Aspiration À La Grâce Divine







Dieu exauce tous les désirs,
et c’est pourquoi on L’appelle chintâmani (1).


Si un homme pense à Lui,
Il l’attire progressivement à Lui
et se remplit de Sa sainte présence.


Mais la soif de la Grâce divine
doit être aussi ardente

Que le désir du pauvre pour la richesse
ou l’envie qu’éprouve une femme stérile
d’avoir un fils.


Si dans notre évolution
nous Le gardons toujours au premier plan
de tous nos désirs et de toutes nos pensées,

Lui, le Tout-Compatissant,
Se chargera entièrement de Son serviteur

Et lui donnera la possibilité
de ne penser à rien d’autre qu’à Lui.


On en connaît des cas
très nombreux dans le monde,

Aussi bien chez les saints
que chez le commun des mortels.


Même les bêtes, les oiseaux, les plantes,
ne sont pas hors de portée
de Sa compassion.


Quand le cerf-volant est très haut,
vous pouvez vous asseoir tranquillement
en tenant la ficelle ;

de même vous pouvez laisser votre âme
planer bien haut,

Tandis que vous demeurez en Lui,
dans la paix.


La nature vous aidera tout au long de la route.


(1) « Le joyau qui exauce tous les désirs de son possesseur »




Mâ Ananda Moyî.
Aux Sources De La Joie — 29 — P, 56,57 —




Billet Proposé par Aron O’Raney

Le Maître Des Serpents






Seul Moulay Rahal, le seigneur et maître des serpents, l’homme qui dormait nu les soirs de grand froid dans le désert parmi ses reptiles,

Celui qui gelait le poison du cobra par ses seules incantations et endormait la fureur de la vipère par son seul souffle,

Lui seul savait que le maître de la parabole et du songe était encore en vie, et où il traînait ses mirages et ses délires.


Or, tout ce que Moulay Rahal savait, les habitués de la place de l’anéantissement le savaient aussi.


Oui, lorsque l’ami des serpents, au crépuscule, laissait la transe prendre possession de son corps ;

lorsque, dans la fièvre de ses incantations, son corps luisant d’écailles oscillait dans un mouvement de balancier frénétique,

Les yeux révulsés et fixés sur un inquiétant au-delà ; alors il étalait sur le sol séculaire,

Parmi les grouillements fébriles de ses reptiles, tous ses secrets et ses rêves.


Et c’est ainsi que les habitants de Marrakech la rouge surent.


Hébétés, atterrés, ils apprirent que l’homme qui apprenait aux mots à se vêtir d’or et de lumière, à épouser l’air pour s’envoler dans une poussière d’étoiles et de lunes,

l’homme qui faisait danser les phrases entre la vie et la mort, entre l’espace et le silence, ne pouvait plus conter,

Ne pouvait plus voler au temps et à la mémoire leurs chants et leurs histoires, pour les offrir aux enfants, aux hommes et aux femmes de la plus belle cité du monde.


Oscillant autour de ses reins d’acier, ses yeux figés sur les abysses de sa transe,

Moulay Rahal raconta comment il trouva Hammou prostré aux portes du désert,

Implorant le seigneur de toute chose de lui redonner la parole et le verbe.




Mostafa Benhamza –
Billet proposé par Aron O’Raney


Pureté et Simplicité







XXVIII


Celui qui connaît sa force
et garde la faiblesse
est la vallée du monde.

S’il est la vallée du monde,
la vertu constante ne l’abandonnera pas ;
il reviendra à l’état d’enfant.

Celui qui connaît ses lumières
et garde les ténèbres
est le modèle de l’empire.

S’il est le modèle de l’empire,
la vertu constante
ne faillira pas en lui.

Et il reviendra au comble de la pureté.

Celui qui connaît sa gloire
et garde l’ignominie
est aussi la vallée de l’empire.

S’il est la vallée de l’empire,
sa vertu constante
atteindra la perfection

Et il reviendra
à la simplicité parfaite du Tao.

Quand la simplicité parfaite du Tao
s’est répandue,
elle a formé les êtres.

Lorsque le sage homme
est élevé aux emplois,

Il devient le chef des magistrats.

Il gouverne grandement
et ne blesse personne.





