La Symbolique Du Labyrinthe, Quelques Aspects...

Thésée et le Minotaure – Mosaïque romaine de Rhétie
Le labyrinthe ce tracé complexe, se retrouve à l’état de nature, dans les couloirs d’accès de certaines grottes préhistoriques, il est donc ainsi apparu dès la préhistoire.

Il se retrouve par ailleurs, dans de très nombreuses civilisations, mais aussi sous différentes formes.

Le labyrinthe dans la mythologie grecque, est le palais crétois de Minos où était enfermé le Minotaure, et où Thésée ne put sortir qu’à l’aide du Fil d’Ariane. Elle représente la série complexe de galeries construites par Dédale pour enfermer le Minotaure.


Au Moyen Âge, le labyrinthe se retrouve dans les Eglises et cathédrales ; il est dansé de la Grèce à la Chine, il était connu en Egypte, et on l’a rapproché du Mandala Bouddhiste.

Labyrinthe de la cathédrale d’Amiens

Le principe du labyrinthe est de circonscrire dans le plus petit espace possible l’enchevêtrement le plus complexe de sentiers pour masquer et retarder la découverte du centre d’intérêt.

Le labyrinthe inspire aussi l’idée d’épreuves, ou de difficultés rencontrées dans un cheminement.

Le mythe du Labyrinthe

Le cercle dans lequel s'inscrit le labyrinthe symbolise l'unité, la perfection : il renvoie à la finitude de la vie.

Il s'agit d'une double représentation de l’Homme et de sa condition :

Il représente l’Homme obscur à lui-même, qui se perd en essayant de se connaître. Il symbolise l’âme humaine dans sa complexité, en proie au mal, incarné par le Minotaure, l’être monstrueux, dont la rencontre se révèle fatale.
Il représente aussi l’Homme face à l’univers, perdu, ne sachant d’où il vient, qui il est, ni où il va, il cherche à sortir de cet état, en trouvant les réponses à ses questions.
Symbole initiatique

Le labyrinthe est un archétype de la Connaissance. Il représente les épreuves initiatiques discriminatoires, préalables au cheminement vers un centre occulté. Le labyrinthe permet l'accès à cette finalité du Centre, grâce au voyage initiatique, interdit à ceux qui n'ont pas les « qualités » requises.

Le passage d'un univers à l'autre s'effectue au prix de cette traversée, qui s'accomplit selon les directives consignées dans les rites et traditions.

Symbole Kabbalistique et Alchimique

Dans la tradition kabbalistique reprise par les alchimistes, le labyrinthe remplit une fonction magique. Il serait l’un des secrets attribués à Salomon il est défini comme le « travail entier de l’Oeuvre ». Le parcourir signifie affronter les innombrables détours intérieurs de ses émotions et apprivoiser son intuition pure.

C'est pourquoi le labyrinthe des cathédrales serait appelé labyrinthe de Salomon.

Aux yeux des alchimistes, il serait une image du travail entier de l'œuvre avec ses difficultés majeures. Celle de la voie qu'il convient de suivre pour atteindre le centre, où se livre le combat des deux natures ; celle du chemin que l'artiste doit tenir pour en sortir.

L'aller et le retour dans le labyrinthe seraient le symbole de la mort et de la résurrection spirituelle.

Le Labyrinthe Symbolique

Le labyrinthe est un puissant symbole. Il est insaisissable et son aura fascinante repose sur le flou symbolique qui l’entoure. Figure originelle, géométrique, sacrée ou magique, il est d’abord la représentation d’une philosophie humaine.

Les civilisations le manipulent comme une incarnation de leurs conceptions du monde et de la vie. Un sens profond se cache peut-être à l’intérieur de l’homme.


L’étymologie nous livre quelques pistes pour tenter de résoudre cette énigme. Labyrinthe ou « laborintrus » comporte la racine latine « labor » qui signifie travail dans le sens d’effort.

Plusieurs mots découlent de ce terme. « Labrum » peut se traduire comme « le sillon ouvert » par le « labrus » qui est le nom donné à une hache à double tranchant. Cette arme servait à séparer les antagonismes que sont le Bien et le Mal, le haut et le bas, le profane et le spirituel.

Le labyrinthe s’apparente à une frontière invisible. Il s’agit d’un champ de bataille où des forces contraires luttent pour imposer leur souveraineté à la surface du monde.

Labyrinthe végétal au parc Schönbusch à Aschaffenburg – Allemagne

Pour mieux appréhender le mystère du labyrinthe, il faut comprendre que son voyage dans le temps l’a rendu polysémique. Les différentes civilisations, l’ont chargé du symbolisme propre à leur époque et à leur façon d’être.

