Accepte Ton Devenir








Lorsque Je te dis que Mon plan magnifique
se déploiera pas à pas,

Il se peut que tu entendes lentement.


Mon bien-aimé, 
Rien n'arrivera lentement désormais.


Tout s'accélère.


Néanmoins, ce sera un déploiement parce que tout se produira parfaitement à temps.


Accepte et n'essaie pas 
d'arrêter la mise en place de quoi que ce soit

parce que tu as peur de la vitesse 
Avec laquelle cela vient. 


Mon organisation est parfaite.


Pourquoi ne pas l'accepter ?


Qu'il n'y ait pas de résistance en toi,
mais trouve liberté et joie parfaite 

Alors que le plan se déploie.


C'est un plan vraiment merveilleux,
Et tu en fais partie. 


Tu as ton propre rôle à Y jouer ; 
c'est pourquoi il est important 

que tu découvres ton rôle,
Et tout de suite.


Ne dérive pas un jour de plus sans le trouver.


Lorsque tu prends du  temps 
pour être tranquille,

Dans le silence,
Tu sauras ce qu'est ton rôle spécifique.



Extraits de « La Petite Voix » — Méditations — 



Eileen Caddy



Billet proposé par Aron O’Raney

Le Kiaï, Cri De L’énergie Vitale







Tous les « Budô » (1) possèdent un cri particulier, le « Kiaï », souvent terrifiant, il exprime, apparemment la brusque libération de l’énergie.

En réalité, le Kiaï est « une mise sur longueur d’ondes » entre deux combattants.

Le Kiaï doit partir du ventre, c’est-à-dire du centre de la véritable énergie, il est inopérant s’il part seulement de la gorge : il n’exprime dans ce cas rien de plus qu’un son guttural.

En réalité, le Kiaï est une science ou art d’utiliser le « KI » ou énergie. 

Ce mot, énergie-force vitale, puissance subtile qui est dans toutes choses comprend toutes les formes de la vie. 

Les Budô en particulier sont une application de cette énergie.

« À l’origine existe la Vibration, à la fin existe la Vibration, entre les deux la terre et l’univers ont vécu ». Sur cette pensée du shinto ancien, repose une profonde connaissance ésotérique.

La Vibration « l'état impersonnel de l’énergie » est perçue comme un son dans le mental « état individualisé de l’énergie ». 

Connaître le pouvoir du son, c’est faire vibrer l’énergie, c’est donc faire vibrer la vie elle-même.

Par le son, ou plutôt par les modes de vibration, du son s’explique toutes choses. 

Ces connaissances très anciennes, aujourd’hui pleinement confirmées par nombre d’applications scientifiques le pouvoir du son sur les plantes et les animaux notamment, permettent de comprendre combien le Kiaï peut être beaucoup plus qu’un cri terrifiant et exprimer son énergie dans tous les domaines de l’existence. 

Dans ce cas, le Kiaï peut être silencieux ; il implique avant tout une décision active de l’esprit, de telle sorte que le plus fort exerce son ascendant sur le plus faible.

Le Kiaï se maîtrise par le "Hara". Ce que les Japonais nomment « Fukushi-ki Kokyû », la respiration profonde du ventre.

Le Kiaï est en définitive le résultat d’une science impliquant aussi bien la maîtrise de la respiration que celle de l’esprit.

L’esprit commande le « KI » qui fait vibrer le « Hara » (ventre) rayonnement de notre force vitale ».

Le Kiaï projette en quelque sorte l’énergie mentale, physique et psychique.


Revue Énergie Vitale. No 9. Janvier-Février 1982 —



(1) Les Budô sont les arts martiaux japonais apparus entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. En japonais, « bu » signifie la guerre et « dô » la voie en chinois : dao ou tao, cf. le taoïsme. Les Budô les plus connus en Occident sont le karaté, le judo, l’aïkido et le kendo.



