Parle-Nous Des Maisons





Alors un maçon avança et dit : « Parle-nous des maisons »

Il répondit :

« Construisez en votre imagination un berceau de verdure dans les terres reculées, avant que vous ne bâtissiez une maison à l’intérieur des murailles de la cité.

Car comme dans votre crépuscule vous avez la nostalgie du retour, il en va de même pour cet errant en vous, qui est toujours solitaire et lointain.

Votre maison est votre plus large corps.

Elle grandit au soleil et dort en rêvant dans le silence de la nuit. Votre maison ne rêve-t-elle pas, ne quitte-t-elle pas la cité pour rejoindre bosquets et sommets ?

Que j’aimerais recueillir vos maisons dans ma main et, comme un semeur, les disperser dans les prairies et les forêts !

Ah ! si les vallées étaient vos rues et les chemins verdoyants étaient vos allées, ainsi vous pourriez vous cherchez les uns les autres à travers les vignes,puis rentrer avec les parfums de la terre dans vos vêtements !

Mais cela n’est pas encore près de se réaliser.

Par peur, vos ancêtres vous ont rassemblés trop serrés.

Et cette peur ne se dissipera pas d’ici peu, et les murs de votre cité sépareront encore quelque temps vos foyers de vos champs.

Dites-moi, peuple d’Orphalèse, qu’avez-vous dans vos maisons ?

Et que gardez-vous derrière vos portes si solidement fermées ?

Avez-vous la paix, ce désir serein révélateur de votre pouvoir ?

Avez-vous des souvenirs, ces arches de lumière qui franchissent les cimes de l’esprit ?

Avez-vous la beauté, qui conduit votre cœur à travers les objets de bois et de pierre vers la montagne sainte ?

Dites-moi, avez-vous tout cela dans vos maisons ?

Ou bien n’y avez-vous que le confort, l’avidité du confort, cette chose qui rentre subrepticement dans votre maison en invitée puis qui en devint l’hôte pour finir en maîtresse ?

Et la voici dompteuse qui, avec fourche et fouet, transforme en marionnettes vos amples désirs.

Si sa main est de soie, son cœur est de fer.

Elle vous berce jusqu’au sommeil pour gausser, à votre chevet, de la dignité de votre chair.

Et elle se moque de la santé de vos sens et, tels des vases fragiles, les couche dans de l’ouate.

En vérité, l’avidité du confort tue la passion de l’âme, puis suit ses funérailles en ricanant.


Mais vous, enfants de l’espace, qui êtes toujours en action même dans l’inaction de votre repos, vous ne serez pas piégés ni domptés.

Votre maison ne sera pas une ancre, mais un mât.

Elle ne sera pas cette gaze scintillante qui panse une plaie, mais la paupière qui protège l’œil.

Vous ne replierez pas les ailes afin de franchir ses portes, ni ne courberez la tête pour éviter son plafond, ni ne retiendrez votre souffle par crainte de voir ses murs se lézarder et s’écrouler.

Vous n’habiterez pas des tombes creusées par les morts pour les vivants.

Et bien que faite de luxe et de splendeur, votre maison ne saura garder votre secret ni abriter votre désir.

Car l’illimité en vous, habite le palais du ciel, dont la porte est la brume matinale et dont les fenêtres sont les chants et les silences de la nuit. »



Le Prophète.
Enfants du Prophéte.
Khalil Gibran.

Texte proposé par Oraney.

Mes Trois Engagements De Vie…




Mon premier engagement de vie, en tant qu’être humain, est la promotion des valeurs humaines et des qualités de cœur, qui sont les éléments clés d’une vie heureuse au niveau de l’individu, la famille et la communauté.

À notre époque, il me semble que l’on ne cultive pas suffisamment ces qualités intérieures, c’est pourquoi ma priorité est de les développer.


Mon deuxième engagement de vie, en tant que moine bouddhiste, est la promotion de l’harmonie entre les religions.

Nous admettons en démocratie la nécessité du pluralisme dans la vie politique. Pourtant nous hésitons quand il s’agit de la diversité des croyances et des religions.

Malgré leurs concepts et leurs philosophies différentes, toutes les principales traditions religieuses apportent un même message d’amour, de compassion, de tolérance, de tempérance et de contrôle de soi.

Elles ont aussi en commun le potentiel d’aider les êtres humains à mener une vie plus heureuse.


Mon troisième engagement de vie, en tant que Dalaï-lama, est la cause du Tibet qui me concerne tout particulièrement.

J’ai une responsabilité spéciale envers le peuple tibétain, car il continue de placer son espoir et sa confiance en moi pendant cette période critique de notre histoire.

Le bien-être des Tibétains est ma motivation constante et je me considère comme leur porte-parole libre en exil, dans leur combat pour la justice.

En ce qui concerne ce troisième engagement de vie, il prendra fin dès qu’une solution mutuellement satisfaisante aura été trouvée entre Tibétains et Chinois.

Quant à mes deux premiers engagements, je les poursuivrai jusqu’à mon dernier souffle.



Sa Sainteté le Dalaï-Lama
Texte proposé par Aron O’Raney.