Le labyrinthe souterrain de Crète est un élément à part entière de la naissance de l’homme. Sa forme d’utérus accueillait les cultes consacrés à la Terre, la Déesse mère, fécondée par une Déité indifféremment baptisée Zeus ou Dieu.

Trois enfants possédant les trois qualités originelles de l’homme naquirent de l’union. Le labyrinthe est la matrice où l’homme fut conçu et vit le jour. Il se forma physiquement et spirituellement dans le ventre maternel avant de s’épanouir au soleil.

Pour les Hopis, ce peuple amérindien, le labyrinthe ou « tāpu’at » est un symbole ancien et fort. De forme carrée ou circulaire, il figure « la mère et l’enfant » et représente la renaissance spirituelle en tant que concept fondamental de leur pensée religieuse. Aujourd’hui, il décore encore la production artisanale de ce peuple.

Le labyrinthe-utérus de l’antiquité grecque est remplacé par le labyrinthe-cerveau et aérien au Moyen-Âge.

Le dédale concrétise l’essence de la vie selon le précepte ecclésiastique. La forme circulaire est inspirée du cheminement spirituel vers Dieu. Une pensée dissidente relie les méandres labyrinthiques aux égarements existentiels. Elle postule que la voie du Christ et de la Vierge est l’unique voie du Salut. La Purgation survient pendant l’accession au Centre, et l’union consiste à sortir du labyrinthe, uni à Dieu.

Labyrinthe moderne de pierre sur eau à Nimègue – Pays-Bas

Apparenté, au labyrinthe Le mandala du bouddhisme se décline sur une multitude de supports.

La franc-maçonnerie privilégie l’image de la recherche du centre individuel.

La voie unique sur les pavements des cathédrales n’égare pas le voyageur, mais le conduit, elle est la voie à suivre.

Le labyrinthe où l’on se perd est une épreuve fondatrice, le voyageur est formé par son errance et ses choix d’orientation.

Le Centre du labyrinthe reste mystérieux il s’enrichit des aspirations propres à chacun.

Léonard de Vinci le saisit comme la combinaison de la spirale et de la tresse qui exprime l’infini.

La géométrie labyrinthique est sacrée et renvoie à des nombres irrationnels et symboliques.

La division de l’édifice en quatre secteurs suggère par exemple les croix chrétiennes ou druidiques; elle rappelle aussi les quatre saisons, les quatre éléments, et les quatre points cardinaux.

Symbole de défense, Le labyrinthe a été utilisé, pour la défense d’un territoire, d’une ville, d’un village, d’un tombeau, d’un trésor, contre les menaces humaines, ou les influences maléfiques.

Dans le jeu de l’Oie, le labyrinthe est la représentation miniature de la vie et des règles qui la régissent.

Le labyrinthe s’insinue dans le quotidien et l’inconscient individuel. Dans un rêve, il est généralement annonciateur d’une révélation.

Le sens caché du labyrinthe est peut-être enfoui dans l’homme, et La solution se trouve alors dans l’aventure intérieure si l’on accepte de se perdre.


Texte Proposé par Aron O’Raney

Le Chant Du Soleil



Dans le coeur des amants qui boivent la lie,
Brûlent les désirs ardents.

Dans le for intérieur des sages au coeur sombre,
Il y a des réfutations.

La raison dit : "Ne pose pas ici le pied,
car dans l'anéantissement,
Il n'y a que des épines."

L'amour répond à la raison :

"C'est en toi-même que se trouvent les épines."

Oh ! reste silencieux,

arrache l'épine de l'existence de ton coeur,
Afin de découvrir dans ta propre âme des roseraies,

Ô Sham Tabrîzî !
Tu es le soleil caché dans le nuage des lettres.

Quand ton soleil s'est levé,
Se sont effacées les paroles.

Je suis devenu comme une prière,
Par tant de prières que j'ai faites ;
Quiconque voit mon visage me demande de prier pour lui.

Mais à tes yeux, j'ai la couleur des impies,
Car tes yeux qui tuent sans merci quand ils me voient cherchent la guerre.

Si la séparation d'avec toi me tue,
je lui pardonne :
Quel prix du sang peut réclamer à celui qui le tue

Le captif mis à mort dans la guerre sainte ?
Je t'ai salué, je t'ai prêté un serment d'allégeance,
Tu m'as dit : "Comment es-tu ?"

