 

Parce que tous les objets matériels 
Se transforment aussi vite 

Que le jour et la nuit.

Aspirez aux vertus qui assurent à l'âme
La grâce et la vitalité

Et enrayez sainement
Tous vos appétits matériels.

Ces vertus vous feront trouver Dieu,
Ce Dieu qui est toujours présent 

Dans toutes les fibres de votre corps 
Et qui pourtant préfère rester caché.

Quand,
Par des exercices appropriés et assidus, 

La noirceur de votre âme s'est effacée, 
Dieu Se révèle, 

Et c'est la paix absolue. 


Aux Sources de la Joie — 52 —



Mâ Ananda Moyî



Billet proposé par Aron O’Raney

Le Dormeur Du Val








C'est un trou de verdure 
Où chante une rivière

Accrochant follement
Aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, 
De la montagne fière,

Luit : 
C'est un petit val qui mousse de rayons.


Un soldat jeune, 
bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant 
Dans le frais cresson bleu,

Dort ; 
Il est étendu dans l'herbe, 

Sous la nue,
Pâle dans son lit vert 

Où la lumière pleut.


Les pieds dans les glaïeuls, 
Il dort. 

Souriant comme
Sourirait un enfant malade,

il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement :
Il a froid.


Les parfums 
ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, 
La main sur sa poitrine

Tranquille. 


Il a deux trous rouges au côté droit.


Octobre 1870



Arthur RIMBAUD



Billet proposé par Aron O’Raney

Point De Vue Sur L'Insularité







Les Îles De L’isolement

La Géographie Relève-T-Elle De La Destinée ?


L'opinion De Guy Sorman Spécialiste De L'économie Et Membre De La Commission Nationale Française Des Droits De L'homme.


Japonais et Britanniques peuvent sembler très différents. Pourtant, un examen plus attentif révèle quelque chose qui s’apparente à un destin parallèle de ces deux peuples insulaires.

Leurs vieilles ambitions impériales, ainsi que leur dégoût généralisé envers les grands continents dont ils ne sont séparés que par la plus petite des mers, rendent Britanniques comme Japonais vulnérables au chant des sirènes de l’isolationnisme. 

Malheureusement, les deux contrées semblent aujourd’hui avoir succombé à cette tentation dangereuse.

Peut-être la géographie relève-t-elle de la destinée.

En tant que peuples insulaires, Britanniques et Japonais ont depuis toujours développé de la méfiance – et souvent un complexe de supériorité – envers leurs grands voisins continentaux : l’Europe et la Chine, respectivement.

Tous deux ont historiquement compensé leur isolement par des gouvernements centraux forts, une marine puissante, un entrepreneuriat dynamique, une culture pleine de vitalité et des ambitions impériales.

Aujourd’hui, Japon et Royaume-Uni font semblant d’être des sociétés ouvertes et d’être parties prenantes dans le processus de mondialisation.

En réalité, les deux pays restent la plupart du temps centrés sur eux-mêmes et préoccupés par la désintégration de leur culture d’origine. 

Tous deux tentent désespérément de tenir les immigrants à distance, que ce soit par la ségrégation culturelle au Royaume-Uni ou, dans le cas du Japon, par simple rejet.

Plus les civilisations se confondent dans un nouvel ordre mondial, plus les Japonais et les Britanniques sont tentés de rester à l’écart et en dehors.


Au Japon, la tentation isolationniste s’exprime dans la nostalgie actuelle pour la période Edo, de 1600 à 1868, avant que l’empereur Meiji n’ouvre le Japon au reste du monde. 

« Retour à Edo » est devenu un état d’esprit dominant et un thème récurrent dans les débats publics. Il est défendu par des écrivains, des experts et des historiens tels qu’Inose Naoki (qui est aussi vice-gouverneur de Tokyo), qui soutiennent que les Japonais étaient beaucoup plus heureux dans leur monde clos, parfaitement à l’abri de la quête de la réussite matérielle et du statut international.

Ce discours du « Retour à Edo » trouve écho dans le refus des jeunes Japonais d’apprendre une langue étrangère ou de voyager à l’étranger. En effet, en Europe, en Amérique du Nord et ailleurs, les touristes japonais qui étaient omniprésents dans les années 1970 ont été remplacés par des Chinois et des Coréens.

Le nombre de Japonais étudiant à l’étranger est à un niveau plancher, alors même que les Sud-Coréens et les Chinois sont en train d’essaimer dans les universités européennes et nord-américaines. Même les meilleures universités du monde, de Harvard à Oxford, attirent moins d’étudiants japonais.

À ce niveau, les Britanniques imitent fortement les Japonais : de moins en moins d’entre eux apprennent des langues étrangères, étudient à l’étranger, ou suivent l’ancienne filière des emplois à Hong Kong, Singapour ou en Australie. 

Cet état d’esprit « petite Angleterre » est tellement répandu que le gouvernement du Premier ministre David Cameron est maintenant tenté d’organiser un référendum pour demander aux Britanniques s’ils veulent rester dans l’Union européenne. 

Même l’archi — eurosceptique Margaret Thatcher n’a jamais osé proposer un tel vote.

La perspective d’un référendum reflète bien le climat irrésistible qui règne parmi les conservateurs, qui mentionnent parfois la Norvège – un membre non U-E dont le rôle principal dans les affaires mondiales est d’attribuer le Nobel de la paix – comme un modèle pour le rôle de la Grande-Bretagne dans le monde.

Bien sûr, la Norvège dispose du revenu le plus élevé au monde par habitant. Mais cela ne constitue pas une mesure pertinente par rapport à laquelle le Royaume-Uni ou d’autres pays occidentaux devraient se comparer, parce que la Norvège abrite une petite population homogène et dispose de vastes ressources naturelles, qui sont bien gérées.

