Chanson De L’homme




J’étais ici dés le commencement, et je suis encore ici.
Et je resterais ici jusqu’à la fin du monde,
Car il n’est pas de fin à mon être en proie à la douleur.

J’ai arpenté le ciel infini, je me suis élevé dans le monde idéal,
Et j’ai flotté dans le firmament.
Mais je suis ici prisonnier de la matière.

J’ai entendu les enseignements de Confucius ;
J’ai écouté la sagesse de Brahmâ ;
Je me suis assis à côté de bouddha sous l’arbre de la connaissance.
Pourtant je suis ici, et mon existence est ignorance et Hérésie.

J’étais sur le Sinaï quand Jéhovah approcha Moïse ;
J’ai vu les miracles du Nazaréen au Jourdain ;
J’étais à Médine quand Mahomet fut visité.
Pourtant je suis ici, prisonnier de la confusion.

Puis j’ai été témoin de la puissance de Babylone ;
J’ai appris la gloire de l’Égypte ;
J’ai vu la grandeur guerrière de Rome.
Pourtant mes enseignements précédents,
M’ont montré la faiblesse, et la douleur de ces réalisations.

J’ai conversé avec les magiciens d’Ain Dour ;
J’ai débattu avec les prêtres d’Assyrie ;
J’ai sondé la profondeur des prophètes de Palestine.
Pourtant je recherche toujours la vérité.

J’ai recueilli la sagesse de l’Inde sereine ;
J’ai exploré les antiquités de l’Arabie ;
J’ai entendu tout ce qui peut être entendu ;
Pourtant mon cœur est sourd et aveugle.

J’ai souffert des mains des souverains despotiques ;
J’ai souffert l’esclavage des envahisseurs fous ;
J’ai souffert la faim imposée par la tyrannie ;
Pourtant je possède encore un pouvoir intérieur,
Avec lequel je lutte pour aborder chaque journée.

Mon esprit est rempli, mais mon cœur est vide :
Mon corps est vieux, mais mon coeur est un enfant.
Peut-être mon cœur rajeunira-t-il, mais je prie pour vieillir ;
ET atteindre l’heure de mon retour vers Dieu.
Alors seulement, mon cœur se remplira !

J’étais ici dés le commencement, et je suis encore ici.
Et je resterais ici jusqu’à la fin du monde,
Car il n’est pas de fin à mon être en proie à la douleur.


Kahlil Gibran.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Des Temples De Bonté Dans Nos Cœurs



Le but de toutes les principales traditions religieuses n’est pas de construire de grands temples à l’extérieur, mais de créer des temples de bonté et de compassion à l’intérieur, dans nos cœurs.
Toutes les grandes religions ont cette faculté. Plus nous aurons conscience de la valeur et de l’efficacité des autres traditions religieuses, plus profonds seront le respect et la vénération que nous leur porterons.
Voilà le bon chemin à suivre si nous voulons promouvoir une compassion véritable et un esprit d’harmonie entre les religions.

« J’appelle à une révolution spirituelle. »
La révolution spirituelle que je préconise n’est pas une révolution religieuse. Elle n’a rien à voir non plus avec un style de vie qui serait pour ainsi dire d’un autre monde, et moins encore avec la magie ou le mystère.
Il s’agit plutôt d’une réorientation radicale de nos préoccupations égoïstes habituelles au sein de notre communauté, d’une conduite prenant en compte les intérêts d’autrui autant que les nôtres.
On objectera que la transformation nécessaire à une telle réorientation est certes souhaitable, qu’il est bon pour chacun de cultiver compassion et amour, mais qu’une révolution de l’esprit n’est guère apte à résoudre la multiplicité et l’ampleur des problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.
On dira encore que les problèmes de violence, alcoolisme, drogue ou effondrement de la famille, doivent être combattus sur leur propre terrain. Il n’en reste pas moins que davantage d’amour et de compassion contribueront à les résoudre ; on peut donc également les considérer comme des problèmes d’ordre spirituel et les traiter comme tels.
Cela ne signifie pas qu’il suffirait de cultiver nos valeurs spirituelles pour qu’ils disparaissent automatiquement. Au contraire, chacun d’eux appelle une réponse spécifique. Mais quand la dimension spirituelle est négligée, il est inutile d’espérer une solution durable.