Je suis dans l'état du pauvre cuivre
Qui appelle la pierre philosophale.

Le portrait est tel que l'a fait le peintre ;
Le corps blessé est tel qu'il réclame le remède.

Que tes paroles ne soient pas
Comme l'ombre devant le soleil !

Les poussières s'enfuient de l'ombre
Et cherchent un rayon de lumière.

Oh ! la générosité et la bienfaisance de Shams de Tabrîz !

Le soleil de la voûte azurée lu réclame un don.
Celui à qui s'est dévoilé le mystère de l'amour,

Celui-là n'est plus, car il s'est effacé dans l'amour.
Place devant le soleil la chandelle ardente
Et vois comme son éclat disparaît devant ces lumières :
La chandelle n'existe plus,
La chandelle s'est transmuée en lumière.

Il n'y a plus de signes d'elle,
Elle-même est devenue signe.
Il ne va de même pour du feu corporel
dans la lumière de l'esprit :

Il ne reste pas feu, il devient cette flamme.
Le ruisseau court à la recherche de l'océan ;

Il se perd quand il s'est noyé dans l'océan.
Tant que la recherche existe, le cherché n'est pas connu ;

Quand l'objet de la recherche est atteint,
Cette recherche devient vaine.
Donc, tant que la recherche existe,
Cette quête est imparfaite.

Quand la recherche n'est plus,
Elle acquiert alors la suprématie.
Tout être sans amour qui cherche un turban
Est dépourvu de tête ne sont alors pour lui qu'une épine.

Comme moi, il est devenu,
dans la passion qu'inspire Shams-od-Dîn,
Celui qui dans son coeur recèle tous ces secrets.



Djalâl ad-Dîn Rûmî


Le Chant du soleil de Rûmî –
Eva de Vitray-Meyerovitch, Marie-Pierre Chevrier –
Texte Proposé par Aron O’Raney

J'ai Tant Rêvé De Toi




J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant,
Et de baiser sur cette bouche la naissance,
De la voix qui m'est chère ?


J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués,
En étreignant ton ombre,
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas,
Au contour de ton corps, peut-être.

Et que,
Devant l'apparence réelle de ce qui me hante,
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.

O balances sentimentales.


J'ai tant rêvé de toi, qu'il n'est plus temps,
Sans doute que je m'éveille.

Je dors debout, le corps exposé,
A toutes les apparences de la vie,
Et de l'amour et toi,
La seule qui compte aujourd'hui pour moi,

Je pourrais moins toucher ton front,
Et tes lèvres, que les premières lèvres,
Et le premier front venu.


J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme,
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme

Parmi les fantômes et plus ombre,
Cent fois que l'ombre qui se promène,
Et se promènera allègrement,
Sur le cadran solaire de ta vie.



Corps et biens.



Robert Desnos (1900-1945)

Texte Proposé par Aron O’Raney

Ne Croyez Pas Surtout...



Il ne faut pas croire que ce sont nécessairement les gens de bien qui soulignent la malhonnêteté,
l’injustice et la méchanceté chez les autres.

Au contraire, ce sont souvent ceux qui ont ces défauts qui les voient partout :
ils sont toujours critiques et soupçonneux, parce qu’ils jugent le monde entier à travers eux.

Et inversement, ceux qui possèdent de grandes qualités morales ne remarquent pas tellement les défauts de leur entourage,
car ils voient les autres à travers les qualités qu’ils possèdent, eux.

Chaque être humain ne peut voir qu’à travers ses propres yeux,
et c’est lui qui façonne ses yeux par ses pensées et ses sentiments.

Si vous rencontrez des gens qui ne vous parlent que des défauts des autres,
sachez que, d’une façon ou d’une autre, c’est d’abord sur eux-mêmes qu’ils vous font des révélations.

S’ils possédaient la noblesse, la bonté, l’honnêteté et surtout l’amour,
ils trouveraient aussi chez les autres toutes ces bonnes qualités.

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Texte Proposé par Aron O’Raney

La Femme Et Le Sage




Il était une fois, dans la Chine ancienne,
un sage que sa femme ne cessait de tourmenter par ses récriminations :
"Qu'est-ce que tu gagnes avec tes pensées ?

nous avons tout juste de quoi vivre,
Et j'use ma jeunesse dans les soucis du ménage.

Je veux de beaux vêtements et des bijoux,
Je veux me distraire comme les femmes de mon âge."

Fatigué de ces scènes, le sage finit par lui dire :

"Eh bien, si tu trouves un homme avec qui tu penses être plus heureuse,
Quitte-moi, je ne te retiens pas."