La Voie Du Tao, Livre I — XXVIII – 31-32 —

Texte Proposé par Aron O’Raney

Saint Servule, Infirme Et Mendiant




Saint Servule (570)


Saint Servule fut un parfait modèle de soumission à la Volonté divine; il serait difficile d'en présenter un plus consolant aux personnes affligées par la pauvreté, les maladies et les autres misères de la vie.

C'est saint Grégoire le Grand qui nous raconte son édifiante histoire:


"Nous avons vu, dit-il, sous le portique qui mène à l'église Saint-Clément, un pauvre homme nommé Servule, que tout le monde à Rome a connu comme nous.

Il était privé de tous les biens de ce monde; une longue maladie l'avait réduit à un état pitoyable: depuis sa jeunesse, il était paralysé de tous ses membres.

Non seulement il ne pouvait se tenir debout, mais il était incapable de se soulever de son lit; il ne pouvait ni s'asseoir, ni se tourner d'un côté ou d'un autre, ni porter la main à sa bouche.

Rien en lui n'était sain que les yeux, les oreilles, la langue, l'estomac et les entrailles.


"Cet infortuné, instruit des mystères de la religion, méditait sans cesse sur les souffrances du Sauveur; aussi ne se plaignait-il jamais.

Il était environné des soins de sa mère et de son frère.

Ni la mère, ni les enfants n'avaient jamais fait aucune étude; cependant le paralytique s'était fait acheter des livres pieux, en particulier les Psaumes et les saints Évangiles, et il demandait aux religieux qui venaient le visiter sur son grabat de lui en faire des lectures.

Il apprit ainsi ces livres par coeur; il passait les jours et une partie des nuits à les chanter, à les réciter, à les méditer, et sans cesse il remerciait le Seigneur de l'avoir pris pour une victime associée aux douleurs et aux souffrances de Jésus-Christ.


"Beaucoup d'aumônes affluaient à la cabane du paralytique, en sorte qu'il se trouvait véritablement riche en sa pauvreté; après avoir prélevé ce qui était nécessaire à sa subsistance et à celle de sa mère, il donnait tout le reste aux indigents, qui se rassemblaient souvent près de lui pour s'édifier de sa parole et de ses vertus.

Son lit de douleur était une chaire de prédication d'où il convertissait les âmes.

Quand le temps fixé par Dieu pour récompenser sa patience et mettre un terme à sa douloureuse vie fut arrivé, Servule sentit la paralysie attaquer les parties vitales de son corps, et il se prépara à la mort.


"Au dernier moment, il pria les assistants de réciter les psaumes avec lui.

Tout à coup il poussa un grand cri:

"Ah! n'entendez-vous pas cette mélodie, qui résonne dans le Ciel!"

A ce moment son âme s'échappa de son corps, lequel répandit, jusqu'à sa sépulture, une odeur merveilleuse."



Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.





Billet proposé par Aron O’Raney

Raison et Passion






« De La Raison Et De La Passion ... »

Votre âme est souvent un champ de bataille
où votre raison et votre jugement affrontent
votre passion et votre appétit.


Puissé-je pacifier votre âme,
transformant ainsi la discorde et la rivalité
de vos éléments en unité et mélodie !


Mais comment le pourrais-je,
si vous-mêmes ne pacifiez votre âme,
bien plus, si vous n’éprouvez
de l’amour pour tous vos éléments ?


Votre raison et votre passion
sont gouvernail et voiles
à bord du navire de votre âme.


Si les voiles ou le gouvernail se brisent,
vous ne pourrez qu’être ballottés
allant à la dérive
ou rester ancrés en haute mer.


Car la raison, gouvernant seule,
est une force limitée.

Et la passion, livrée à elle-même,
est une flamme qui brûle
jusqu’à se détruire elle-même.


Laissez donc votre âme élever la raison
jusqu’à la hauteur de la passion
afin qu’elle puisse chanter ;

Et que votre âme dirige
avec la raison votre passion,
afin que celle-ci puisse vivre chaque jour
sa résurrection et,
tel le phénix, renaître de ses propres cendres.


Je voudrais que vous considériez votre jugement
et votre appétit,
comme vous le feriez de deux convives
aimés dans votre foyer.


Certes, vous ne voudriez pas
honorer l’un plus que l’autre.


Car se soucier davantage de l’un,
c’est perdre l’amour et la confiance des deux.