« Révolution spirituelle et révolution éthique. »
Transformer son esprit, telle est selon moi la spiritualité. Or la meilleure façon de transformer l’esprit, c’est de l’habituer à une manière d’être ou de penser plus altruiste.
On retrouve donc l’éthique au fondement même de la spiritualité, qu’elle soit séculière ou religieuse. C’est une spiritualité pour tous, qui ne concerne pas uniquement les croyants d’une religion donnée.
La révolution spirituelle que je préconise ne va pas naître de conditions extérieures dépendant du progrès matériel. Elle n’est pas réalisée par des ordinateurs, ni engendrée par des modifications ou des traitements que l’on apporterait au cerveau.
Elle doit naître de l’intérieur, du désir profond de se transformer pour devenir un meilleur être humain. C’est à cela que nous devons travailler, c’est de cette façon qu’une révolution spirituelle pourra advenir.

« J’aime l’image des épées transformées en socs de charrue. »
Il y a un passage magnifique dans la Bible qui nous engage à transformer les épées en socs de charrue. J’aime cette image d’une arme retournée en un instrument au service des besoins humains fondamentaux.
Elle symbolise une attitude de désarmement intérieur et extérieur. Dans l’esprit de ce message ancestral, il me paraît important de souligner aujourd’hui l’urgence d’une politique longtemps attendue afin de démilitariser la planète entière.
Selon le Dalaï-lama, la paix ne se décrète ni ne s’impose par la force. Fruit de la compassion, elle mûrit dans le cœur humain et rayonne sur le monde : « C’est la compassion qui est le fondement de la paix.
Et la paix ne signifie pas simplement l’absence de violence ou de guerre. La paix est bien plus que cela. La paix, la vraie paix, est, je crois, le fruit de la compassion. »

Extraits de « Mon Autobiographie spirituelle »
Sa Sainteté le Dalaï-Lama
Texte proposé par Aron O’Raney.

Jacques Le Majeur, Alias Jacques De Compostelle


Saint Jacques le Majeur, Apôtre ( vers l'an 44 )


Saint Jacques le Majeur, fils de Zébédée et de Salomé, était frère de Saint Jean l'Évangéliste. On le surnomma le Majeur, pour le distinguer de l'Apôtre du même nom surnommé le Mineur, qui fut évêque de Jérusalem.

Il était de Galilée et vint au monde douze ans avant Jésus-Christ.

Il exerçait la profession de pêcheur, ainsi que son père et Jean, son frère.

Un jour qu'ils nettoyaient leurs filets dans une barque sur les bords du lac de Génésareth, Jésus appela les deux frères ; à l'instant, quittant leur barque et leur père, ils se mirent à Sa suite et furent bientôt agrégés au collège des Apôtres.

Le choix que Jésus fit des deux frères pour être, avec Pierre, témoins de Sa Transfiguration, et plus tard de Sa prière au Jardin des Oliviers, montre assez l'affection dont Il les honorait.

Après la dispersion des Apôtres, Jacques le Majeur vint en Espagne, dont Dieu le destinait à faire la conquête. Il la parcourut en tous sens et la féconda de ses sueurs ; mais il ne put convertir que neuf disciples.

N'est-ce pas un sujet de consolation pour les prédicateurs dont les efforts ne sont pas toujours couronnés de succès? Dieu Se plaît ainsi à éprouver Ses envoyés ; ils sèment, d'autres recueilleront la moisson.