Et c'est ce qu'elle finit par faire...

Or quelque temps plus tard, le vieil empereur mourut.
Il n'avait pas d'héritier.

Après avoir cherché à travers tout le pays,
Un homme digne de lui succéder, on finit par découvrir ce sage,
Et on le fit empereur.

Quand sa femme l'apprit, elle vint le voir et lui dit :

"Je comprends maintenant combien j'ai été sotte et légère
En ne sachant pas apprécier tes qualités.
Mais j'étais jeune, pardonne-moi.
Je veux revenir avec toi."

Lui calme, sans lui faire le moindre reproche,
ce tournant vers un serviteur, dit :

"Apporte-moi une coupe de la liqueur la plus précieuse.

Lorsqu'il eut la coupe,
il la vida par terre et dit à sa femme :

"Recueille cette liqueur.
Si elle est aussi pure qu'avant, j'accepte de te reprendre"

Et la femme pleura, elle savait que ce n'était pas possible !


Une Légende Taoïste -


Texte Proposé par Aron O’Raney

Dieu Fait Tout Pour Le Mieux




Un monarque hindou avait un ministre qui était célèbre pour sa sagesse, et qu'on venait consulter de loin.

A tous ceux qui, dans le désespoir et le malheur, lui demandaient conseil, il disait invariablement :

– Dieu fait tout pour le mieux.

Un jour, le roi emmena son ministre à la chasse, dans la jungle.

En traquant un fauve, le souverain et le sage furent séparés de la suite royale, et finirent par s'égarer au cœur de l'immense forêt.

Vers midi, la chaleur devint accablante.

Harassé, affamé, le roi s'écroula de découragement à l'ombre d'un arbre.

– Ministre, gémit-il je suis à bout de force et j'ai affreusement faim !

Essaye de me trouver quelque chose à manger.

Le ministre alla cueillir des fruits qu'il offrit à son maître, mais celui-ci, dans un accès de fébrilité gloutonne, fit un faux mouvement avec son couteau et se trancha un doigt.

– O. ministre, que j'ai mal ! cria-t-il, en serrant son membre mutilé qui saignait abondamment.

L'autre se contenta de dire paisiblement :

– Dieu fait tout pour le mieux.

Ces paroles eurent le don d'exaspérer le roi, déjà furieux de sa mésaventure.

Fou de rage, il bondit sur le ministre et le roua de coups en hurlant :

– Misérable crétin ! J'en ai assez de ta philosophie !

je suis en proie aux pires souffrances, et ce que tu trouves à dire pour me soulager, c'est :

Dieu fait tout pour le mieux ! Va t-en au diable !

Je ne veux plus jamais te voir ni entendre parler de toi !

Le ministre se retira aussitôt, en répétant tranquillement :

Dieu fait tout pour le mieux !

Resté seul, le monarque se confectionna un bandage avec un lambeau de sa tunique, en roulant d'amères pensées.

Soudain, deux robustes gaillards surgissant des fourrés se précipitèrent sur lui et le ligotèrent promptement.

Le roi n'était guère en état de se battre, et ces hommes étaient des colosses.

– Quelles sont vos intentions ? Que voulez-vous de moi ?

Demanda le souverain effrayé.

– Nous allons t'offrir en sacrifice à notre grande déesse Kâli.

Chaque année à cette même date, nous avons coutume de lui rendre ainsi hommage.

Et nous cherchions justement une victime convenable quand un hasard propice nous a guidé vers toi.

– C'est impossible ! protesta le captif horrifié.

Vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! Je suis le roi de ce pays ! vous devez me relâcher !

– Ah ! Fort bien ! s'esclaffèrent les deux géants.

Notre vénérable Kâli sera particulièrement contente, lorsqu'elle verra quel personnage important nous lui offrons cette année !

Allons suis moi ! Toute résistance est inutile.

Le monarque atterré, fut traîné jusqu'au temple de la déesse et placé sur l'autel.

Le prêtre s'apprêtait à lever son poignard, lorsqu'il remarqua le bandage encore tout maculé que portait la victime.

Ayant constaté qu'un morceau de doigt manquait au prince, il le fit sur-le-champ libérer, en disant :

– Cet individu n'est pas digne de notre grande déesse !

Nous devons offrir à Kalî un homme entier, parfaitement constitué.

Celui-ci ne convient guère. Qu'il s'en aille !

Le roi se hâta de déguerpir, ravi d'avoir échappé de justesse à un sort si funeste.