Michel RANDOM



Billet proposé par Aron O’Raney

Ma Bien-Aimée Se Reveille








Qu’avons-nous besoin du souvenir
le Carmel est en nous

et sur nos paupières, pousse l’herbe de Galilée

Ne dis pas : 
Que ne courions-nous comme un fleuve pour le rejoindre

nous sommes dans la chair de notre pays
il est en nous


nous n’étions pas avant Juin des nouveau-nés
c’est pourquoi notre passion

ne s’est pas émietté dans les chaînes

Cela fait vingt ans, ô ma sœur, 
que nous n’écrivons pas de poèmes

mais que nous combattons


cette ombre qui se noie dans tes yeux
est un diable divin

venu de Juin

pour ceindre de soleil tous les fronts
C’est le teint d’un martyr

le goût d’une prière

Elle fait mourir ou ressusciter
Doux dilemme !


le nuage d’été que la défaite porte sur son dos
a suspendu l’engeance des rois

sur la corde des mirages

Et je suis l’assassiné, 
le ressuscité dans la nuit de la cime

Voilà que mes racines
s'affermissent dans la terre


Voici venir le moment
où je dois traduire les paroles en actes

Voici venir le moment
où je dois prouver mon amour

à la terre et aux alouettes
En ces temps, 

la trique massacre la guitare et moi
je pâlis dans le miroir

depuis qu’un arbre s’est levé derrière moi



Chroniques de la douleur palestinienne
Traduction de Saloua Ben Abda et Hassan Chami — 



Mahmoud Darwich —




Billet proposé par Aron O’Raney

La Légende De Shambhala







Au Tibet, Comme Dans Bien D'autres Pays D'asie, On Parle D'un Royaume Légendaire Qui Fut Source De Savoir Et De Culture Pour Les Sociétés Actuelles De L'asie.


Selon la légende, c'était un lieu de paix et de prospérité, gouverné par des souverains sages et compatissants.

Les citoyens y étaient eux aussi bienveillants et cultivés, de sorte que le royaume était, en général, une société modèle. 

Cette contrée s'appelait Shambhala.


On dit que le bouddhisme joua un rôle important dans l'évolution de la société de Shambhala.

La légende nous rapporte que le Bouddha Shakyamuni transmit des enseignements tantriques de haut niveau à Dawa Zangpo, le premier roi de Shambhala.

Ces enseignements, conservés sous le nom de Tantra de Kalacakra, comptent parmi ceux qui renferment la plus profonde sagesse du bouddhisme tibétain.

Une fois que le roi eut reçu ces enseignements, tous les habitants de Shambhala, Dit-on, Se mirent à pratiquer la méditation et à suivre la voie bouddhiste de la bienveillance et de la sollicitude à l'égard de tous les Êtres.

Ainsi, non seulement les souverains, mais l'ensemble des sujets du royaume devinrent des êtres extrêmement évolués.

Chez les Tibétains, une croyance populaire veut que le royaume de Shambhala existe encore, caché dans quelque vallée lointaine de l'Himalaya.

On trouve également dans un certain nombre de textes bouddhiques des indications, détaillées, mais obscures, sur le chemin qui y conduirait, mais les opinions sont partagées entre ceux qui prennent ces indications au pied de la lettre et ceux qui n'y voient qu'une métaphore.

Il existe également de nombreux textes qui fournissent des descriptions circonstanciées du royaume lui-même. 

Selon le Grand Commentaire sur le Kalachakra de Mipham illustre maître bouddhiste du XIXe siècle. Le pays de Shambhala serait situé au nord de la rivière Sita et divisé par huit chaînes de montagnes.

Le palais des Rigden, les souverains impériaux de Shambhala, est bâti au sommet d'une montagne circulaire qui se trouve au centre du pays. 

D'après Mipham, cette montagne se nomme Kaïlasa. Le palais, qui porte le nom de palais de Kalapa, s'étend sur plusieurs kilomètres carrés. 

Devant le palais, vers le Sud, s'étend un merveilleux parc, appelé Malaya, au milieu duquel s'élève un temple consacré à Kalachakra, construit par Dawa Zangpo.


Selon d'autres versions de la légende, le royaume de Shambhala disparut de la surface de la Terre il y a bien des  siècles.

Le jour où toute la société atteignit l'éveil, le royaume se volatilisa, emporté dans une sphère plus céleste.