Une Visite à Catherine Camus


Alors que se tenait à Aix-en-Provence une exposition sur le monde végétal dans l'œuvre d'Albert Camus, sa fille nous a reçus dans la maison où elle a grandi avec ce père tant aimé

  Catherine Camus, dans la maison de Lourmarin. ( Sipa )

Quand on sonne à la porte de la maison où vécut Albert Camus à Lourmarin, où l'écrivain disait retrouver un peu des paysages de son Algérie natale, déboulent du haut des escaliers des chiens amicaux, suivis de Catherine Camus, qui vous accueille chaleureusement. On a fait le voyage avec le metteur en scène Stéphane Olivié Bisson et l'acteur Bruno Putzulu.
Catherine Camus a beaucoup aimé leur « Caligula », créé l'hiver dernier au Théâtre de l'Athénée, à Paris : « Ils n'ont pas voulu dépoussiérer la pièce, ce que j'entends si souvent dire. Ils l'ont montée avec fraîcheur, générosité, et sans cette arrière-pensée que le théâtre de mon père serait un théâtre d'idées. Lui qui aimait tant la vie... »
Bruno Putzulu dans la pièce de théâtre « Caligula » au Théatre National de Nice, le 23 mars. (c) Sipa
De plus, en mai dernier, Olivié Bisson et Putzulu ont joué cette pièce à Alger et à Béjaïa, en Kabylie, et ils étaient convenus de se retrouver à leur retour. Catherine Camus a préparé une surprise. Un gâteau décoré de ces mots : « Bon anniversaire, Bruno. » Putzulu a 44 ans ce jour-là. Dégustation, rires : toutes les conversations auront ce goût d'amitié.
L'Algérie ? Catherine n'a jamais voulu y aller, y compris lorsque le président de la République, Nicolas Sarkozy, lui a proposé d'être de son voyage : « Je lui ai dit que j'étais tout sauf diplomate, et que jamais je ne pourrais serrer la main de Bouteflika. » Camus est joué plus souvent en Égypte et en Tunisie qu'en Algérie, où son oeuvre est défendue pourtant par quelques écrivains courageux. Catherine n'en dira pas plus, sinon que, sur l'Algérie, les prises de position de Camus restent mal comprises.
Des deux côtés de la Méditerranée. « Jouer Camus en Algérie, ce n'est pas le moment, c'est trop polémique » : voilà ce que Stéphane Olivié Bisson s'est entendu répondre il y a deux ans quand il a pris contact avec les milieux diplomatiques français dans l'espoir de réaliser son rêve : que « Caligula » retourne au pays natal de l'écrivain. Mais il a trouvé une alliée à l'Onci ( Office national de la Culture et de l'Information ) algérien, et l'Institut français l'a suivi.
Il témoigne qu'en Algérie les représentations n'ont suscité aucune polémique, bien au contraire. Tout au plus Putzulu a-t-il senti un imperceptible frémissement dans la salle quand son Caligula, déguisé en Vénus, dit qu'il n'a ni dieu ni maître. Et, soulignent Olivié Bisson et Putzulu, les techniciens, qui comme en France regardent d'ordinaire la télévision pendant le spectacle, sont restés en coulisse pour assister à la représentation et les ont embrassés à leur sortie de scène.
Leur « Caligula », dont Olivié Bisson a choisi la première version, datée de 1941, qui recèle « un humour noir qui n'était pas chez Suétone », sera reprise en France à l'automne. Une première version, fait-on remarquer, très politiquement incorrecte, que Camus remania après la guerre et la défaite du nazisme. « Le politiquement incorrect, chez les Camus, c'est un héritage familial, sourit Catherine. Il est bien trop simple de voir en Caligula, comme le font certains, un monstre ou un Kadhafi, ça m'agace. » Elle se souvient qu'enfant elle a lu la pièce et dit à son père qu'elle la trouvait très drôle, ce qui laissa Camus perplexe...
Mais comment donc était ce père, lui demande Putzulu ? La réponse ne tarde pas : « Jamais il ne parlait de lui, sauf un jour où je l'ai surpris assis la tête entre les mains et il m'a dit : « Je suis si seul... » Sinon, les choses étaient légères avec lui. Enfant, je n'ai jamais su qu'il était célèbre. Je l'ai vu rire, danser. Nous étions extrêmement libres, il ne nous culpabilisait pas, mais il n'était pas question de ne pas faire son lit et de ne pas ranger sa chambre. On ne dénonçait pas, on ne mentait pas, on respectait les autres, on était responsable. Quand on avait fait une connerie, il nous demandait ce qu'on en pensait, ce qui était très inconfortable. Il nous expliquait toujours pourquoi, par exemple, il ne voulait pas que nous ayons du superflu. Il nous disait : « Vous n'avez pas faim, vous avez un toit, des livres, donc vous avez tout. » Ce qu'il raconte dans « le Premier Homme », je le savais déjà, par exemple qu'il lui fallait enlever ses chaussures pour jouer lorsqu'il était enfant. »
Plus tard, dans la journée, Catherine Camus dira simplement : « Ayant passé près de huit ans à retranscrire « le Premier Homme », et les Carnets de mon père, je devine dans son écriture quand il était dépressif ou joyeux. J'ai passé tant d'heures sur ses manuscrits que j'ai eu parfois l'impression très étrange et déstabilisante que je devenais son écriture même. »
Le prochain grand chantier de Catherine Camus est l'édition de la Correspondance de son père avec René Char, Roger Martin du Gard, Louis Guilloux et tant d’autres, dont Jean Grenier, qui la regardait comme « un cancre » lorsque, enfant, celle qui rêvait alors d'être acrobate, se glissait dans la pièce où il parlait avec son père. Elle veille aussi sur un projet du groupe de rap IAM qui souhaite faire un spectacle à partir du « Premier Homme », mais aussi sur des adaptations au cinéma et sur l'exposition que prépare l'historien Benjamin Stora, à Marseille, en 2013.
« Elle devait d'abord s'intituler « Camus et l'Algérie ». J'ai fait remarquer qu'il y a beaucoup d'anciens pieds-noirs parmi les Français, que mon père avait une pensée de la réconciliation, et que c'est sur cela qu'il faut mettre l'accent. » À ce jour, l'exposition devrait s'intituler « l'Étranger qui nous ressemble ».
Sentiment confirmé par Putzulu : « Quand je joue Caligula, certains soirs, des émotions imprévues surgissent, qui coïncident avec une part de ma vie. » Catherine Camus confie que c'est tous les jours que lui reviennent des souvenirs d'enfance avec ce père. « Un soir, depuis ma chambre, j'ai eu si peur de mourir que j'ai appelé maman. La voix de mon père m'a répondu : « Si tu veux parler à ta mère, tu te déplaces. » Ce que j'ai fait, en avouant : « J'ai peur de mourir. » Et lui : « Mais c'est ridicule, va te coucher. » J'avais une telle confiance en mon père que je me suis endormie comme un ange. J'avais huit ans. J'en avais quarante lorsque je fais la transcription du Carnet 3, où je lis : « Catherine a peur de mourir, qu'une telle angoisse étreigne un si petit être est un scandale absolu ». »
« Je bute sur l'idée de la mort, et jouer Camus m'aide à vivre », confie Putzulu, fan du ballon rond comme l'écrivain. « Quand je joue au foot, je suis totalement au présent. Un présent qui me renvoie aux origines, à l'enfance, à des choses aussi simples que de tomber, ou de s'égratigner les genoux. J'ai souvent senti cela chez Camus. »
« Exact », reprend Catherine, amusée. « En écoutant des libertaires parler de l'oeuvre de mon père, j'ai découvert que le grand geste symbolique anarcho- camusien, c'était la passe, parce qu'elle est individuelle, mais ne peut se faire qu'avec les autres. » Comme le théâtre qu'aimait tant Camus.
« Mon père, dira encore Catherine Camus, apporte de la lumière, je le sens dans tous les témoignages que je reçois du monde entier. Il ouvre les portes, il vous permet d'être là, de vivre, avec vos qualités et vos défauts, votre impuissance et votre force. » La journée a filé vite, il faut partir et laisser derrière soi la lumière de Lourmarin, où veille Catherine Camus.