Du reste, Jacques eut une grande consolation : la Sainte Vierge, vivante encore, lui apparut et lui demanda de construire, en Son honneur, une chapelle qui serait une protection pour l'Espagne. La Sainte Vierge a maintes fois prouvé depuis aux Espagnols qu'ils étaient sous Sa sauvegarde.

Saint Jacques revint à Jérusalem, y prêcha la foi de Jésus-Christ et convertit beaucoup de personnes.

L'Apôtre gagna à Jésus-Christ deux magiciens qui avaient cherché à le confondre par leur art diabolique.

Un jour qu'il prêchait, une émeute, préparée à l'avance, se souleva contre lui ; on le conduisit au gouverneur Hérode, en disant : « Il séduit le peuple, il mérite la mort. »

Hérode, homme sans conscience, visant avant tout à plaire, commanda de trancher la tête au saint Apôtre.

Le glorieux martyr appartenait à l'Espagne, qu'il avait évangélisée.

Sa dépouille mortelle y fut conduite par quelques disciples.

Il n'est peut-être pas au monde un ancien pèlerinage plus célèbre que celui de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Saint Jacques a été souvent le défenseur de l'Espagne contre les Sarrasins.



Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Texte proposé par Aron O’Raney.

La Vérité Est Un Pays Sans Chemins




La vérité est un pays sans chemins.

Il n'existe pas de sentier qui y conduise,
Ni de religion, ni de secte.

Tel est mon point de vue que je défends absolument,
Et inconditionnellement.

La vérité ne connaît pas de limites,
Elle ne peut être conditionnée,
Elle ne peut être atteinte par des voies prédéfinies,
Et ne peut donc pas non plus être organisée.

C'est pourquoi il ne faudrait pas fonder,
Des organisations, qui conduisent les hommes,
Sur un chemin particulier,
Ou, les obligent à l'emprunter.

Une fois que vous aurez compris cela,
Vous reconnaîtrez qu'il est totalement impossible,
D’organiser une croyance.

La croyance est une affaire strictement individuelle,
Et l’on ne peut, ni ne doit,
La forcer au sein d'une quelconque organisation...


Jiddu Krishnamurti.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Une Chanson Désespérée




Ton souvenir surgit de la nuit où je suis.
La rivière à la mer noue sa plainte obstinée.

Abandonné comme les quais dans le matin.
C'est l'heure de partir, ô toi l'abandonné !

Des corolles tombant, pluie oi e sur mon coeur.
Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé !

En toi se sont accumulés avec les guerres les envols.
Les oiseaux de mon chant de toi prirent essor.

Tu as tout englouti, comme fait le lointain.
Comme la mer, comme le temps. Et tout en toi fut un naufrage !

De l'assaut, du baiser c'était l'heure joyeuse.
lueur de la stupeur qui brûlait comme un phare.

Anxiété de pilote et furie de plongeur aveugle,
trouble ivresse d'amour, tout en toi fut naufrage !

Mon âme ailée, blessée, dans l'enfance de brume.
Explorateur perdu, tout en toi fut naufrage !

Tu enlaças la douleur, tu t'accrochas au désir.
La tristesse te renversa et tout en toi fut un naufrage !

Mais j'ai fait reculer la muraille de l'ombre,
j'ai marché au-delà du désir et de l'acte.

Ô ma chair, chair de la femme aimée, de la femme perdue,
je t'évoque et je fais de toi un chant à l'heure humide.

Tu reçus l'infinie tendresse comme un vase,
et l'oubli infini te brisa comme un vase.

Dans la noire, la noire solitude des îles,
c'est là, femme d'amour, que tes bras m'accueillirent.

C'était la soif, la faim, et toi tu fus le fruit.
C'était le deuil, les ruines et tu fus le miracle.

Femme, femme, comment as-tu pu m'enfermer
dans la croix de tes bras, la terre de ton âme.

Mon désir de toi fut le plus terrible et le plus court,
le plus désordonné, ivre, tendu, avide.

Cimetière de baisers, dans tes tombes survit le feu,
et becquetée d'oiseaux la grappe brûle encore.

