Notre Peur La Plus Profonde N’est Pas...




Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur,

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants,
au-delà de toute limite,

C’est notre propre lumière,
et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.

Nous nous posons la question :

« Qui suis-je, moi, pour être brillant, talentueux et merveilleux ? »

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?

Vous êtes un enfant de Dieu.

Vous restreindre et vivre petit ne rend pas service au monde,

L’illumination n’est pas de vous rétrécir,
pour éviter d’insècuriser les autres,

Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu,
qui est en nous,

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus :

elle est en chacun de nous,

Et au fur et à mesure que nous laissons briller,
Notre propre lumière,

Nous donnons inconsciemment aux autres,
La permission de faire de même.


En nous libérant de notre propre peur,
Notre présence libère automatiquement les autres...



Nelson Mandela

Extrait du discours de Nelson Mandela lors de son intronisation à la présidence de l’Afrique du Sud, 1994 (écrit par une femme : Marianne Williamson).

Texte proposé par Aron O’Raney.

Sois Toi-Même...




Sois toi-même et n'essaie pas d'imiter quiconque.

Il faut de tout pour faire un monde.

Je ne vous veux pas tous pareils, comme des pois dans une gousse.

J'ai besoin que vous soyez tous différents, chacun faisant son travail spécifique, et jouant son rôle spécifique, se fondant parfaitement dans le tout.

Cela ne veut pas dire qu'il faut qu'il y ait de la disharmonie, ou de la discorde parce que vous êtes tous différents.

Il y a beaucoup d'instruments de musique différents dans un orchestre, et chacun a sa juste place dans le tout, et s'y fond parfaitement,
quand il fonctionne en harmonie avec le tout.

C'est lorsque les âmes individuelles prennent leurs propres orientations, sans aucune pensée ou considération pour le tout, que la discorde et le chaos apparaissent.

Lorsque votre coeur sera à sa place, et lorsque vous vivrez et travaillerez ensemble pour le bien du tout, seul le meilleur en sortira.

Ainsi donc, cesse de lutter et laisse aller.

Tout ce que tu as à faire est d'être, et de laisser les choses se déployer.



Eileen Caddy.
Texte proposé par Aron O’Raney.

La Voie Et Le Nom...


La voie prononcée n’est pas la Voie véritable;
Le nom prononcé n’est pas le Nom véritable.

L’être sans Nom est l’origine du ciel et de la terre;
Avec un Nom, il est la mère de toutes choses.

Ceux qui demeurent, dans le non-vouloir,
Voient ce qu’il en est en vérité;

Ceux qui demeurent dans la volonté,
Ne voient que ce qu’ils recherchent.

Ces deux choses naissent ensemble.

Elles reçoivent des noms différents,
Mais c’est le même qu’elles nomment.

Elles sont plus profondes que la profondeur.

C’est la porte du subtil.
La Voie Du Tao, Livre I — I
Texte proposé par Aron O’Raney.

Lui, Il Faut Qu'il Grandisse...



« Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue » (Jn 3,30)


Le plus grand des hommes a été envoyé pour rendre témoignage à Celui qui était plus qu'un homme.

En effet, quand celui qui est « le plus grand d'entre les enfants des femmes » (Mt 11,11) dit :

« Je ne suis pas le Christ » (Jn 1,20) et s'humilie devant le Christ, il nous faut comprendre qu'il y a dans le Christ plus qu'un homme...

« De sa plénitude nous avons tous reçu » (Jn 1,16).

Qu'est-ce à dire, « nous tous »?

C'est-à-dire que les patriarches, les prophètes et les saints apôtres, ceux qui ont précédé l'Incarnation ou qui ont été envoyés depuis par le Verbe incarné lui-même, « nous avons tous reçu de sa plénitude ».

Nous sommes des vases, il est la source.

Donc..., Jean est homme, le Christ est Dieu :

il faut que l'homme s'humilie, pour que Dieu soit exalté.

C'est pour apprendre à l'homme à s'humilier que Jean est né le jour à partir duquel les jours commencent à décroître ; pour nous montrer que Dieu doit être exalté, Jésus Christ est né le jour où les jours commencent à croître.

Il y a ici un enseignement profondément mystérieux. Nous célébrons la nativité de Jean comme celle du Christ, parce que cette nativité est pleine de mystère.

De quel mystère ?

Du mystère de notre grandeur.

Diminuons en nous-mêmes, pour croître en Dieu ; humilions-nous dans notre bassesse, pour être exaltés dans sa grandeur.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église.

Sermon 289, 3ème pour la Nativité de Jean-Baptiste


Texte proposé par Aron O’Raney.

Ne Laisse Pas Une Ambition….



Ne laisse pas une ambition personnelle ou ton intérêt, gâter le plan.
Ne pense qu'au Tout.
Fais tes plans pour le Tout, travaille pour le Tout, donne au Tout,
Et contribue ainsi réellement à accélérer les choses.

Le plan parfait est là, et tu contribues à le réaliser.

Laisse-Moi remplir ton coeur, ton esprit, ton âme et ton Être,
Avec la beauté et l'harmonie de toute vie.
L'harmonie est tout autour de toi.
Éveille-toi, jouis-en pleinement, et rends-en grâce éternellement.