Odile Quirot — Source : « le Nouvel Observateur » du 28 juillet 2011.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Ananda, La Joie Est L’impulsion...



Ananda, la joie, est l’impulsion centrale de la Nature humaine (1) ; l’agitation, l’inconstance, le doute n’en sont que des aspects passagers.
L’âme cherche la joie partout, comme un enfant.
Mais les joies fragmentaires, que donne le contact avec les petits objets des sens, ne peuvent pas nous satisfaire longtemps.
Quand on élève un enfant, il faut, pour lui donner de la discipline, l’aimer et le châtier.
Notre esprit doit aussi être dressé de la même façon.
Nourrissez-le par la bonne compagnie, par la culture de nobles pensées et de beaux idéals, par l’étude des Livres sacrés, et, en même temps, observez toutes les rigueurs de la discipline qu’enseignaient les sages de jadis.
Peu à peu, votre esprit trouvera la tranquillité et il obtiendra une paix durable sous l’aile protectrice du Divin.
Quand on se bat, il faut plus se préoccuper de se défendre que d’attaquer.

Restez à l’abri dans les tranchées de la raison et de la contemplation de Dieu, pour que les charmes du monde matériel ne mettent pas votre âme en péril.
Selon que vous maîtrisez votre mental ou que vous lui lâchez la bride, il est votre ami ou votre ennemi.
Essayez de disperser les ténèbres de votre âme en restant constamment dans la société de saints hommes et en chantant tous les jours des cantiques.
1. cf. Shri Aurobindo, Aperçus et Pensés, pp. 22-24.

Mâ Ananda Moyî.
Aux Sources De La Joie - 14-P.31,32
Texte proposé par Aron O’Raney.

Les Principaux Personnages Politiques De La Rébellion Libyenne

Repères

Le Conseil national de transition (CNT) a été officiellement créé le 27 février à Benghazi (est), dans les jours qui ont suivi la révolte populaire contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi.
Depuis début mars, il se veut un « comité de gestion des crises », il est actuellement présidé par Moustapha Abdel Jalil.
Le CNT compte officiellement une quarantaine de membres, désignés en théorie sur leur expérience et sur la base de la répartition géographique.
Pour des raisons de sécurité, les noms d’un certain nombre de membres, essentiellement des juristes, avocats, et professeurs d'université ont été gardés secret.
En mai dernier, le CNT a mis en place un Bureau exécutif qui agit comme une sorte de gouvernement.
Le bureau exécutif « L’Executive Board" selon sa définition en anglais) est chargé de la gestion des territoires sous contrôle rebelle dans l'Est, en attendant la prise de Tripoli, la chute du colonel Kadhafi et la mise en place d'un véritable gouvernement national.
Il est dirigé par Mahmoud Jibril, numéro deux de la rébellion, qui joue le rôle de Premier ministre.
Le bureau exécutif est composé de quatorze membres, ministres en charge des Affaires internationales, de l'Intérieur, des Finances et du pétrole, des médias ou encore de l'Environnement...
La plupart de ces ministres sont des technocrates, mais certains sont des figures plus politiques, souvent d'anciens réformistes du régime issus notamment de la Fondation Saïf al-Islam.
Théoriquement, le CNT, organe politique à la tête de la rébellion, et son bureau exécutif, sont deux entités bien distinctes. Mais dans les faits, et dans le flou général qui entoure encore le mouvement rebelle, le partage des responsabilités n'est pas aussi clair.
Moustapha Abdel Jalil
Moustapha Abdel Jalil, président du Conseil national de transition (CNT). Né en 1952 dans la ville de Bayda, dans l’est de la Libye, il sort diplômé du département Charia et Loi de la faculté d’études islamiques de l’Université de Libye en 1975.
Trois ans plus tard, il devient juge, avant d’être nommé, en 2002, président de la Cour à Bayda, puis de devenir, en 2007, ministre de la Justice.
C’est à ce titre qu’il avait confirmé la peine de mort des infirmières bulgares accusées d'avoir inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants de Benghazi sur ordre d'Israël et des Etats-Unis.