Et il se mit à songer aux paroles de son ministre :

Dieu fait tout pour le mieux.

Ne serait-il pas maintenant dépecé sur l'autel de Kalî, s'il ne s'était coupé un doigt par une heureuse inadvertance ?

Se reprochant vivement la manière dont il l'avait insulté et brutalisé son conseiller, il sillonna la forêt en appelant le ministre, afin de réparer au plus vite son injustice.

Il finit par découvrir le sage qui méditait dans une clairière.

Le roi l'embrassa en le suppliant de lui pardonner son erreur.

Puis il lui raconta son aventure, et comment les adorateurs de Kâli l'avaient relâché, grâce à sa mutilation.

– Sir, je n'ai rien à vous pardonner, dit le ministre, et vous ne m'avez nullement offensé.

Bien au contraire, c'est moi qui vous dois la vie.

Si vous ne m'aviez pas chassé, j'aurais été capturé avec vous, et les sectateurs de la déesse m'auraient forcément immolé à votre place, puisque mon corps est intact.


Ainsi vraiment, Dieu fait tout pour le mieux !



Swami Ramdas
Texte Proposé par Aron O’Raney

Evocation de Mahmoud Darwich, « Le Poète Des Vaincus »


Mahmoud Darwich avait reçu à La Haye le prestigieux prix Prince Claus pour « son oeuvre impressionnante ». 
Crédits photo : AFP



Le poète palestinien Mahmoud Darwich, considéré comme l’un des plus grands écrivains arabes, est mort samedi à Houston, aux Etats-Unis, où il venait de subir une opération à cœur ouvert (AFP du 9 Août 2008).

Mahmoud Darwich est né le 13 mars 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd'hui dans le nord d'Israël.
Agé de 67 ans, il était l'un des plus grands poètes de langue arabe contemporains, avec une oeuvre au grand lyrisme marquée par les drames de l'exil et de l'occupation vécus par le peuple palestinien.
Mahmoud Darwich se trouvait dans un état critique à la suite d'une intervention chirurgicale, avait dit plus tôt un responsable de cet établissement.
Selon des proches du célèbre poète palestinien, ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi et se trouvait sous assistance respiratoire suite à des complications.
Il avait déjà subi deux opérations du coeur en 1984 et 1998.
Il avait acquis une notoriété internationale, avec près de trente ouvrages traduits en quarante langues. Son célèbre poème de 1964, « Identité » (« Sajjel: Ana arabi »), sur le thème d'un formulaire israélien obligatoire à remplir, deviendra un hymne repris dans tout le monde arabe.
Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants sont forcés à l'exil.
La famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël.
Après ses études (en arabe et hébreu) dans des écoles arabes israéliennes, Darwich s'installe à Haïfa, le grand port du nord d'Israël, où vit une importante communauté arabe.

Assigné à résidence
En 1960, à l'âge de 19 ans, il publie son premier recueil de poésie « Oiseaux sans ailes ».
Un an plus tard, il rejoint le Parti communiste d'Israël, une formation judéo-arabe.
Il rêve encore de révolution et d'internationalisme et exprime dans sa poésie une identité palestinienne encore niée à l'époque.
Il est assigné à résidence durant de longues périodes.
Début des années 1970, il choisit l'exil. Il part pour Moscou étudier l'économie politique puis se rend au Caire en 1971.
À Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) rejoignant l'organisation alors en guerre avec Israël.
Après la guerre israélienne au Liban durant l'été 1982, qui a forcé la direction de l'OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l'exil: Le Caire, Tunis puis Paris.
En 1993, il démissionne de l'OLP pour protester contre les accords d'Oslo, estimant qu'ils n'apporteront pas une « paix juste » pour les Palestiniens.
Le poète se rend en 1995 dans la bande de Gaza après l'avènement de l'Autorité palestinienne, avant de s'installer à Ramallah, en Cisjordanie. En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d'Israël pour la première fois depuis son exil afin d'assister aux funérailles de l'écrivain arabe israélien Emile Habibi.
En 2000, le ministre israélien de l'Education propose que deux poèmes de Darwich soient inclus dans les programmes scolaires israéliens.
Mais le premier ministre Ehud Barak refuse alors que la droite rappelle que Darwich a écrit en 1988 un poème appelant les Israéliens à mourir où ils veulent « mais pas chez nous ».
– Un poète pas une cause
Ses poèmes, qui, lors de ses années à l’étranger, entraient en Palestine, dit-on, « sur un nuage », et dont les plus célèbres sont Identité, Rita ou Je me languis du pain de ma mère, marquent profondément des générations entières, dans son pays et au-delà.