Parmi les collines,
quand vous êtes assis à l’ombre fraîche
des peupliers blancs,
en partageant la paix et la sérénité
des prés et des champs lointains,
que votre cœur dise en silence :

« Dieu repose dans la raison. »


Et lorsque vient l’orage,
que le vent impétueux ébranle la forêt
et que les tonnerres et les éclairs
proclament la majesté du ciel,
que votre cœur terrifié dise avec déférence :

« Dieu se meut dans la passion. »


Et puisque vous êtes un souffle
dans la sphère de Dieu
et une feuille dans la forêt de Dieu,
vous aussi devriez reposer
dans la raison et vous mouvoir dans la passion. »




Khalil Gibran
Le Prophéte, P 65,67
Billet proposé par Aron O’Raney

La Dernière Heure d'Ötzi






Ci-dessus, la momie d’Ötzi photographiée en 2000 au musée de Bolzano, en Italie, alors qu’un chercheur prépare des prélèvements d’échantillons. (AP /Augustin Ochsenreiter, S.Tyrol Museum of Archaeology/Sipa)


De nouvelles découvertes permettent de mieux comprendre les événements précédant la mort d'Ötzi, cet homme naturellement momifié et découvert dans les Alpes il y a vingt ans.


Une mort violente confirmée

Près de cent experts de presque tous les continents étaient réunis pour le « 2e Congrès sur la Momie de Bolzano » qui s'est tenue à l'Académie européenne de Bolzano du 20 au 22 octobre 2011.

Leur but tenter de mieux comprendre le déroulement de la dernière heure de cet homme qui a vécu il y a cinq mille ans.

« Ötzi se sentait suffisamment en sécurité pour prendre une pause, et s'installer devant un copieux repas.

Pendant son repos, il a été attaqué, abattu par une flèche et laissé pour mort, » explique Albert Zink, chercheur spécialisé dans les momies.

L'analyse du corps révèle qu'il aurait été abattu par-derrière d’une flèche qui lui a perforé le poumon gauche et sectionné une artère près de l’épaule, provoquant une hémorragie.

Mais de nouveaux examens réalisés sur des échantillons de cerveau ont aussi montré des séquelles d'un traumatisme crânien qui aurait pu aussi causer sa mort.

On ne sait pas encore s'il a été provoqué par un coup ou par une chute sur le crâne.

Selon les spécialistes, il n'y a aucune preuve permettant d'établir que le corps ait été enterré comme cela a déjà pu être suggéré.

La position du corps, avec un bras pointant vers le haut, et l'absence de traces de sépulture semblent indiquer un ensevelissement naturel.

Des interrogations sur sa présence en altitude

Si les chercheurs sont maintenant même capables de reconstituer le dernier repas d'Ötzi (céréales, bouquetin et pomme) ils s'interrogent encore sur sa présence dans ce glacier alpin italien, près de la frontière avec l’Autriche à 3200 mètres d'altitude.

Lors du Congrès, les spécialistes ont réfuté la théorie selon laquelle Ötzi était un berger qui accompagnait ses bêtes paître sur les sommets durant l'été.

En effet les dernières découvertes archéologiques et botaniques indiquent qu'il n'y avait pas de migration saisonnière du bétail à l'époque où il vivait « entre 3 350 et 3 100 av. J.-C. ».

La transhumance proprement dite n'a commencé que vers 1500 av. J.-C.

On se sait donc encore rien des raisons exactes de son voyage dans les sommets alpins.

Découvert en 1991 dans un état de conservation exceptionnel, avec ses habits et ses armes, Ötzi est depuis 1998 exposé au musée d’archéologie de Bolzano, en Italie.


Sciences et Avenir.fr26 novembre 2011 — Joël Ignasse —




Billet proposé par Aron O’Raney

Ciel Bas






C’est un amour qui va sur ses pieds de soie,
Heureux de son exil dans les rues.

Un amour petit et pauvre que mouille
une pluie de passage

Et il déborde sur les passants :
Mes présents sont plus abondants que moi.

Mangez mon blé,
Buvez mon vin,

Car mon ciel repose sur mes épaules
et ma terre vous appartient…


As-tu humé le sang du jasmin indivis
Et pensé à moi ?

Attendu en ma compagnie un oiseau à la queue verte
Et qui n’a pas de nom ?

C’est un amour pauvre qui fixe le fleuve
Et il s’abandonne aux évocations :

Où cours-tu ainsi,
Jument de l’eau ?