Photo Reuters

Moustapha Abdel Jalil ne s’en montrait pas moins critique à l’égard de la politique du colonel Kadhafi en matière de droit de l’Homme.
Dans un rapport publié en avril 2010, l’ONG Human Rights Watch(HRW) indique que « Moustapha Abdel Jalil a publiquement demandé, au cours de l’année écoulée, la libération de plusieurs centaines de prisonniers que les responsables de l’agence de sécurité intérieure refusent de libérer alors même que ces détenus ont achevé leur peine ou qu’ils ont été acquittés par la justice ».
Un câble diplomatique américain datant de janvier 2010 révélé par Wikileaks, indique néanmoins que HRW estimait que M. Abdeljalil était plus motivé, dans son opposition au système, par son point de vue conservateur que par un agenda purement réformiste.
Toujours en 2010, lors de la session annuelle du Congrès général du peuple, Moustapha Abdel Jalil va plus loin encore, critiquant certains aspects de la politique répressive du régime et déclarant son intention de démissionner.
Il se voit opposer une fin de non-recevoir par Mouammar Kadhafi. Il finit par claquer la porte le 21 février 2011, en signe de protestation contre « l’usage excessif de la violence par l’Etat contre des manifestants non armés ».
« Nous sommes comme les peuples des autres pays, et nous recherchons les mêmes choses, a déclaré M. Abdeljalil après avoir rejoint la rébellion.
« Nous voulons un gouvernement démocratique, une Constitution juste, et nous ne voulons plus être isolés du reste du monde ».
Mahmoud Jibril
Mahmoud Jibril est le président du comité exécutif du CNT, le bureau exécutif est chargé de la gestion des territoires sous contrôle rebelle, et le chef des relations diplomatiques.
Né en 1952, Mahmoud Jibril est diplômé en science politique et titulaire d’un doctorat en planification stratégique et prise de décision de l’université de Pittsburg, Pennsylvanie aux Etats-unis, où il a enseigné.

Photo Reuters

Mahmoud Jibril a été membre du gouvernement de Kadhafi de 2007 à 2011. Il a notamment dirigé le Conseil national du développement économique visant à encourager les investissements et la croissance.
Qualifié de « réformateur » dans certains câbles diplomatiques américains, il est également considéré par les Etats-Unis comme un « interlocuteur sérieux qui comprend la perspective américaine ».
Mahmoud Jibril a rejoint la rébellion dès les prémices de la révolte, en mars 2011. Il a notamment multiplié les voyages à l’étranger afin de décrocher la reconnaissance officielle du CNT par la communauté internationale.
Abdessalem Jalloud
Abdessalem Jalloud, est un ancien compagnon du colonel Kadhafi, les deux hommes sont passés par la même académie militaire à Benghazi, il est aussi l'un des principaux officiers ayant participé au coup d'Etat contre le roi Idris qui a porté Mouammar Kadhafi au pouvoir en 1969.
Longtemps, il a été considéré comme le numéro deux du régime, avant de tomber en disgrâce au milieu des années 1990.
Abdessalem Jalloud a rejoint la rébellion le 20 août, et appelé, le lendemain, la tribu de Kadhafi à renier « le tyran ».

Photo Reuters

« Abdessalem Jalloud a abandonné la politique, de son propre gré, depuis un bon moment et il passait la plupart de son temps à l'étranger pour des soins, dans la mesure où il souffre de maladies cardiaques. Il n'y a rien qui mérite d'être mentionné au sujet d'Abdessalem Jalloud », a commenté l'agence libyenne après l’annonce de la fuite de M. Jalloud.
Le 23 août, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini a déclaré qu’Abdessalem Jalloud « a toutes les qualités pour être l'un des protagonistes de la transition vers la nouvelle Libye ».
Abdel-Hafiz Ghoga
Abdel-Hafiz Ghoga est le porte-parole et vice-président du CNT depuis le 27 février 2011. Avocat spécialiste des droits de l’Homme à Benghazi, Abdel-Hafiz Ghoga s’est illustré en représentant les familles des victimes du massacre de la prison d'Abu Salim en 1996.
Dans cette prison, les gardiens auraient maté une rébellion en tirant sur les détenus. Un massacre qui aurait coûté la vie à 1 200 personnes.
Abdel-Hafiz Ghoga a été arrêté le 19 février dernier, juste après le début de la contestation contre le régime de Kadhafi.
Il a été relâché quelques jours plus tard. Seif el Islam, l’un des fils de Mouammar Kadhafi, l’a accusé d’avoir trahi son pays.

Photo AFP

Dans un premier temps, M. Ghoga s’est proclamé porte-parole du conseil intérimaire, une organisation concurrente de celle crée par Moustapha Abdeljalil. Puis, après la fusion des deux groupes, il est devenu vice-président et porte-parole du CNT.

Texte proposé par Aron O’Raney.

Décollation De Saint-Jean-Baptiste



Martyre de Saint-Jean-Baptiste (Ie S)

Saint Jean-Baptiste, inspiré par l'Esprit de Dieu, se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé.
Il y vécut, depuis son enfance jusqu'à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d'où lui est venu le nom de Baptiste ou «Baptiseur».

Déjà, le Sauveur lui-même avait reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste, et celui-ci avait rendu à l'Agneau de Dieu les plus glorieux témoignages. La vie du saint Précurseur touchait à son terme ; il ne lui restait plus qu'à sceller de son sang la divinité de sa mission.
Hérode, gouverneur de la Galilée, menait une vie irrégulière avec Hérodiade, sa belle-sœur ; Saint Jean, à différentes reprises, blâma avec force un pareil scandale ; aussi Hérodiade cherchait-elle l'occasion de se venger.

Depuis trois mois déjà, le courageux défenseur de la vertu était en prison ; mais cette vengeance ne suffisait pas à une femme voluptueuse et cruelle.
Un jour qu'Hérode, pour célébrer l'anniversaire de sa naissance, donnait un festin à tous les grands de sa cour, Salomé, fille d'Hérodiade, dansa devant le prince avec tant de grâce, qu'Hérode s'engagea par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume.
La jeune fille sortit et courut raconter à sa mère la promesse dont elle venait d'être l'objet : « Que dois-je demander ? dit-elle à Hérodiade. – Demande la tête de Jean-Baptiste » répond la haineuse femme. Salomé vint aussitôt annoncer à Hérode le choix qu'elle avait fait.
Hérode était plus corrompu que cruel ; il regretta sa promesse, il fut attristé de la demande ; mais il mit un fatal point d'honneur à ne pas manquer à sa parole devant toute l'assistance, et il envoya un garde trancher la tête de Jean-Baptiste ; celui-ci vint présenter à la princesse, dans un bassin, la tête du martyr, qu'elle alla aussitôt montrer à sa mère.
Quand cette nouvelle fut annoncée à Jésus, qui la connaissait déjà par sa science divine, il manifesta une profonde douleur.