Ô la bouche mordue, ô les membres baisés,
ô les dents affamées, ô les corps enlacés.

Furieux accouplement de l'espoir et l'effort
qui nous noua tous deux et nous désespéra.

La tendresse, son eau, sa farine légère.
Et le mot commencé à peine sur les lèvres.

Ce fut là le destin où allait mon désir,
où mon désir tomba, tout en toi fut naufrage!

Ô sentine de décombres, tout est retombé sur toi,
toute la douleur tu l'as dite et toute la douleur t'étouffe.

De tombe en tombe encore tu brûlas et chantas.
Debout comme un marin à la proue d'un navire.

Et tu as fleuri dans des chants, tu t'es brisé dans des courants.
Ô sentine de décombres, puits ouvert de l'amertume.

Plongeur aveugle et pâle, infortuné frondeur,
explorateur perdu, tout en toi fut naufrage !

C'est l'heure de partir, c'est l'heure dure et froide
que la nuit toujours fixe à la suite des heures.

La mer fait aux rochers sa ceinture de bruit.
Froide l'étoile monte et noir l'oiseau émigre.

Abandonné comme les quais dans le matin.
Et seule dans mes mains se tord l'ombre tremblante.

Oui, bien plus loin que tout. Combien plus loin que tout.

C'est l'heure de partir. Ô toi l'abandonné.


Pablo Neruda.
Texte proposé par Aron O’Raney.

L'homme Blanc, Dans Son Indifférence...




« L'homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de notre Mère la Terre.

L'avance technologique de l'homme blanc s'est révélée comme une conséquence de son manque d'intérêt pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit.

L'appétit de l'homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé à notre Mère la Terre, dans sa recherche de ce qu'il appelle les ressources naturelles.

Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup d'Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc.


Aujourd'hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent du charbon et de l'eau dans notre sol, afin de créer plus d'énergie pour les villes de l'homme blanc.

On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé.

Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes.

Aujourd'hui, presque toutes les prophéties se sont réalisées.

Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage ; l'homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec ses avions.

Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le swastika ou le soleil levant.

Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres était renversée sur la terre, beaucoup d'hommes mourraient, et que la fin de cette manière de vivre était proche.

Nous interprétons cela comme les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki.

Nous ne voulons pas que cela ne se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple ; cette énergie devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre.

Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d'envoyer au président des États-Unis et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de l'humanité, afin que la Paix, l'Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes. »



Lettre des Indiens Hopis au président Nixon en 1970
Texte proposé par Aron O’Raney.

Dalaï Lama, Congrés Américain...




C’est un grand honneur pour moi de recevoir la médaille d’or du Congrès américain.

Cette reconnaissance sera source d’une immense joie et d’un grand encouragement pour les Tibétains envers qui j’ai une responsabilité particulière. Leur bien-être est ma motivation constante et je me considère toujours comme leur porte-parole libre.

Je crois que cette distinction envoie aussi un message fort à tous ceux qui consacrent leurs efforts à la promotion de la paix, la compréhension et l’harmonie.

Sur un plan personnel, je suis profondément ému qu’un si grand honneur ait été conféré à un moine bouddhiste, né dans une famille simple, originaire de la lointaine province de l’Amdo au Tibet.

Enfant, j’ai grandi entouré de l’amour bienveillant de ma mère, une femme de grande compassion. Et après mon arrivée à Lhassa, à l’âge de quatre ans, tous ceux qui m’entouraient, mes maîtres ainsi que les domestiques, m’enseignèrent ce que cela signifie d’être bon, honnête et bienveillant.

C’est dans un tel environnement que j’ai grandi.

Plus tard, mon éducation classique dans la pensée bouddhiste m’a fait découvrir des concepts tels que l’interdépendance et le potentiel humain pour une compassion infinie.