Ils ont fait l’objet d’adaptations théâtrales et ont été mis en musique par le chanteur libanais Marcel Khalife.

Ses vers sont parfois devenus des slogans, l’amenant à développer des réflexions fines et souvent empreintes d’humour sur les liens qu’entretiennent poésie et politique.

Il se définissait comme le poète des vaincus —

Comme un « poète troyen », c’est-à-dire comme « l’un de ceux à qui l’on a enlevé jusqu’au droit de transmettre leur propre défaite ».

Mais il refusait d’être réduit au rôle de porte-parole de la cause palestinienne, ou de subordonner son art aux exigences de la lutte de libération nationale ;

Ce qui, à terme, assurait-il, n’aurait pu que desservir l’un comme l’autre.

En juillet 2007, il retourne en Israël lors d'un récital donné à Haïfa, devant une foule considérable composée notamment de la plupart des députés arabes de la Knesset le parlement israélien.
À cette occasion, il ironise amèrement sur la prise du contrôle du mouvement islamiste Hamas de la bande de Gaza:
« Nous avons triomphé. Gaza a gagné son indépendance de la Cisjordanie.
Un seul peuple a désormais deux Etats, deux prisons qui ne se saluent pas. Nous sommes des victimes habillés en bourreaux ».
Le poète critique également la « mentalité israélienne de ghetto » et la politique israélienne qui empêche la création d'un Etat palestinien viable.
Plus récemment, au festival des musiques du monde d'Arles en juillet dernier, il a confié préférer les thèmes universels de l'amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de ses débuts et vouloir être lu « comme un poète », « pas comme une cause ».
Lauréat du prix Lénine de l'ex-URSS, chevalier des Arts et des Lettres en France, il avait reçu à La Haye le prestigieux prix Prince Claus pour « son oeuvre impressionnante ».
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, va envoyer un avion aux Etats-Unis afin de ramener la dépouille du poète.
Une cérémonie aura lieu à Amman puis le corps sera transporté à Ramallah, en Cisjordanie.
Des responsables palestiniens doivent aussi demander aux autorités israéliennes que le défunt puisse être enterré dans sa Galilée natale.
L'Autorité palestinienne a décidé un deuil national de trois jours à la suite du décès du poète.
 
AFP - 9 Août 2008 –
Texte Proposé par Aron O’Raney

Anubis, Le Passeur entre Deux Rives






Anubis et la rencontre de l'âme mortelle

Cela commence au moment de la mort, quand le « Ka » et le « Ba » se sont séparés.

L’âme du défunt est accueillie aux portes de l’Amenti par Anubis.

Anubis et l’âme du défunt prennent alors la direction des confins du monde, vers l’une des Quatre montagnes qui soutiennent le ciel.

Tous les deux embarquent dans le bateau à Kheper, et entament la descente de la galerie de la nuit où coule le fleuve de l’enfer, Dans des eaux turbulentes.

Le serpent Apophis veut faire obstacle à l’embarcation,

Des babouins tentent de capturer le défunt avec des filets,

Pour toutes ces épreuves Anubis est le protecteur.

Pour sortir de ce royaume, il y a Sept portes à ouvrir, et chacune d’elle est gardée par une divinité.

Inpou aide le défunt à trouver les paroles magiques nécessaires à leur ouverture.

« Ouvrez la porte, soyez mes gardes », crie le défunt.

Après ce sont Sept pylônes que le défunt doit franchir.

Aprés avoir passé le dernier, l'âme toujours accompagnée d'Anubis arrive à la gigantesque, salle de justice d'Osiris.

En son milieu s'élève une pyramide à degrés, qu’il faut encore gravir.

A son sommet se dresse le trône d’Osiris, et devant lui se trouve la balance, qui est l’instrument de son jugement.


La pesée de l'âme

L’âme est seule face à son jugement.

Les Deux juges sont Maât, la déesse de la vérité et de la justice, et Thot qui enregistre le résultat.

Quarante deux assesseurs écoutent le jugement du mort.

Le coeur est placé sur un des plateaux de la balance et Maât dépose sa plume sur l’autre plateau.

Si chargé des péchés le coeur est plus lourd que la plume, il sera la proie de la « dévoreuse », une lionne à tête de crocodile. En égyptien cette divinité s’appelle Ammout.

Si le coeur est aussi léger que la plume de Maât, les portes de l’éternité s’ouvriront alors devant lui.


C’est à cet instant que s’achéve la mission d’Anubis.