Le crime ne resta pas impuni, car Hérode, vaincu par ses ennemis, perdit sa couronne et périt misérablement.
La fin d'Hérodiade et de sa fille ne fut pas plus heureuse.
Il est à remarquer que la plupart de ceux qui ont joué un rôle odieux, dans l'Évangile, ont subi dès cette vie le châtiment de leur impiété et de leurs crimes.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Alain Soral, Agitateur Depuis 1976

Alain Soral est un écrivain dérangeant

En passant de l’extrême gauche à l’extrême droite, il s’est senti honni des médias et s’est trouvé un nouveau porte-voix dans l’ouverture de son blog.

Il répond aux questions de David Abiker.

Alain Soral

www.alainsoral.com

Ce n’est pas sur ses positions politiques bien tranchées qu’Alain Soral intervient, mais sur son premier métier d’écrivain.

Quel intérêt trouve-t-il à entretenir un blog ?
Réponse en compagnie de David Abiker.
Retrouvez également la chronique impertinente d’Elodie Courtejoie, dont voici un extrait ci-dessous :

« Dans les premières lignes de votre biographie, vous décrivez les premiers instants de votre vie comme une enfance douloureuse de bourgeois déclassé, fils d’un couple mal marié, qui vivait dans la terreur du père et la froide passivité de la mère… Vous étiez mal barré !

Pourtant, en avançant dans les années 1980, on sent poindre une amélioration dans votre destinée : vous vous installez dans une ancienne fabrique d’instruments chirurgicaux. Là, vous débutez un échange épistolaire avec votre père incarcéré en Suisse.

Bizarrement, vous faites une grave dépression ! Alors vous dilapidez votre pécule en vêtements sur mesure à Londres, avant de vous perfectionner dans la drague de rue.

Fin des années 1980, on apprend que vous êtes d’humeur suicidaire... Mais tout va mieux, le jour où vous vous mariez et surtout, le jour où vous achetez une voiture.
 
Ah ce que j’aime chez vous Alain Soral, c’est ce goût du détail !

Tout ceci sur fond gris, la couleur de votre site…. Gris, union du blanc de l’innocence et du noir de la culpabilité,

« Oui, je suis certaine qu’au fond de vous, vous culpabilisez Alain Soral » emblème chrétien de la mort terrestre et de l’immortalité spirituelle, de l’innocence calomniée, noircie, condamnée par l’opinion ou les lois.


J’ai aussi une autre version du gris : il traduit le manque de vigueur des asthéniques, des déprimés, l’égoïsme, le refus de l’engagement, l’enclos narcissique et dans les rêves, l’excès d’indifférence, l’ennui, la froideur »


David Abiker, et Elodie Courtejoie 




© Canal Académie - Tous droits réservés



Billet proposé par Aron O’Raney

J’utilise Les Mots, Ils M’utilisent...



« Je t’avais promis
Une caresse chaque soir.
Désormais, ce sera un poème. »



Cette série "Poésies en langue française" fait découvrir une collection de recueils poétiques qui accueille des poètes étrangers ayant choisi d’écrire en français.

Une émission proposée par Virginia Crespeau, avec l’éditeur Bruno Doucey , et Stéphane Bataillon.

Dans cette émission, Canal Académie vous fait passer un moment avec Stéphane Bataillon, un jeune poète, critique et journaliste; « Où nos ombres s’épousent » est son premier recueil.


Le Mot De L’éditeur Bruno Doucey :

Je suis heureux de publier le premier recueil de Stéphane Bataillon. Retenez bien ce nom. L’auteur de ce livre, né à Paris en 1975, n’est ni un poète maudit ni un homme en exil.


Stéphane Bataillon





Avec lui, nulle entrée tapageuse en littérature, nulle propension à faire parler de soi sans avoir rien à dire.

Stéphane a juste perdu celle qu’il aimait. Que dire de plus ?

Il aurait pu s’enfermer dans un silence fracassé ; il ne l’a pas fait. Son chant pouvait devenir le lamento d’un être inconsolable ; il ne l’est pas.

Limpide et profonde, sa poésie est de celles que ne renieraient ni Guillevic ni Claude Vigée. Elle parle juste et parle vraie.

Peut-être ceux qui la liront se sentiront-ils aussi deux fois vivants.