Cela m’a permis de prendre conscience de l’importance de la responsabilité universelle, la non-violence et la compréhension entre les religions. Aujourd’hui, la foi en ces valeurs me donne une motivation puissante pour promouvoir les qualités humaines de base.

Et dans le contexte de mon propre combat pour les droits humains et une plus grande liberté du peuple tibétain, ces valeurs continuent de guider mon engagement à poursuivre sur la voie de la non-violence.

En 2007 dans la rotonde du Congrès des États Unis à Washington, une vingtaine d’années après le Nobel de la Paix à Oslo, c’est de nouveau en sa qualité d’être humain que le Dalaï-lama reçut la médaille d’or du Congrès américain.
Il est monté à la tribune, vêtu de l’habit monastique, un ample châle safran drapé sur sa robe pourpre, dégageant son épaule droite.
Autour de lui, des statues solennelles figent dans le marbre la mémoire de l’époque héroïque de Thomas Jefferson et des Pères fondateurs de la nation américaine, tandis que des fresques honorent le souvenir des combats de La Fayette.
Le Président G.W. Bush attendrit l’auditoire en évoquant le Dalaï-lama petit garçon, qui « gardait un modèle de la statue de la Liberté sur sa table de chevet au Potala.
Des années plus tard, lors de sa première visite aux États-Unis, il visita Battery Park à New York, curieux de voir l’original. »
Et le dirigeant américain de poursuivre sur le thème de la liberté, en rappelant que ses ancêtres du Nouveau Monde conquirent leur indépendance par les armes et que « Jefferson considérait la liberté de croire comme l’une des plus grandes bénédictions de l’Amérique. »
Or, précisa le chef de la Maison-Blanche, « cette liberté n’appartient pas à une nation, elle appartient au monde. »
Le président américain parle au nom de la raison d’État. Pour défendre la liberté, son pays a recours à la force. Gendarme du monde à la tête de la nation la plus puissante militairement parlant, le président Bush défend une paix inspirée de l’équilibre de la terreur.
Au contraire, le Dalaï-lama s’exprime en tant qu’être humain et prône un chemin de paix vers la Paix.


Sa Sainteté le dalaï-lama
Extrait du livre « Mon Autobiographie spirituelle »
Texte proposé par Aron O’Raney.

Élisabeth Devait Enfanter




Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils.

Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père.

Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. »

On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »

On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler.

Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean » Et tout le monde en fut étonné.

A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.

La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements.

Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L'enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël.



Évangile De Jésus-Christ Selon Saint Luc 1,57-66.80.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Texte proposé par Aron O’Raney.

Tripura Tapini Upanishad


Le Brahmane inférieur est exprimé par les mots ;

Le Brahmane éternel demeure, quand se dissipent les mots ;

Qui connaît ce Brahmane pacifiera son mental,

En méditant sur l'Éternel.
Deux Brahmanes doivent être pris en considération :

Le Brahmane par les mots,

Et le Brahmane suprême.

Celui qui est très versé en textes sacrés,

Atteindra assurément au Brahmane suprême.


Tripura Tapini Upanishad, V-19 Et 20.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Ce Que Je Crois




« Le présent ne peut être vivant si le passé est mort.

Quand nous chassons le passé par la fenêtre,
il ne tarde pas à revenir par la grande porte,
sous les déguisements les plus étranges.

Les guerres contre la mémoire,
sont toujours perdues par ceux qui les entreprennent.

Nous devons rendre présent le passé,
si nous voulons comprendre la résurgence de cultures insatisfaites,
par la course écervelée vers un futur sans queue ni tête. »



Carlos Fuentes Macias.
Ce que je crois.

Texte proposé par Aron O’Raney.

Tu Ne Peux Pas Retenir...



Tu ne peux pas retenir le temps.
Il passe.

Il coule entre tes doigts
Comme l'eau de la fontaine.

Il glisse dans ta main
Comme le sable de la mer.

Tu ne peux rattraper le passé.
Il n'est plus.

Il s'en est allé
Comme le couchant d'hier.