Il lui faut retourner aux portes de l’Ammenti où d’autres morts l’attendent Déjà.



Texte Proposé par Aron O’Raney

La Conduite Éthique




« Trouver des défauts chez autrui et des qualités chez soi, ceci est un très grand défaut.
Trouver des qualités chez autrui et des défauts chez soi, ceci est une très grande qualité »
Proverbe Tibétain.



La conduite éthique est semblable à la Terre qui supporte tous les êtres et toutes les choses. Il est enseigné qu’elle est le fondement de toute voie spirituelle authentique.

On peut considérer qu’elle a trois aspects :

- le premier qui consiste à éviter de faire le mal, ce qui permet de stabiliser l’esprit

- le second qui est de faire le bien, ce qui développe les qualités en soi

- Le troisième qui est l’activité qui consiste à faire évoluer les êtres spirituellement, ce qui les amène à l’éveil parfait.

Il y a dix actes négatifs à abandonner et dix actes positifs à pratiquer.

Les dix actes nuisibles :

1. Oter la vie consciemment à quelque être que ce soit, même s’il s’agit d’une petite créature, car quand il s’agit de la vie, il n’y a ni grand ni petit. Il est très négatif de tuer les êtres, en faisant la guerre par exemple ; mais il est aussi très nuisible de tuer les animaux uniquement pour le plaisir, comme dans la chasse et la pêche.

2. Prendre directement ou indirectement, le bien d’autrui lorsqu’il ne nous a pas été donné ou proposé. C’est le fait de voler les possessions ou propriétés des autres, quelle que soit la grandeur ou l’importance de la chose appropriée.

3. Avoir une conduite sexuelle incorrecte. Par exemple avec un partenaire inapproprié, à un moment ou en un lieu qui ne convient pas.

4. Tromper les êtres avec nos paroles. C’est le fait de mentir ou de falsifier la vérité.

5. Créer la discorde entre les êtres, mais aussi entre les groupes, les races, les nations...

6. Calomnier, ou médire, en exposant formellement les fautes des autres ou en essayant de dévoiler les défauts de quelqu’un.

7. Bavarder inutilement dans le sens de s’engager dans des discussions qui ne servent à rien.

8. Convoiter les possessions, la position sociale, le succès d’autrui, sous l’effet de la jalousie.

9. Avoir de la malveillance envers les êtres, c’est-à-dire ne pas être mécontent de leur bonheur, ou de leur bonne fortune.

10. Entretenir de vues fausses en ce qui concerne les vérités énoncées par les grands Maîtres réalisés.

Les dix actes bénéfiques :
1. Sauver la vie des êtres humains ou des animaux.

2. Pratiquer la générosité matérielle telle que donner de la nourriture, des vêtements, des biens matériels, etc.

3. Préserver une conduite éthique pure comme par exemple la fidélité conjugale.

4. Dire la vérité sans détournement.

5. Créer l’harmonie ou la paix, entre les êtres.

6. User de paroles bénéfiques et agréables.

7. Parler à bon escient, discuter sur des sujets utiles.

8. Eprouver le contentement de ce que l’on est et de ce que l’on a. Se réjouir également du bonheur matériel ou spirituel d’autrui.

9. Avoir uniquement de la bienveillance envers les êtres.

10. Ne pas dénigrer les autres religions ou traditions, et maintenir sa foi en la loi du KARMA et de la RÉINCARNATION par exemple.

En résumé, il s’agit d’abandonner tout acte nuisible et de pratiquer tout acte bénéfique au moyen de notre corps, notre parole et notre esprit.

Le résultat de la conduite vertueuse se situe sur deux niveaux.

Au niveau relatif, elle procure confort et bonheur dans la vie présente qui se manifeste naturellement sans effort.

Au niveau ultime, elle permet d’atteindre sans aucun doute l’éveil insurpassable dans nos existences futures.

Il est bien aussi de prendre soin de son corps physique en évitant d’absorber des substances nocives telles que le tabac, l’alcool et tout intoxicant, qui ont également un effet négatif sur l’esprit.

En résumé, il ne faut nuire ni à soi-même ni à autrui.



Lama Namgyal



Texte Proposé par Aron O’Raney

Saint-Alphonse-Rodriguez, Jésuite



Frère coadjuteur de la Compagnie de Jésus (1531-1617)

Saint-Alphonse-Rodriguez, fils d'un riche marchand drapier, naquit à Ségovie, en Espagne.

Après avoir fait ses études au collège d'Alcala, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus, il retourna à Ségovie à cause du décès de son père et dut s'occuper de l'administration des biens familiaux.