© Canal Académie - Tous droits réservés


Billet proposé par Aron O’Raney

Chacun A Ses Déserts À Traverser

 
Qu’évoque pour nous le mot désert ? Silence, vastitude, vent brûlant ?
Mais aussi mirages, soif, scorpions... et la rencontre du plus simple de soi même, dans le regard étonné de l’homme ou de l’enfant, jailli d’on ne sait où entre les dunes ?
Il y a les déserts de pierres et de sables, du Hoggar, de l’Assekrem, du Ténéré, du Sinaï et d’ailleurs. Le désert est toujours l’ailleurs, un ailleurs qui nous conduit au plus proche de nous mêmes.
Il y a les déserts à la mode où l’on se retrouve en peuple bavard, dans des espaces choisis, où nous serons épargnées les brûlures du vent et les soifs radicales ; on en revient bronzé comme d’un séjour à la plage, mais avec en plus des prétentions à la « grande expérience » qui ferait de nous pour toujours de « grands nomades ».
Enfin, il y a les déserts intérieurs ; c’est de ceux-là qu’il nous faut parler, sachant reconnaître ce qu’ils ont de douloureux et de torride, mais en essayant aussi d’y découvrir la Source cachée, l’oasis, la Présence inattendue qui nous accueille sous un palmier de sourires, autour d’un feu où la danse des « passants » se joint à celle des étoiles.
Car le désert n’est pas un but, il est un lieu de passage, il est une traversée, chacun a sa terre promise, son attente à décevoir, son espérance à éclairer.
Certains vivent cette expérience du désert dans leur corps ; que cela s’appelle vieillir, être malade, subir les conséquences d’un accident. Ce désert-là est parfois long à traverser.
D’autres vivent le désert au cœur de leurs relations, désert du désir ou désert de l’amour, des sécheresses et des ennuis qu’on n’a pas appris à partager.
Il y a aussi les déserts de l’intelligence, où le plus savant se heurte à l’incompréhensible, le plus conscient à l’impensable.
Connaître le monde et ses matières, se connaître soi-même et ses mémoires ne va pas sans déserts à traverser.
Il y a enfin les déserts de la foi, le crépuscule des idées et des idoles, dont on avait fait des dieux ou un Dieu pour rassurer nos impuissances, et opprimer nos plus vives questions.
Chacun a son désert à traverser, il s’agira à chaque fois d’en démasquer les mirages, mais aussi d’envisager ses miracles :
L’instant, l’alliance, la docte ignorance et la féconde vacuité.


Jean-Yves Leloup
Extraits de « Déserts, Déserts »
Texte proposé par Aron O’Raney.

La Société Moderne Fait Fausse Route

Bernard d'Espagnat, Physicien et Philosophe français
Lauréat du prix Templeton
Bernard d'Espagnat, physicien français, a reçu le prestigieux prix Templeton à Londres, pour ses travaux sur la spiritualité et la physique quantique.

Agé de 88 ans, l'homme estime que la science ne peut pas tout expliquer et que le rationalisme actuel pousse la société moderne à ses excès.
La Tribune -
Vous remportez le prix Templeton, le plus important au monde en terme financier, 1 million de livres sterling, en récompense de votre "exploration des implications philosophiques de la physique quantique".

Expliquez-nous vos travaux.
Bernard d'Espagnat -
La physique non quantique vise à décrire la réalité telle qu'elle est, tandis que la physique quantique n'est pas adaptée à cela.

L'axiome de base de la physique quantique est : si "on" fait ceci, "on" observera cela.

Ce "on" représente l'être humain.

- C'est donc forcément subjectif...

- Pour rendre cela objectif, il faudrait s'intéresser aux choses telles quelles sont, et non pas telles qu'on les observe.

C'est ce que faisait la physique classique.

Mais la physique quantique n'arrive pas à faire cela. Si on tente de mettre en place des expériences pour prouver que les choses sont telles qu'elles sont réellement, on se retrouve face à des contradictions.

Dans mon travail, je prétends qu'on n'arrivera jamais à décrire exactement les choses telles qu'elles sont. La physique est limitée à décrire que « ce que nous voyons ».

Cela laisse donc la place à de nombreuses conjectures sur ce que nous ne voyons pas.

- Il serait donc impossible de répondre à tout par la science ?

- On aura toujours des questions et les réponses ne seront jamais assurées.

La société moderne fait fausse route en allant vers un matérialisme excessif, qui est dépassé par la science elle-même.

C'est une fausse route dans laquelle sont engagés la plupart des gens et la vaste majorité des médias, en pensant que le rationalisme peut tout expliquer, et qu'on ira ainsi vers l'essence même du réel.

- Quelles conclusions en tirez-vous ? Cela fait-il de vous un croyant ?

- J'en tire une conclusion spirituelle.

Ce n'est bien entendu pas une conclusion scientifique, mais ma conjecture est qu'il existe une réalité qui nous est supérieure à tous égards.

Celle-ci nous est fortement cachée, mais c'est une bonne chose que d'avoir de bonnes raisons de penser qu'elle existe.

- Pourquoi est-ce une bonne chose ?

- Cela permet aux gens de s'évader, de réaliser qu'il y a quelque chose de plus important que les problèmes du quotidien, d'argent, de vanité.

Cela rend la vie plus apaisée, et je dirais même plus digne d'être vécue.

- Dans ce contexte, pensez-vous que la crise financière soit un symptôme de la "fausse route" que prend selon vous la société ?

- Oui, c'est un symptôme de gens qui se sont trop excités sur la façon de gagner de l'argent, encore et toujours.

S'ils avaient su qu'il y a des problèmes plus importants, plus fondamentaux, peut-être que les choses se seraient passées différemment.



Propos recueillis par Eric Albert, à Londres.
La Tribune.fr - 05/05/2009
Texte proposé par Aron O’Raney.

La Santé De Sonia Gandhi demeure Entourée De Mystère

 
Le silence sur l’état de santé de Sonia Gandhi sème le trouble

NEW DELHI – Depuis que le parti indien du Congrès a annoncé le 4 Août à la stupeur générale que sa dirigeante, l'influente Sonia Gandhi, avait été opérée aux Etats-Unis, le silence assourdissant sur sa santé pose la question de la transparence dans la plus grande démocratie du monde.

Presque rien n'a filtré depuis le 4 août dans les médias et le milieu politique sur l'état de santé de l'Indienne d'origine italienne de 64 ans.

L'indépendance de la presse et la liberté du pays en la matière -- l'Inde a adopté en 2005 une loi sur le droit à l'information -- sont habituellement une source de fierté nationale, contrastant avec la situation d'autres pays d'Asie du Sud.

J'ai été vraiment choqué de voir que dans les points de presse habituels du parti du Congrès, les médias présents ne cherchaient pas à poser de questions, a récemment déclaré le rédacteur en chef du quotidien Business Standard, Sanjaya Baru, lors d'un débat sur la chaîne CNN-IBN.