Il est disparu
Comme un souvenir perdu.

Tu ne peux emprisonner le futur.

Il n'est pas encore.
Il viendra à son heure
Comme le levant de demain.

Il te rejoindra
Comme la vague qui s'approche du rivage.

Mais tu peux toujours cueillir le présent
Comme un beau présent de Dieu.

Ce présent est comme un grand arbre :

Il plonge ses profondes racines,
Dans ton passé tout plein,
De souvenir et d'expérience,
Comme une sagesse accumulée.
Et il lance ses longues branches
vers ton futur tout plein,
De promesse et d'espérance,
Comme un projet emballant.
Le présent est fait
De ton passé, qui n'est plus,
Et de ton futur, qui n'est pas encore.
Prends le temps qui t'est donné
À chaque instant qui passe.
Cueille-le précieusement,
Comme l'eau du ruisseau,
Qui t'est toujours disponible.
Ne gaspille pas ton temps,
C’est un cadeau de Dieu.

Ne passe pas ton temps
À courir après le temps.
Prends ton temps.
Ne dis pas : je n'ai pas le temps.
Dis plutôt : j'ai tout mon temps.
Ne sois pas avare de ton temps.
Donne de ton temps aux autres,
Comme Dieu te le donne à toi.
Ne cours pas tout le temps,
Prends ton temps.
Et laisse au temps,
Le temps,

De faire son temps.

Alors, tu gagneras du temps.
Et tu découvriras,
que c'est beau et bon le temps,
Que c'est plein de Dieu dedans.



Jules Beaulac.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Parle-Nous Du Don...


 Alors un homme riche dit : « Parle-nous du Don. »

Il répondit :

« Vous donnez peu lorsque vous donnez de vos biens.

C’est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez vraiment.

Que sont vos biens, sinon des choses que vous, gardez et défendez, par crainte d’en manquer demain ?

Et demain, qu’apportera demain au chien trop prudent qui, en suivant les pèlerins vers la cité sacrée, enterre des os dans du sable mouvant ?

La peur de connaître le besoin n’est-elle pas le besoin lui-même ?

Et la crainte de la soif, alors même que votre puits est plein, n’est-elle pas la soif inextinguible ?

Il y a ceux qui donnent peu de leur abondance pour en attendre de la reconnaissance. Leurs motifs inavoués dénaturent leur don.

Et d’autres ont peu, mais ils le donnent totalement.

Ceux-ci croient en la vie et en la générosité de la vie ; leur coffre n’est jamais vide.

Il en est qui donnent avec joie ou avec peine

Cette joie est leur récompense et cette peine,leur baptême.

Il en est aussi qui donnent sans peine ni joie, mais encore inconscients de cette vertu.

Ceux-là donnent comme le myrte qui exhale son parfum là-bas dans la vallée.

À travers leurs mains, Dieu nous parle et par leurs yeux il sourit à la terre.

Il est bien de donner quand on, vous sollicite, mais il est mieux de donner sans qu’on vous le demande, par compréhension.

Et pour celui qui est généreux, trouver à qui donner ne procure-t-il pas une joie plus grande que le don ?

Est-il seulement quelque chose que vous pourriez refuser ?
Tout ce que vous possédez sera donné un jour.

Donnez donc maintenant afin que la moisson de votre don soit la vôtre et non celle de vos héritiers.

Souvent, vous dites : “Je veux bien donner, mais seulement à ceux qui le méritent.”

Ce n’est point ce que disent les arbres de vos vergers ni les troupeaux de vos pâturages.

Car ils donnent pour vivre ; refuser c’est périr.

Celui qui a été digne de recevoir ses jours et ses nuits, est aussi digne de recevoir de vous tout le reste.

Et celui qui a mérité de boire à l’océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre ruisseau.

Est-il un mérite encore plus grand que celui qui est dans le courage et la confiance, voire la charité de recevoir ?