Sous peu, la mer t’absorbera.

Va lentement vers ta mort choisie,
Jument de l’eau !


C’est un amour qui passe par nous
Sans que nous y prenions garde.

Et il ne sait et nous ne savons
Pourquoi une rose dans un vieux mur nous disperse,

Pourquoi une jeune fille en pleurs à l’arrêt d’un bus,
Croque une pomme et pleure encore et rit :

Ce n’est rien, rien qu’une
Abeille qui vient de traverser mon sang…


C’est un amour pauvre qui contemple
Longtemps les passants et prend

Le plus jeune pour lune : Tu as besoin
D’un ciel moins élevé.

Sois mon ami et tu pourras contenir
L’égoïsme de deux êtres qui ne savent
A qui offrir leurs fleurs…


Il parlait peut-être de moi, peut-être
De nous, mais nous ne le savions pas.

C’est un amour…


Mahmoud Darwich —
Traduction : Saloua Ben Abda et Hassan Chami —
Billet proposé par Aron O’Raney

Hommage à la Vie





Nous avons la grande chance d’avoir un précieux corps humain qui est pourvu de toutes les qualités.

C’est le résultat d’un immense rassemblement de mérite et la base essentielle pour la pratique spirituelle.

Il faut être conscient de cette opportunité extrêmement rare à obtenir, car c’est uniquement dans cette existence humaine que l’on peut purifier le karma et atteindre l’état d’éveil ultime.

Malheureusement, les êtres humains consomment des aliments saturés de produits chimiques qui endommagent leur santé à long terme, et semblent ignorer tous les méfaits dus à l’absorption abusive d’alcool et de tabac qui détériorent totalement la force vitale.

Il y a actuellement un problème beaucoup plus grave que l’épuisement de la couche d’ozone, la pollution de la nature et la décimation des forêts tropicales.

C’est l’érosion du sol cultivable par l’abandon de la pratique ancestrale qui consistait à alterner des champs cultivés d’une saison à l’autre.

Afin de produire plus et de compenser la perte de temps, les industriels de l’agroalimentaire déchargent des quantités de produits chimiques dans la terre afin de la fertiliser plus rapidement.

En conséquence, ils sont en train d’éroder vraiment la réserve d’humus nutritif qui est disponible pour la croissance des plantes.

Dans la mesure du possible, il est donc important pour la santé de manger une nourriture extraite de culture biologique et de respecter son corps.

Bien que cela ne soit pas une obligation et si l’on a le choix, il est préférable d’être végétarien.

Dans le passé, j’ai eu l’occasion de visiter un élevage de poulets. Les pauvres volatiles étaient alignés par milliers dans des enclos qui ressemblaient à des camps de concentration.

Une autre fois, je suis allé voir un élevage de porcs. Les malheureuses bêtes étaient parquées presque les unes sur les autres et criaient à l’agonie.

Faut-il aussi parler des petits veaux arrachés à leurs mères, des poissons étripés vivants, des oies que l’on gave, etc.

Toutes les personnes qui ont élevé des animaux domestiques tels que les chiens, les chats, les oiseaux ou autres, ne contrediront certainement pas les maîtres spirituels de l’Orient quand ils affirment que les animaux ont une âme.

Maintenant, je voudrais aborder deux autres sujets d’actualité.

Tout d’abord, la prolifération du Sida.

Pour le moment, il n’y a guère que trois solutions : la fidélité des couples, tous les moyens de protection pour les célibataires et l’abstinence pour les êtres d’exception.

Ensuite, en ce nouveau siècle, ne serait-ce pas le paradis sur Terre si toutes les grandes puissances optaient pour le désarmement nucléaire de toutes les nations ?

D’après les experts scientifiques, il y a actuellement dans les arsenaux trois tonnes d’explosifs de T.N.T. par habitant de la planète.

Si l’énergie destinée à la fabrication des engins de destruction était utilisée pour les pays en voie de développement, il n’y aurait plus de pauvreté, de famine et de guerre.

Toutes les armes qui ont été abondamment vendues par le continent Nord au continent Sud, pourraient bien un jour nous retomber sur la tête.

L’union de toutes les religions, ainsi que l’action des multiples associations altruistes et apolitiques devraient avoir un impact déterminant pour la paix dans le monde.