Après avoir essuyé des revers de fortune, perdu sa femme et sa fille en l'espace de quelques mois, Alphonse Rodriguez abandonna le soin des affaires et se retira dans une chambre avec son fils à peine âgé de trois ans.

Plein de sollicitude pour l'âme de son enfant, il pria Dieu de l'appeler à Lui s'il devait un jour L'offenser.

Le Seigneur ravit ce petit ange à sa tendresse quelques jours après sa fervente prière.

Durant six ans, Saint Alphonse pratiqua dans le monde toutes les vertus chrétiennes. À l'âge de trente-sept ans, de plus en plus absorbé dans la pensée de la mort et de son salut éternel, il ne songea plus qu'à entrer dans un Ordre religieux.

Sur le conseil d'un Père de la Compagnie de Jésus, il commença à étudier le latin, mais le succès ne répondit pas à ses efforts. Laissant ce projet de côté, il pensa à se retirer auprès d'un ermite de Valence, mais son confesseur l'en dissuada.

Âgé de trente-neuf ans, Alphonse entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, au couvent de St-Paul de Valence où on l'admit en qualité de Frère coadjuteur.

Ses premiers pas dans la vie religieuse révélèrent le haut degré de vertu où il était déjà parvenu. Son humilité que rien ne pouvait déconcerter, sa patience devant les exigences les plus indiscrètes ou les reproches les moins mérités, sa scrupuleuse obéissance, son oraison continuelle suscitaient l'admiration et l'édification de tous ses confrères.

Après six mois de noviciat, ses supérieurs l'envoyèrent sur l'île Majorque, au collège de la Sainte Vierge du mont Sion où il prononça ses vœux simples et solennels le même jour.

Pendant trente ans, Saint-Alphonse-Rodriguez se sanctifiera dans le modeste emploi de portier, accueillant toutes les personnes qui se présentaient avec le même empressement que si c'eût été Notre-Seigneur.

Le matin, au son de la cloche, il demandait à Dieu de le garder sans péché durant le jour, ensuite il se mettait sous la protection de la Très Sainte Vierge en récitant ses Litanies.

À sa prière incessante, il joignait une mortification extraordinaire. « En toutes choses témoigna son supérieur, Alphonse cherchait ce qui répugnait le plus à la nature. »

Ainsi, il ne voulait porter que des vêtements usés. Un crucifix et une image de la Très Sainte Vierge sans nulle valeur artistique ornaient la cellule de ce pauvre de Jésus-Christ. Il couchait sur la dure et jeûnait souvent.

Regardant le réfectoire comme un lieu de mortification, il offrait tous les sacrifices qu'il s'y imposait pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes du purgatoire.

Avant de sortir de la maison, Saint-Alphonse-Rodriguez demandait à Notre-Seigneur de le faire mourir plutôt que de le voir ne consentir à aucun péché mortel. Pendant ses visites, il observait une modestie si exemplaire, parlait si peu et rarement, que cet empire acquis sur ses sens l'avait fait surnommer : le frère mort.

L'obéissance de Saint Alphonse Rodriquez était aussi aveugle que parfaite, car ce bon Saint était convaincu qu'en accomplissant les ordres de son supérieur, il exécutait ceux du ciel même.

Pour savoir jusqu'où sa sublime dépendance pouvait aller, le recteur du collège de Majorque lui commanda un jour de s'embarquer. Saint Alphonse partit aussitôt sans poser de question.

Chemin faisant, un religieux vint lui dire que le supérieur le redemandait. « Où alliez-vous, lui demanda le recteur, puisque vous ignoriez le but du voyage et quel vaisseau vous deviez prendre. – J'allais faire l'obéissance, répondit le saint portier. »

Alphonse Rodriguez reçut de Dieu le don de prophétie et celui des miracles. Après quarante-cinq années passées dans la pratique des plus admirables vertus et affligé depuis longtemps d'une douloureuse maladie, le saint religieux reçut le sacrement des infirmes.

Ayant communié avec ferveur, l'agonisant ferma les yeux et entra dans un ravissement qui dura trois jours. Durant ce temps, son visage demeura tout rayonnant d'une céleste clarté.

Le 31 octobre 1617, le saint Jésuite revint à lui, prononça distinctement le nom adorable de Jésus et Lui rendit son âme, à l'âge de quatre-vingt-six ans.

Il fut canonisé par Sa Sainteté Léon XIII, le 8 janvier 1888.


Texte Proposé par Aron O’Raney