S’ils sont invités à se prononcer lors d’un référendum, les Britanniques pourraient bien décider de quitter l’UE, qu’ils n’ont jamais aimée. 

Sans le vouloir, ils renforceraient de ce fait les fédéralistes sur le continent, et accéléreraient la dynamique d’intégration qu’ils cherchent aujourd’hui à stopper. En effet, les Britanniques quitteraient l’Union juste au moment où l’Islande, la Serbie, la Turquie et l’Ukraine, malgré la crise actuelle en Europe, tentent d’y entrer.

Et, bien que la zone euro soit en situation de crise, la Pologne, parmi d’autres pays, désire toujours la rejoindre dans un avenir proche.

Les Britanniques peuvent cracher sur l’euro – auquel même le franc suisse soi-disant indépendant est rattaché –, mais il est pratiquement sûr qu’il restera la monnaie de près de 300 millions d’Européens.

L’isolationnisme, que ce soit au Japon ou au Royaume-Uni, n’est pas seulement un choix qui manque de vision de long terme. Il peut également, surtout en ce qui concerne le Japon, se révéler périlleux, compte tenu de la montée en puissance de la Chine voisine.

Le Japon et le Royaume-Uni, malgré leurs efforts pour éviter de l’admettre, dépendent du marché mondial. L’isolationnisme laisserait leurs citoyens mal préparés à affronter la concurrence, et leurs gouvernements exclus des décisions qui ont un impact sur l’économie et le commerce mondiaux. 

L’isolationnisme ne sera pas non plus capable de garantir la sécurité nationale, à une époque où les menaces de groupes terroristes et les ambitions de la Chine et la Russie se font croissantes.

La nostalgie d’Edo au Japon et l’attrait du modèle norvégien au Royaume-Uni ne sont pas des choix rationnels. Ils ne font que canaliser les méfiances nationales, à une époque de concurrence mondiale accrue entre les cultures, les économies émergentes et les ambitions stratégiques.

Parfois, les nations, tout comme les individus, se fatiguent et se mettent à rêver de leur jeunesse qu’ils idéalisent – un phénomène récurrent que les historiens appellent « déclinisme ».

Qu’on l’appelle ainsi ou simplement désir de s’échapper momentanément de l’histoire, le Japon et le Royaume-Uni semblent aujourd’hui faire le choix d’un chemin qui ne fera qu’accélérer leur déclin.


Traduit de l’anglais par Timothée Demont. © Project syndicate, 2012.



Guy Sorman — 26 juillet 2012 — 



Billet proposé par Aron O’Raney

Le Miroir Et L'Avare


  




Il y avait dans une ville de Chine, un homme avare. 

Tellement avare qu'il restait seul dans sa maison. 
Mais cela le désolait. 

Un jour, 
Un vieux sage fut reçu par l'homme avare.

Le vieux sage pour le remercier de son hospitalité
lui dit :

Aimerais-tu avoir des amis ?

Certainement, 
Mais personne ne rentre jamais chez moi,
Dit l'avare

Le vieux sage le conduisit derrière une fenêtre
Et lui dit :

Que vois-tu derrière cette vitre ?

Je vois des gens dans la rue, des hommes, 
Des femmes, des enfants.

Je vois aussi des maisons et au-delà des prés,
Des collines.

Le vieux sage le conduisit alors devant un miroir
Et lui dit : 

Que vois-tu dans ce miroir ?

Je ne vois que moi-même, dit l'avare.

Pourtant, dit le vieux sage, ce n'est que du verre,
Comme la fenêtre, sauf que derrière le miroir,
Il n'y a qu'une fine couche d'argent. 

Et elle t'empêche de voir la beauté de l'amitié
Et de la partager.

Et le vieux sage le quitta.

La leçon est bonne, dit l'avare.

Désormais, 
Je me rappellerai toujours ces paroles de sagesse.

« Car là où est ton trésor, là aussi est ton coeur. »

Et il ouvrit la porte de sa maison
Pour y laisser entrer tous ceux 

Qu'il avait aperçu par la fenêtre !

À partir de ce jour-là, 
Il ne fut plus jamais seul.


Source: Anonyme.  

Billet proposé par Aron O’Raney

Je Prie Pour Que Jamais Le Souvenir Ne S'Efface


  




Je prie  

Pour que le Cheval Noir  
Passe loin de ceux que j'aime  

Je prie  

Pour que le père garde son enfant  

Je prie  

Pour que la mère ne tremble pas quand il s'éloigne  

Je prie  

Pour que l'enfant ne saisisse pas la crinière  
Du Cheval Noir  
Et ne franchisse jamais la frontière  
Avec lui  
Qui s'en va galoper au-delà de la vie  

Je prie  

Pour que le Ciel soit rempli  
Du nom de ceux qui s'en sont allés  
Chevaucher au loin  
Se perdre comme naufragés en mer  

Je prie  

Pour que jamais leur souvenir ne s'efface  
Et que leurs traces  
Soient inscrites à jamais dans nos vies  

Je prie  

Pour qu'ils demeurent  
Pour moi qui les aimais  
Plus vivants que jamais  
Et qu'avec eux, sans fin, jusqu'à mon dernier jour  

Je prie  

Et qu'après dans la grande mer inconnue  
Nous fassions route commune  

Je prie  

Pour refuser la tentation
D'enfourcher d'un grand bond  
Le Cheval Noir
Qui passe dans mon rêve 



La prière de l'enfant — Extrait —



Martin Gray



Billet proposé par Aron O’Raney