D'après ces récits, les Rois Rigden de Shambhala continuent à veiller aux affaires humaines, et ils reviendront un jour sur Terre pour sauver l'humanité de la destruction.


Beaucoup de Tibétains croient que le grand roi-guerrier tibétain, Gésar de Ling, fut inspiré et guidé par les Rigden et la sagesse de Shambhala, ce qui atteste la croyance en l'existence du royaume céleste. 

D'après ce qu'on raconte, Gésar ne se serait pas rendu à Shambhala ; son lien avec le royaume était donc d'ordre spirituel.

Gésar vécut vers le XIe siècle et régna sur la principauté de Ling, située dans la province de Kham, dans le Tibet oriental.

Après le règne de Gesar, des récits de ses exploits de guerrier et de souverain se répandirent dans tout le Tibet, pour finir par constituer la plus importante épopée de la littérature tibétaine.

Selon certains récits légendaires, Gésar reviendra de Shambhala à la tête d'une armée pour conquérir les forces des ténèbres dans le monde.


Ces dernières années, certains érudits occidentaux ont avancé que le royaume de Shambhala pourrait bien correspondre à l'un des royaumes de l'Antiquité sur lesquels nous Possédons des documents historiques, comme le royaume de Zhang-Zhung en Asie centrale.

Beaucoup d'autres, par contre, considèrent que les récits de Shambhala relèvent entièrement du mythe. Bien qu'il soit plutôt facile de faire relever Shambhala de la fiction pure. 

Il est également possible de voir dans cette légende l'expression d'une aspiration humaine profondément enracinée et très authentique vers une vie bonne, une vie qui accomplisse notre destinée.

En fait, bien des maîtres bouddhistes sont les héritiers d'une longue tradition qui tient le royaume de Shambhala non pour un lieu du monde extérieur, mais pour le fondement ou la racine de l'éveil et de la Santé qui existent en puissance chez tout être humain.

Dans cette optique, il importe peu de déterminer si le royaume de Shambhala a vraiment existé ou non.

Nous devrions plutôt reconnaître et poursuivre l'idéal qu'il incarne, celui d'une société éveillée.



Extrait de Shambala - La Voie sacrée du Guerrier -



Chögyam Trungpa



Billet proposé par Aron O’Raney

Travailler Sur Soi








XLIII —


Personne ne deviendra fort en criant : « Donne-moi de la force, donne-moi de la puissance ! »

Dans un hôpital, il y a toutes sortes de dispositifs pour Soulager ceux qui souffrent.

Mais ces secours extérieurs peuvent-ils atténuer les douleurs de la maladie intérieure ?

Le remède ne peut venir que de l'intérieur, par l'effort personnel.

Travaillez donc en vous conformant aux principes des Shâstras et aux instructions des saints.

La force se développera de l'intérieur.

Les gens qui n'ont pas un sens très impérieux du devoir et une ferme détermination de réussir cherchent toujours à se faire aider.

Vous faites tout seul la plupart de vos affaires matérielles, mais quand il s'agit d'adorer Dieu, vous appelez toujours à l'aide !

Continuez à faire tout ce qui est pour le bien d'autrui ; la force viendra toute seule.

Si vous sentez que vous ne pouvez pas travailler, recherchez les causes de votre échec, et faites-les disparaitre sans pitié.

Si vous continuez, du dedans, à alourdir votre fardeau, et que vous attendiez des forces extérieures qui vous remorquent comme une péniche, votre attente sera vaine. 

Il faut déployer beaucoup de force pour faire avancer une voiture par de petits chemins de traverse.

Et de même, il faut un grand effort de volonté pour sevrer son esprit des distractions qu'offre le monde.



Extraits : Aux Sources De La Joie — P 74,75 —




Mâ Ananda Moyî.



Billet proposé par Aron O’Raney

Le Tigre







Je suis le tigre.
je te guette parmi les feuilles

Aussi grandes que des lingots
De minerai mouillé.

Le fleuve blanc grandit
Sous la brume. 

Te voici.

Tu plonges nue.
J’attends.