Dans les médias, il n'y a rien sur la santé de Mme Gandhi, qui est la personnalité politique la plus importante du pays, s'est-il étonné.


Le Business Standard s'est montré le quotidien le plus agressif en posant des questions sur la santé de Sonia Gandhi dans un éditorial.

Sur les chaînes d'information câblées, habituellement promptes à critiquer le gouvernement, les débats se sont focalisés sur les problèmes de corruption ou les récentes défaites de l'équipe nationale de cricket.

Sonia Gandhi dirige le parti, à la tête de la coalition gouvernementale, depuis 1998. Elle a été réélue en septembre 2010 pour un quatrième mandat -- un record -- renforçant plus que jamais son rôle d'éminence grise du pays.

Mme Gandhi est la veuve de l'ancien Premier ministre Rajiv Gandhi, assassiné en 1991. Il était le fils d'Indira Gandhi, également ex-Premier ministre, assassinée en 1984.

Depuis son admission à l'hôpital, des proches ont confirmé qu'elle avait passé 24 heures en soins intensifs et qu'elle se remettait d'une opération réussie en un lieu non dévoilé.

Le gouvernement a pour sa part estimé que de plus amples informations seraient uniquement dévoilées par Sonia Gandhi elle-même, si elle le désirait.

Son fils Rahul, qui s'est vu confier les clés du parti au sein d'un comité de quatre membres pendant la convalescence de sa mère, a déclaré lundi à des journalistes qu'elle allait beaucoup mieux, sans plus de détails.

Selon le magazine d'investigation Tehelka, qui cite des sources sous couvert d'anonymat, Mme Gandhi a été hospitalisée au Centre du cancer Memorial Sloan-Kettering de New York. Selon le site internet de l'hôpital, il s'agit du plus grand centre privé au monde en matière de cancer.

Pour le quotidien Deccan Herald, elle a été opérée d'un cancer du col de l'utérus.

Lorsque l'on est dans le domaine public, on ne peut pas prétendre à l'intimité d'un citoyen privé, a considéré sur CNN-IBN Siddharth Varadarajan, le rédacteur en chef du quotidien The Hindu.

Je pense que les gens ont le droit de savoir. Ce que nous avons entendu jusqu'ici est totalement insuffisant, a-t-il ajouté.

Certains ont suggéré que les relations intimes nouées entre des figures du journalisme et les hommes politiques en Inde pourraient signifier que le parti du Congrès a réussi à imposer l'omerta dans les rédactions.

Reste que l'hospitalisation de Mme Gandhi contraste avec la couverture médiatique complète de l'opération du coeur subie en 2009 par le Premier ministre Manmohan Singh, alors âgé de 76 ans.

Il est aussi de notoriété publique que ce dernier, par ailleurs diabétique, a été opéré d'un cancer de la prostate.


© AFP – 16 août 2011 13 h 48 –
Texte proposé par Aron O’Raney.

C’est Pour Vous Que La Terre Porte Ses Fruits...



Et un marchand dit : « Parle-nous de l’Achat et de la Vente. »

Il répondit alors :

« C’est pour vous que la terre porte ses fruits ; et vous ne manquerez de rien, si vous savez comment vous remplir les mains.

Échangez les dons de la terre, ils vous seront alors abondants et vous serez satisfaits.

Mais si cet échange ne s’accomplit pas en amour : ni en bonne justice, certains d’entre vous deviendront cupides et d’autres affamés.

Quand sur la place du marché, vous, travailleurs de la mer, des champs et des vignes, rencontrez les tisserands, les potiers et les marchands d’épices, Invoquez alors le maître esprit de la terre afin qu’il vienne parmi vous et sanctifie vos balances et vos prix, pour accorder à chaque chose la valeur qui lui est due.

Et ne laissez pas prendre part à vos transactions ceux qui ont les mains stériles, car ils chercheront à vous vendre leurs paroles contre votre travail.

À ceux-ci vous devriez dire : « Venez avec nous aux champs ou partez en mer avec nos frères et jetez y votre filet ;

Car la terre et la mer seront généreuses pour vous comme pour nous. »

Et si surviennent les chanteurs et les danseurs ainsi que les joueurs de flûte, achetez également ce qu’ils ont à offrir.

Car eux aussi cueillent des fruits et récoltent de l’encens ; et bien que leurs marchandises soient façonnées de rêves, ils sont vêtures et nourritures pour votre âme.

Et avant de vous séparer sur la place du marché, veillez à ce que personne ne reparte les mains vides.

Car le maître esprit de la terre ne dormira paisiblement sur le vent, tant que les besoins du dernier d’entre vous n’auront été comblés. »


Le Prophète.
Enfants du Prophéte.
Khalil Gibran.

Texte proposé par Oraney.

C’est Devenu Chez Vous...


C’est devenu chez vous une sorte de refrain : « Je voudrais bien méditer sur Dieu, mais je ne peux pas. »
Pensez un peu à toutes les inquiétudes que vous avez « quand vous êtes malade, à votre agitation pour vous faire soigner par tel ou tel docteur, à votre hâte d’obtenir un soulagement.
Et si dans vos affaires quelque chose va mal, quels efforts ne faites-vous pas pour y porter remède !
Mais quand vous êtes assis depuis quelques minutes pour prier, vous clamez votre impuissance et vous ne faites rien d’autre que d’attendre la grâce du ciel !
Est-ce l’attitude que devrait prendre celui qui cherche honnêtement la Vérité ?
Remuez-vous un peu, montrez du zèle, mobilisez tout ce qu’il y a de mieux en vous pour concentrer toute votre pensée sur Dieu.
Et vous avancerez certainement.
Mettez autant de soin à vous former un mental propre et sain que vous en mettez chaque Jour à conserver votre corps propre et beau ; vous verrez bientôt votre âme adopter une attitude nouvelle, de prière.
Si vous vous contentez de connaissances théoriques, vous n’irez pas bien loin.
Une pratique assidue et un effort constant sont nécessaires pour obtenir une véritable croissance spirituelle.
Mâ Ananda Moyî.
Aux Sources De La Joie - 13-P.29,30
Texte proposé par Aron O’Raney.