Qui croirez-vous être pour contraindre les gens à se déchirer la poitrine et à dévoiler leur fierté, afin de vous laisser voir leur dignité mise à nu et leur fierté sans pudeur ?

Veillez d’abord à mériter de donner et d’être l’instrument du don.

Car en vérité c’est la vie qui donne à la vie. Et vous qui croyez être donateurs, vous n’êtes que témoins.

Quant à vous qui recevez, et vous tous vous recevez, ne soyez pas accablés par le poids de la gratitude. Sinon vous risqueriez d’imposer un joug à vous-mêmes et à vos bienfaiteurs.

Élevez-vous plutôt avec vos bienfaiteurs, comme si leurs dons étaient des ailes.

Car à trop vous soucier de vos dettes, vous doutez de leur générosité qui a la terre prodigue pour mère et Dieu pour père. »


Khalil Gibran.
Le Prophète (E 26)
Texte proposé par Aron O’Raney.

Marie-Madeleine...


SAINTE MARIE-MADELEINE
(Ier siècle )

Marie Madeleine, sœur de Marthe et de Lazare, était d'une famille distinguée de Béthanie. Après la mort de ses parents, Marie avait reçu en héritage le château de Magdala, en Galilée, d'où lui vint le surnom de Madeleine, et elle y vivait dans le luxe et les plaisirs au point qu'elle devint le scandale de toute la Galilée, et qu'on ne la connut bientôt que sous le nom de la Pécheresse.

En punition de ses débordements, elle fut possédée du démon jusqu'au jour où le Sauveur, lui remettant ses péchés, la délivra de la domination de Satan.

Dieu avait fait naître en ce cœur coupable le désir de voir Jésus; ce désir devait être son salut, car le Sauveur voulait donner en Madeleine un exemple frappant de Sa miséricorde infinie en même temps que de la plus parfaite pénitence.

C'est elle qui, ayant un jour suivi le Seigneur chez Simon le Pharisien, versa sur les pieds de Jésus un vase de parfum précieux, les arrosa de ses larmes et les essuya avec ses cheveux, et qui entendit ensuite cette parole : « Beaucoup de péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé. »

Nous la rencontrons, depuis lors, très souvent dans l'Évangile ; elle contemple Jésus et L'écoute, dans la maison de Béthanie, pendant que sa sœur Marthe s'occupe seule du service de la maison : « Marie, dit le Sauveur, a choisi la meilleure part. »

Une autre fois, dans les derniers jours de sa vie, Jésus voit Madeleine répandre un parfum délicieux sur cette tête divine qui bientôt sera couronnée d'épines. Elle accompagne le Sauveur au sommet du Calvaire, assiste à Sa mort et à Sa sépulture, et bientôt reçoit l'une des premières visites du Christ ressuscité : « Marie ! » s'écrie le Sauveur.

Et Marie, reconnaissant Jésus, Lui répond dans une effusion d'amour : « Ô mon Maître ! »

D'après une tradition française, les Juifs endurcis, fatigués de ses exhortations et de celles de Marthe et de Lazare, les exposèrent sur la mer par une tempête, dans une pauvre barque sans rames ni voiles.

La nacelle voguait à la garde de Dieu, et vint aborder, après quelques jours, au rivage de Marseille.

Les pieux disciples du Christ firent là de nombreuses conquêtes.

Quant à Madeleine, elle s'enfonça dans les montagnes sauvages et solitaires et fut transportée par les anges dans une grotte appelée depuis la Sainte-Baume, où elle mena une vie plus angélique qu'humaine, favorisée des grâces les plus merveilleuses, ne vivant que de la Sainte Communion, soupirant et versant des larmes de pénitence et d'amour.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Immortalité De L'âme Dans L’Egypte Antique



La civilisation égyptienne est unique dans l’antiquité, par l’importance prépondérante accordée à la métaphysique de la mort. L’édification des pyramides et l'embaumement des morts, en est d’ailleurs le trait le plus marquant.