Alors d'un bond,
Feu, sang et dents,
ma griffe abat
Ta poitrine, tes hanches.

je bois ton sang, je brise
Tes membres, un à un.

et je reste dans la forêt
à veiller durant des années

tes os, ta cendre,
immobile, à l'écart
de la haine et de la colère,

désarmé par ta mort,
traversé par les lianes,

immobile sous la pluie,

sentinelle implacable
De mon amour, cet assassin.



— Extrait, Les Vers Du Capitaine — 



Pablo Neruda — 



Billet proposé par Aron O’Raney

Le Buisson Épineux







Aller au bout d'une question fondamentale, essentielle, est une forme de traversée du désert.

Moïse est allé au bout de la sienne, il en ressort brulant, mais non consumé.

Une voix s'est fait entendre. L'Être n'est pas indifférent à la misère des hommes, le mal n'est pas fatalité, il est aiguillon pour que se manifestent les facultés co créatrices de l'homme. « 

"Yhwh dit: j'ai vu la misère de mon peuple qui réside en Egypte. J'ai prêté l'oreille à la clameur que lui arrachent ses surveillants… 

Maintenant va, je t'envoie auprès de Pharaon pour faire sortir d'Egypte mon peuple…» (Ex 3, 7-10) 

Mais, dans le désert, Moïse a oublié le langage, sa parole est devenue brève et hésitante. Le désir d'ordonner et de conduire l'a quitté, la fréquentation de ses abîmes le porte davantage à l'effacement: 

« Qui suis-je pour aller trouver Pharaon et pour faire sortir d'Egypte les enfants d'Israël? » (Ex 3, 11)

Je ne sais point parler… Envoie qui tu veux!

« Qui suis-je?» est la bonne question à se poser dans le désert.

La réponse, après quelques jours de soif, ne se fait Jamais attendre: « Rien! » 

« Je ne suis rien. » Moïse a vécu plus d'une fois cette réponse, mais il découvre maintenant qu'au cœur de ce rien, un rien épineux, vit une force, une Présence, un « je suis avec toi ». 

Et c'est là un des grands cadeaux du désert, découvrir qu'on  n'est jamais moins seul que lorsqu'on est seul, au-delà du moi, il y a un pur « Je Suis ». 

Là où  cèdent nos forces, se réveille une nouvelle énergie. 

Là où s'arrête notre compréhension, naît une autre Conscience. 

Découvrir qu'il y a en soi plus grand que soi, plus aimant, plus intelligent que soi, c'est ce qui nous donne la grâce, comme à Moïse, de revenir vers la ville pour inviter ses amis au désert... 

Mais Moïse était-il naïf? 

Pensait-il que trois jours suffiraient au peuple pour faire l'expérience qui était la sienne ?

C'est pourtant ce qu'il demandera à Pharaon: « Trois Jours de marche dans le désert, pour y servir Dieu. » 

André Neher le rappelle: « Dans le projet primitif, le désert ne devrait être que cela, non pas un itinéraire, mais le lieu d'un instant mystique. (1) »

C'est vrai qu'il suffit d'un instant pour « lâcher prise », pour renoncer à ses illusions et découvrir

« Celui qui est » quand nous ne sommes plus rien...

Un instant, trois jours ne suffiront pas aux Hébreux. Ils devront errer quarante ans dans le désert.

Quarante, beau chiffre pour symboliser les épreuves, la maturité, qui viendront peut-être à bout de nos identifications, de nos représentations,

Pour que nous puissions toucher enfin la  pierre précieuse, la terre promise, l'incréé qui veille au fond de nos cœurs.


(1)André Neher, Moïse et la vocation juive, Coll. "Maîtres spirituels", Ed Seuil, 1956.



Jean-Yves Leloup
Extrait de « Déserts, Déserts »




Billet proposé par Aron O’Raney

Qui Est Lao-Tseu ?






Lao-tseu alias Lǎo Zi, est un philosophe chinois, qui aurait vécu au VIe siècle av. J.-C.


Ses écrits ont initié a posteriori le taoïsme et sont aussi considérés par beaucoup comme des textes philosophiques de première importance. 

Sur sa vie, on ne sait que peu de choses. 

Certains historiens estiment même qu'il n'a jamais existé.