Comprendre Pleinement L’impermanence



Après la mort de sa mère, Shabkar l’extraordinaire yogi tibétain du XIXe siècle, comprend pleinement l’impermanence de toutes choses et l’importance de la pratique du dharma :

Au moment où ils déposèrent les os de ma mère dans mes mains, je songeai :

« A ho ! Les choses de ce monde ne sont vraiment rien.


Au fil des ans, ma vieille mère, préoccupée par la pensée de son fils unique et par l’affection qu’elle lui portait, a amèrement pleuré ; elle m’a envoyé des lettres et des messages me suppliant de revenir.

Mais en dépit de ses pressantes requêtes, je n’ai pas voulu interrompre mon ascèse.

Je pensais que ma mère était encore jeune et que je la reverrais au bout de quelques années.

Ainsi, croyant obstinément en la permanence des choses, j’ai toujours repoussé mon retour.

Je l’ai sciemment trompé en lui écrivant sans cesse : « L’an prochain… Je viendrai te voir... L’an prochain. »

Et, en fin de compte, elle est morte sans que je ne l’aie jamais revue.

« Pourtant, moi son fils ingrat, guidé par la pensée de ma mère, je venais juste de prendre la route pour aller la retrouver, le baluchon sur le dos, la canne à la main.

Je n’avais aucun cadeau de valeur à lui offrir, mais je revenais avec des paroles de réconfort que j’avais préparées en moi même, des mots qui lui auraient apporté la paix de l’esprit.

« Mes mérites n’étaient pas suffisants.

Ma mère, elle, était déjà sur l’infâme chemin bien connu qui a pour nom la Mort.

Elle n’est plus sur cette terre où elle pouvait m’entendre quand je lui parlais et où je pouvais la contempler à loisir.

Elle s’en est allée vers la distante contrée de la prochaine vie.


« Même si par le mérite de la pratique assidue du Dharma, nous nous retrouvons dans nos vies ultérieures, nous n’aurons pas eu l’opportunité de nous rencontrer une dernière fois sur cette terre et de prononcer les paroles affectueuses qui auraient réchauffé nos coeurs. »


« Point n’est besoin de méditer davantage l’impermanence et la mort :
ma mère m’a donné cet enseignement en disparaissant.


Et maintenant, si je ne pratique pas le Dharma, qu’est-ce qui me reste ? »



Shabkar : Autobiographie d’un yogi tibétain
Yogi tibétain (1781-1851)

Texte proposé par Aron O’Raney.

Nourrir L’esprit Et Embrasser L'Un...




Nourrir l’esprit et embrasser l’Un.
Mais peux-tu garder l’Un sans le faire disparaître ?

Concentrer son souffle vital jusqu’à le rendre subtil à l’extrême.
Mais peux-tu le faire au point de devenir tel un nouveau-né ?

Rendre l’esprit semblable au miroir.
Mais peux-tu le garder exempt de toute souillure ?

Chérir le peuple et faire prospérer le pays.
Mais peux-tu l’accomplir sans agir ?

Ouvrir et fermer les portes du Ciel.
Mais peux-tu prendre la place du féminin ?

Comprendre tout ce qu’embrassent les quatre directions.
Mais peux-tu l’accomplir sans avoir recours à la connaissance ?

Faire advenir les Êtres et les nourrir.
Fais-les advenir, mais ne les regarde pas comme ta propriété.

Favorise leur croissance, mais ne les dirige pas.
C’est ce qu’on appelle posséder une vertu profonde.
La Voie Du Tao, Livre I — X
Texte proposé par Aron O’Raney.

Le Rubayat, Quatrains IX À XVI




IX

Autrefois, ce vase était un pauvre amant qui gémissait de l'indifférence d'une femme.

L'anse, au col du vase... son bras qui entourait le cou de la bien-aimée !

X

Qu'il est vil, ce cœur qui ne sait pas aimer, qui ne peut s'enivrer d'amour !

Si tu n'aimes pas, comment peux-tu apprécier l'aveuglante lumière du soleil et la douce clarté de la lune ?

XI

Toute ma jeunesse refleurit aujourd'hui ! Du vin ! Du vin !

Que ses flammes m'embrasent ! ... Du vin !

N'importe lequel... Je ne suis pas difficile.

Le meilleur, croyez bien, je le trouverai amer, comme la vie !

XII

Tu sais que tu n'as aucun pouvoir sur ta destinée.

Pourquoi l'incertitude du lendemain te cause-t-elle de l'anxiété ?

Si tu es un sage, profite du moment actuel.

L'avenir ? Que t'apportera-t-il ?

XIII

Voici la saison ineffable, la saison de l'espérance, la saison où les âmes impatientes de s'épanouir recherchent les solitudes parfumées.

Chaque fleur, est-ce la main blanche de Moïse ?

Chaque brise, est-ce l'haleine de Jésus ?

XIV
Il ne marche pas fermement sur la Route, l'homme qui n'a pas cueilli le fruit de la Vérité.

S'il a pu le ravir à l'arbre de la Science, il sait que les jours écoulés et les jours à venir ne diffèrent en rien du premier jour décevant de la Création.

XV

Au-delà de la Terre, au-delà de l'Infini, je cherchais à voir le Ciel et l'Enfer.

Une voix solennelle m'a dit : « Le Ciel et l'Enfer sont en toi. »

XVI

Rien ne m'intéresse plus.

Lève-toi, pour me verser du vin !

Ce soir, ta bouche est la plus belle rose de l'univers...

Du vin ! Qu'il soit vermeil comme tes joues, et que mes remords soient aussi légers que tes boucles !


Omar Khayyâm.
Traduit par Franz Toussaint, Paris, L'Édition d'art H. Piazza.

Texte proposé par Aron O’Raney.