Ainsi, un proverbe arabe connu énonce :

« Les Dieux craignent une seule chose, le temps, mais le temps à son tour craint les pyramides ».

L’affirmation s’avère juste, au sens empirique du terme, car les pyramides ont survécues aux Dieux de l’Égypte.

Les Égyptiens croyaient en l’immortalité de l’âme, ils avaient leur propre conception de l’au-delà ; ils portaient grand intérêt aux morts. Leur principal souci, était d’assurer « confort » et « bonheur », aux défunts, et l’essentielle préoccupation pour eux était l’embaumement et la construction de sépultures durables.

Le tombeau où se trouvait le corps momifié, était considéré comme la « maison » du défunt.

Pour l’Égyptien,  l’âme prenait différents aspects de la vie spirituelle.

Ainsi, l'âme « bai » passe de la mort à une autre vie, elle est figurée sous l’aspect d'un oiseau, car après la mort elle doit quitter le corps rapidement, pour se présenter au Jugement d'Osiris.

L’âme « ka » quant à elle, était en quelque sorte un alias du corps, ce principe vital qui subsiste après la mort dans le tombeau, aussi longtemps que le corps.

Pour que le défunt puisse accéder au royaume de l'au-delà par son « ka », l'embaumement du corps était nécessaire.

Le rite de l'embaumement fut créé par Isis, aidée par Anubis, lorsqu'elle embauma son époux Osiris afin de lui redonner vie. Ce rite symbolise donc la renaissance du défunt et l'accès au « royaume des morts » et au repos éternel. Les statues et offrandes présentes aux côtés du défunt dans son sarcophage permettent de l'accompagner dans son chemin vers le jugement de l'âme.

Ce chemin vers l'au-delà s’illustre dans l'architecture de la pyramide. En effet, dans la pyramide, les couloirs allant vers le sommet de la pyramide et le ciel depuis la chambre funéraire du défunt, semblent être des passages favorisant la montée de l'âme vers le « royaume des morts ».


Le Livre des morts, placé aux côtés du défunt, était destiné à le guider vers le « royaume des morts » et le préparer au jugement de l'âme à l'aide de recueils et de sortilèges.

La croyance en la réincarnation ou en la transmigration de l’âme imprégnait tout. L'On croyait l’âme immortelle, mais on pensait qu’il fallait malgré tout conserver le corps pour que l’âme puisse y revenir et s’en servir à nouveau.

Dans la description des textes funéraires égyptiens, le chemin qui mène au monde d’après était semé de terribles dangers : monstres, lacs de feu, portes infranchissables sans formules magiques, et un passeur sinistre dont il fallait déjouer les desseins maléfiques.

Les Égyptiens avaient quelques coutumes insolites. Ainsi, à la fin des agapes un convive faisait le tour de la table, avec un petit sarcophage contenant une poupée représentant un cadavre momifié, le présentant aux invités il disait : « regardez-la, buvez et soyez joyeux parce qu’après la mort vous serez comme celle-ci ».

L'Égypte est considérée depuis longtemps comme le pays où l'idée d'immortalité de l'âme est apparue pour la première fois.

Déjà, les anciens Grecs chez qui elle jouait surtout un rôle dans les cultes à mystères la renvoyaient vers l'Égypte, d'où Orphée était censé l'avoir apportée en Grèce.

Au XVIIe siècle, tandis que Spinoza choquait Juifs et chrétiens en découvrant que la notion d'immortalité de l'âme était totalement étrangère à l'Ancien Testament, l'Égypte apparut encore davantage comme son pays d'origine.

Aujourd'hui, alors que nous pouvons lire et comprendre les écrits égyptiens, nous ne pouvons que confirmer cette intuition. L'idée d'immortalité est non seulement depuis longtemps chez elle en Égypte, mais c'est même par elle que l'Égypte se distingue le plus des autres cultures du monde de l'Antiquité.



Aron O’Raney