Selon la légende, sa mère l'a porté pendant huit ou quatre-vingts ans et il est né avec des cheveux blancs,

D'où son nom de « vieil enfant » ou « vieux maître », une traduction parfois donnée de l'Ancien.


À l'âge mûr, lassé des hommes, il aurait quitté son pays par l'Ouest, chevauchant un buffle, il aurait dicté au gardien de la passe « Yin Si » qui l'en priait, 

Les cinq mille caractères environ du fameux Livre « de la Voie et de la Vertu », Dàodé Jīng ou Tao Te king, qui est avec le Livre des Mutations Yì Jīng, aux sources de l'ésotérisme Chinois. 

D'autres théories affirment encore qu'il n'aurait écrit que les dix premiers articles du Dàodé Jīng et que les autres auraient été rajoutés par d'autres auteurs, bien des années plus tard.


Le taoïsme religieux, confronté au IIIe siècle à l'arrivée du bouddhisme en Chine, a tenté un rapprochement audacieux entre ce personnage parti en pays barbare et le Bouddha. 


Certains érudits chinois ont ainsi proposé différentes identifications historiques. 

Cependant, Mencius « Meng Zi », grand continuateur de Confucius avec Xun Zi, ne mentionne pas Lao Zi dans ses diatribes Contre les excès des mohistes et des taoïstes;

les uns prônant un pacifisme ascétique et militaire, les autres un détachement radical de la société des hommes

Ceci permet d'émettre l'hypothèse que Lao Zi n'est sans doute pas un personnage historique, mais peut-être tout simplement,

Le fruit de l'imagination de Zhuang Zi, Tchouang-Tseu ou d'autres penseurs du même courant, tel Lie Zi l'auteur du Vrai Classique du vide parfait.


L'un d'eux aurait eu l'idée de signer son livre du nom du sage reclus Lao Zi auprès duquel Confucius, le premier maître de la Chine, 

Serait allé demander conseil et aurait, selon la légende, perdu trois jours durant l'usage de la parole.




Billet proposé par Aron O’Raney

Sommes-Nous Prêts À Affronter Un Tsunami Solaire ?






Tout comme il y a une saison des ouragans aux Caraïbes et aux États-Unis, il existe une saison des tempêtes solaires, associée au cycle d'activité de notre étoile, qui grimpe à un maximum tous les onze ans. 

Le cycle numéro 24 dans lequel nous sommes devrait atteindre son maximum en 2013 selon les prévisions des astronomes. Après trois années (2006 à 2008) de transition très calmes, l'activité solaire monte doucement, mais sûrement en puissance, comme le montrent les signaux violents enregistrés au cours des derniers mois.

Illustré par la photo qui ouvre ce billet, le dernier événement date du 16 avril. Il s'agit d'une éruption moyenne associée à une grosse protubérance qui finit par éclater comme une bulle de savon et expédie une partie de son contenu dans l'espace.

Cette bulle, plus grosse que la planète géante Jupiter, n'était cependant pas bien méchante. En tout cas moins que l'éjection de masse coronale (EMC) enregistrée au mois de mars, qui a expédié son contenu de particules électriquement chargées droit sur la Terre. Il arrive fréquemment que le Soleil éjecte, lors d'une EMC, plus d'un milliard de tonnes de particules, à des vitesses de plusieurs centaines voire de plusieurs milliers de kilomètres par seconde.

Heureusement pour nous, le champ magnétique de notre planète nous protège en déviant en grande partie ce plasma. Mais pas complètement. La magnétosphère n'est pas étanche, les particules peuvent y pénétrer et descendre jusqu'à l'atmosphère où elles provoquent les aurores boréales et australes.

Pendant l'événement de mars, la haute atmosphère a ainsi reçu pour 26 milliards de kilowattheures d'énergie, soit l'équivalent de 5 % de l'électricité consommée en France en une année entière ! Une grande partie de cette énergie a été renvoyée vers l'espace et aucun dégât n'a été à déplorer.


Ce n'est pas le casde toutes les EMC. Ainsi, en mars 1989, trois jours après avoir quitté le Soleil, un énorme nuage de particules vient, comme un puncheur, frapper la magnétosphère terrestre. 