Lors de l’une de ces rencontres, une femme m’a dit : « Ce sont les hommes qui déclarent la guerre et qui envoient nos enfants se faire tuer ! » J’ai pensé qu’il y avait là, matière à réflexion.

Finalement, il y a tellement de problèmes à régler dans ce monde qu’un livre entier ne suffirait pas à les décrire.

Si nous ne voulons pas que les générations futures nous fassent des reproches amers, il est maintenant grand temps de préserver la nature, de protéger les animaux et d’aimer son prochain autant que soi-même.

Un chercheur spirituel sincère ne peut pas nuire à la Vie, car il la perçoit comme étant sacrée et devient véritablement amoureux de toute l’humanité.



Lama Namgyal



Texte Proposé par Aron O’Raney

Crois En Toi






Souvent tu auras à avancer
porté par la foi,
incapable de voir
toutes les raisons de ton action,

Mais n’hésite pas
lorsque tu sais au fond de toi
qu’elle est juste.


Tu dois avoir foi pour être capable
de faire des pas dans l’inconnu,
Car il peut y avoir beaucoup

d’influences extérieures te tirant
d’un côté où de l’autre
jusqu’à te sentir déchiré.


C’est là que tu dois apprendre
à t’intérioriser et à savoir

Avec absolue certitude
que ce que tu fais

est guidé par Moi et sera
parfaitement mené à bien.


Cela demande une grande foi
et un grand courage
pour sortir du rang

Et suivre ces profondes
suggestions intérieures,
spécialement lorsque l’action

que tu fais apparaît comme
une pure folie aux yeux des autres.


C’est pourquoi tu ne pourrais pas
la faire sans une foi,
et une certitude intérieures totales.


Le choix repose
toujours entre tes mains ;

donc choisis et choisis juste,
ta main fermement dans la mienne.


Je ne te ferai jamais défaut
ni ne t’abandonnerai,


Mais JE guiderai chacun de tes pas !




Eileen Caddy
La Petite Voix, Méditations


Billet proposé par Aron O’Raney

L'ordre Des Chevaliers De Malte



Dans l'ordre : Les Chevaliers,
du Saint-Sépulcre, de Malte, Templier, d'Espagne, et Teutonique
Les Origines
L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem est fondé en 1113 en Palestine par Gérard Tenque pour soigner et protéger les pèlerins qui s'y rendaient.

Il devient un ordre religieux catholique, lors de sa consécration par la bulle du Pape Pascal II en 1113.

Gouvernés par un grand maître, les Hospitaliers faisaient vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.

Sur la demande de l’ordre, le pape Innocent II attribue aux Hospitaliers le drapeau à croix blanche en 1130 pour les différencier des Templiers qui portent la croix rouge.
En 1137, ils reçoivent de Foulques Ier, Roi de Jérusalem, la garde de la forteresse de Bath-Gibelin.

C'est le maître Hospitalier Raymond du Puy qui transforme l'Ordre charitable en ordre militaire vers l’an 1140, sans qu’il perde son rôle hospitalier.

En 1142, sur l’ordre de Foulques Ier, ils assurent la protection de la forteresse du krak des Chevaliers.

Après la perte de la Terre Sainte avec la prise de Saint Jean d'Acre en 1291, ils s'installent à Chypre la même année et conquièrent l'île de Rhodes sur les Byzantins en 1309.



Après la prise de Rhodes en 1522 par Soliman II le Magnifique, ils demandent un nouvel asile : Charles Quint leur cède l'île de Malte ; ils prennent alors le nom de Chevaliers de Malte.

Bien accueillis par les Maltais, les chevaliers améliorent les fortifications du fort Saint-Ange, sur le littoral méridional du Grand Port. Ces travaux s'avèrent, quelques années après, fort utiles.

En mai 1565, une puissante armée turque, groupant 38000 hommes montés sur 180 bateaux, apparaît au large des côtes de Malte.

L'île ne peut lui opposer que 9000 chevaliers et soldats maltais.

Soliman est décidé à faire disparaître l'ordre de Saint-Jean, et avec lui le christianisme, de la Méditerranée.

Pendant le violent assaut qui s'ensuit, et qui est appelé le Grand Siège, les deux parties adverses font preuve de courage.

Le fort Saint-Elme est le premier visé ; ses défenseurs l'abandonnent après une lutte qui dure près d'un mois :
1500 Maltais périssent.