Des aurores boréales se voient jusqu'au Texas. Et, surtout, des courants électriques induits par l'orage géomagnétique font sauter les uns après les autres les systèmes de sécurité du réseau électrique au Québec, laissant quelque 6 millions de personnes sans courant pendant neuf heures en cette fin d'hiver canadien. L'addition est salée : 

entre les réparations du réseau électrique, les protections supplémentaires qui y sont apportées et le manque à gagner de l'économie locale, la note s'élève à 2 milliards de dollars. Corollaire de l'incident, les agences spatiales ont perdu temporairement le contact avec des centaines de satellites.


Selon les astronomes, cet événement de 1989 n'est que de la petite bière à côté d'une autre tempête solaire survenue cent trente ans plus tôt. 

Au début du mois de septembre 1859, des aurores qu'on n'ose plus qualifier de boréales se voient dans les Antilles et jusqu'au Venezuela. A l'époque, les réseaux électriques n'existent pas et il n'y a donc pas de risque de ce côté-là. En revanche, des courants induits parcourent joyeusement les lignes du... télégraphe, faisant jaillir des étincelles aux poteaux et envoyant des décharges électriques à des employés.

Les conséquences de cette EMC, au beau milieu du XIXe siècle ont somme toute été limitées. S'il se produisait aujourd'hui, le même phénomène, exceptionnel, aurait des répercussions nettement plus dramatiques. 

En cent cinquante ans, des réseaux de toutes les sortes se sont construits. 

Non seulement un tel événement mettrait à bas bien des réseaux électriques pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, mais il s'attaquerait aussi aux oléoducs et aux gazoducs en accélérant leur oxydation, il détruirait probablement des satellites ainsi que de nombreux composants électroniques de divers appareils et couperait temporairement les communications radio et toute géolocalisation. 

Ce dernier point n'est pas négligeable, car, comme l'a fait remarquer mon confrère du Monde, Yves Eudes, dans un récent article, « les systèmes GPS jouent désormais un rôle essentiel dans de nombreux secteurs d'activités : les transports terrestres, aériens et maritimes, la gestion de conteneurs, le guidage des machines agricoles, les communications électroniques et même les banques, qui se servent des signaux satellites comme d'une horloge universelle pour dater des transactions financières au centième de seconde. » 

Un récent rapport américain estime que, pour les seuls États-Unis, un tel tsunami solaire pourrait coûter la bagatelle de 2 000 milliards de dollars, soit l'équivalent de vingt ouragans Katrina. Il faudrait en outre de quatre à dix ans pour tout remettre en ordre.


Pourquoi ?Parce que nous ne sommes pas prêts, explique en substance, dans un commentaire publié ce mercredi 18 avril dans Nature, Mike Hapgood, qui dirige l'unité de recherche sur l'environnement spatial au Rutherford Appleton Laboratory, un grand laboratoire de recherche britannique.

Pour ce chercheur, notre dépendance au réseau électrique nous rend plus vulnérables que jamais, parce qu'il n'est pas configuré pour résister à une EMC majeure : 

« De nombreux systèmes électriques menacés sont conçus pour résister à des événements tels que ceux que l'on a vus au cours des 40 dernières années : il est par exemple désormais requis que les nouveaux transformateurs soient capables de résister aux conditions subies en 1989. Le tremblement de terre et le tsunami japonais de l'année dernière montrent quels dangers il y a à se préparer pour faire face seulement à des événements semblables à ceux des dernières décennies. Au lieu de cela, nous devrions nous préparer pour une tempête spatiale comme on n'en voit qu'une fois tous les mille ans. »


De la même manière que, grâce au développement de la météorologie, nous organisons des alertes aux orages, aux tempêtes, aux ouragans, aux crues ou aux avalanches, il faut investir dans la météo spatiale. Cela commence, explique Mike Hapgood, par mieux connaître les risques et les phénomènes. 

Or, si les données satellitaires d'étude du Soleil sont de plus en plus fournies, elles ne couvrent que la période récente. Des données sur l'ionosphère existent sur 80 ans et celles sur le champ magnétique ont plus de 170 ans. Le hic, c'est qu'elles existent uniquement sur papier...

Il faut donc les numériser et Mike Hapgood imagine que l'on pourrait, via le web, répartir cette tâche immense entre de nombreux bénévoles, tout comme le projet Solar Stormwatch demande aux internautes de décortiquer les films des incidents solaires pris par des satellites, en suivant des instructions simples. 

Autre tâche, qui incombe cette fois à 100 % aux scientifiques : mieux modéliser les EMC, pour comprendre comment elles voyagent dans le milieu interplanétaire et comment elles injectent leur énergie dans l'atmosphère. 

Pour Mike Hapgood, les modèles existants sont comparables à ceux de la climatologie il y a un demi-siècle. Enfin, et c'est à la fois le plus simple et le plus compliqué (parce que le plus coûteux), il faut renforcer la protection des réseaux et de leurs matériels. 

Tout simplement parce que notre société est devenue plus vulnérable en se rendant dépendante de ces systèmes. Leurs fragilités sont nos faiblesses.



Source : http://passeurdesciences.blog.lemonde. 
(Crédit photo et vidéo : NASA/GSFC/SDO.)



Pierre Barthélémy



Billet proposé par Aron O’Raney

Voyage Dans Une Tombe Privée








Le voyage vers l'autre monde


Deux étapes majeures ponctuaient ce dangereux périple. 

Pour rejoindre le lointain Occident où demeuraient les entités de l'au-delà, il fallait franchir les étendues désertiques qui s'ouvrent dès que l'on quitte la terre d'Égypte.

Cette aventure est toute symbolique et les menaces qui pèsent sur le défunt sont évoquées par des images : celles des animaux qui peuplent le désert.

En les combattant victorieusement, le mort assurait son arrivée à bon port.

Restait un autre voyage à accomplir, aquatique celui-ci. 

Il évoquait la progression du défunt dans un milieu marécageux qui symbolisait le sein de la grande déesse mère. 

Cette gestation, toute mystique, n'était pas exempte de dangers.

Dans les chapelles, on peut assister à des scènes de pêche.

En dehors des besoins alimentaires, le propos était de repousser magiquement les émissaires du désordre qui pouvaient s'opposer à la renaissance du mort.

À l'Ancien Empire, on chassait sans merci le redoutable hippopotame, tandis que les nobles thébains se firent représenter en train d'abattre les canards sauvages.

Ils harponnent également deux poissons. Le premier figure leur propre aspect en Osiris flottant entre deux eaux, immersion préalable au voyage vers l'éternité.

Le second, une entité solaire, évoque leur future remontée à la lumière.


La foi en l'éternel retour


Les scènes illustrant les travaux agricoles sont un moyen symbolique d'inclure le défunt dans le cycle de l'éternel recommencement de la vie naturelle.

Elles permettaient en outre, par la magie de l'image, de pourvoir à jamais les autels funéraires.

Les nombreuses offrandes représentées sur les parois devaient suppléer les nourritures terrestres si elles venaient à manquer. 

En figurant toutes les étapes de leur production, on assurait également des vivres frais et abondants au candidat à l'éternité.


Le triomphe du défunt


Enfin, en dehors de quelques scènes religieuses réservées au fond de la chapelle, de nombreuses représentations évoquent les principales étapes de la carrière d'un haut fonctionnaire.





Il ne s'agit pas uniquement de tirer gloire de son succès social.

Les récompenses accordées par le souverain sont le témoignage que ces grands personnages ont oeuvré pour l'ordre social, la Maât.

La tombe elle-même en est une preuve. 

L'éternité était conçue comme l'insertion des défunts parmi les puissances invisibles qui repoussent sans cesse le chaos.

Comme il était impossible d'en donner une illustration tangible, les Égyptiens ont utilisé leur destin de vivant pour évoquer ce qu'ils souhaitaient devenir : des agents de l'équilibre cosmique.

Dans l'embrasure de la chapelle, paré de ses plus beaux atours et parfois accompagné de son épouse, le défunt victorieux des forces des ténèbres salue le soleil levant et participe désormais des forces qui contribuent à son perpétuel renouvellement.



Billet proposé par Aron O’Raney