De leur côté, les Turcs perdent 8000 hommes, parmi lesquels il faut citer le terrible Dragut, corsaire allié à Soliman.

Après cette bataille, les Turcs tentent de prendre le fort Saint-Michel, mais ils sont repoussés et subissent de lourdes pertes.

Ne se tenant pas pour battus, ils essayent ensuite de s'emparer du fort Saint-Ange.

Mais, après un engagement foudroyant, Soliman abandonne le siège le 8 septembre 1565, se retirant avec les survivants.


Ruines de la Cité des Chevaliers à Malte


Dans les années qui suivent l'héroïque défense de Malte, l'Ordre atteint l'apogée de sa gloire ; dans toute la chrétienté, les nobles cherchent à en grossir les rangs.

La capitale actuelle, La Valette, fondée en 1566, porte le nom de Jean Parisot de La Valette, grand maître de l'Ordre, qui défendit l'île pendant le Grand Siège.

Malte vit dans une relative indépendance sous l'influence des chevaliers ; ceux-ci ont leur armée, frappent monnaie et envoient des représentants diplomatiques aux cours d'Europe.

À la fin du XVIe siècle, les Maltais se distinguent de nouveau à la guerre.

Conduits par les chevaliers, des soldats de l'île prennent part à la victoire chrétienne de Lépante en 1571.

Mais, peu à peu, pour différentes raisons, l'esprit de l'Ordre s'altère.




En 1798, un Allemand, Ferdinand von Hompesch, vingt-huitième et dernier grand maître des chevaliers de Saint-Jean, se rend à Bonaparte après une résistance symbolique.

Les Français promulguent plusieurs lois impopulaires qui engendrent des soulèvements.

Les Maltais font appel à l'amiral anglais Nelson ; en peu de temps, avec l'aide des troupes britanniques, les troupes françaises sont défaites.

Le Traité d'Amiens, signé en 1802, rend l'île aux chevaliers de Malte, mais, sous la pression du gouvernement anglais, les Maltais demandent à être placés sous la protection de la Couronne britannique.

Ils sont prêts à reconnaître le roi d'Angleterre comme souverain, sous certaines conditions, telles que le maintien de la religion catholique.

Les Anglais acceptent cette offre et reconnaissent les Maltais comme sujets britanniques.

Au cours des ans, la Grande-Bretagne bâtit un arsenal entièrement équipé et concentre une flotte puissante dans les ports de l'île, ce qui en accroît la prospérité, en particulier pendant la guerre de Crimée et après l'ouverture du canal de Suez.

Durant la Première Guerre mondiale, l'Angleterre a l'occasion de mesurer l'importance de l'île comme base stratégique.

Malte fournit aux flottes alliées la possibilité de s'approvisionner en combustible ; elle constitue, en outre, un vaste hôpital.


L'ordre De Malte Aujourd'hui


L'Ordre de Malte entretient des relations diplomatiques avec quatre-vingt-quatorze pays.

Il est officiellement représenté auprès des principaux États européens, ainsi qu'à la Commission européenne, à l'OMS et à l'UNESCO.
L'Ordre étant souverain, il peut émettre Timbres, Monnaie, Passeports, et avoir ses ambassadeurs ; cependant, sa souveraineté est toute relative, car limitée et sans territoire, il est dépendant du Vatican.

L'Ordre de Malte est toujours officiellement militaire, même s'il n'a plus d’armée ; il est toujours catholique, et son Grand Maître a le rang de Cardinal.

Avant tout hospitalier ; sa fonction est encore bien réelle, elle fait de l'Ordre de Malte le plus ancien organisme humanitaire ; il est en quelque sorte la « Croix Rouge » Catholique.



La fête de l'Ordre de Malte a lieu le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 Juin. Tous les ans, les chevaliers français se réunissent ce jour-là au château de Versailles.

Jean Baptiste est en effet le saint protecteur de l'Ordre de Malte.

Il existe d'autres ordres de Saint-Jean ; ils ont tous la même croix dite de Malte.

Nombre de ses membres appartiennent à de vieilles familles, Bourbon, La Rochefoucauld, Polignac, Comminges en France ; l'on y trouve également, Juan Carlos, Albert de Monaco, Valéry Giscard d'Estaing, ou Emmanuel-Philibert de Savoie…

L'ordre des Chevaliers de Malte siège aujourd'hui à Rome.





Billet proposé par Aron O’Raney