Une vie pleine de beauté et d'harmonie est une joie à contempler.
Elle rayonne et préfigure la loi et l'ordre, le rythme parfait et l'harmonie.
Une véritable oeuvre d'art, quelle qu'elle soit, doit exprimer l'équilibre,
L’harmonie, la grâce et l'ordre.

Une âme vraiment belle reflète ses qualités au regard de tous.
Si le chaos et la confusion vivent à l'intérieur de toi,
Ils se reflètent à l’extérieur, et créent une vie de chaos et de confusion.
Cela ne peut se cacher.
Ainsi en est-il de la paix, de l'harmonie, de la beauté et de l'amour,
Ils se reflètent dans ta vie extérieure et ton apparence.
Pour te mettre au rythme de la vie, il faut apprendre l'art de t'apaiser.

Plus ta tranquillité intérieure est grande,
Plus tu peux refléter clairement les qualités de ton âme.
Comme il est facile de rendre responsable de l'état dans lequel tu es,
Ton environnement, ta situation ou tes conditions de vie !
Comme c'est agréable d'avoir quelque chose,
Ou quelqu'un à blâmer, d'avoir un bouc émissaire.
Il est grand temps que cela cesse,
Et que tu te rendes compte, que tu ne dois t'en prendre qu'à toi-même.
Grand temps de comprendre, que si tu es capable de chercher,
et de trouver cette profonde paix intérieure,
Rien ni personne ne pourra te troubler ou te déstabiliser.
Eileen Caddy.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Albert Camus Discours De Réception Du Prix Nobel 1957


Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m'honorer, ma gratitude était d'autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m'a pas été possible d'apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement.
Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d'une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l'amitié, n'aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d'un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d'une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l'heure où, en Europe, d'autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?
J'ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m'a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m'égaler à lui en m'appuyant sur mes seuls mérites, je n'ai rien trouvé d'autre pour m'aider que ce qui m'a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l'idée que je me fais de mon art et du rôle de l'écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d'amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.
Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent apprend bien vite qu'il ne nourrira son art, et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous.
L'artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher. C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et s'ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel.
Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art.
Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude, même et surtout s'il consent à prendre leur pas. Mais le silence d'un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l'autre bout du monde, suffit à retirer l'écrivain de l'exil chaque fois, du moins, qu'il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l'art.
Aucun de nous n'est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s'exprimer, l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu'il accepte, autant qu'il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté.
Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d'hommes possible, elle ne peut s'accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s'enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l'on sait et la résistance à l'oppression.


Pendant plus de vingt ans d'une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j'ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu'écrire était aujourd'hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement.
Il m'obligeait particulièrement à porter, tel que j'étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l'espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s'installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d'Espagne, à la Deuxième Guerre mondiale, à l'univers concentrationnaire, à l'Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd'hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire.
Personne, je suppose, ne peut leur demander d'être optimistes. Et je suis même d'avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l'erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l'époque. Mais il reste que la plupart d'entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d'une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l'instinct de mort à l'œuvre dans notre histoire.
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire, mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir.
Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance.
Il n'est pas sûr qu'elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l'occasion, sait mourir sans haine pour lui. C'est elle qui mérite d'être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C'est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l'honneur que vous venez de me faire.
Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d'écrire, j'aurais remis l'écrivain à sa vraie place, n'ayant d'autres titres que ceux qu'il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable, mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu'il essaie obstinément d'édifier dans le mouvement destructeur de l'histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir.
La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d'avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n'ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d'être, à la vie libre où j'ai grandi.
Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m'a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m'aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.
Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l'étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m'accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n'en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution.
Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.

From Les Prix Nobel en 1957, Editor Göran Liljestrand, [Nobel Foundation], Stockholm, 1958. Copyright © The Nobel Foundation 1957.
Texte proposé par Aron O’Raney.

Bouddhisme Zen Et Méditation


Maître Dogen Le Précurseur

Le Zen est à la fois philosophie, psychologie et pratique de la méditation.

Il est issu de l’école bouddhiste chan qui s'est développée en Chine, Il provient d'une fusion de la forme Mahayana du bouddhisme née en Inde, et du taoïsme chinois.

Zen Japonais et Chan Chinois correspondent au mot sanskrit « dhyana » c'est-à-dire la méditation, contemplation dans le sens général, et dans le cas du bouddhisme état de conscience d'un bouddha.

Comme toutes les écoles bouddhistes, il postule que la réalité est le monde juste comme il est, en dehors de toutes les pensées spécifiques qui s'y rapportent.

Selon la tradition, le chan a été introduit en Chine en l’an 520 par le moine bouddhiste indien Bodhidharma.

Le Rinzai Zen a été amené au Japon en l’an 1191 par le moine bouddhiste Eisai, et le Soto Zen en l’an 1227 par le moine bouddhiste Dogen.

L'intérêt du monde occidental pour le Zen a débuté avec la publication du traité « Essais sur le bouddhisme Zen » du Japonais D. Suzuki, il s'est amplifié lors de l'occupation du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier parmi les artistes, les philosophes comme Heidegger et les psychologues.

Dans les monastères Zen, la pratique associe méditation, et arts et artisanat, avec peinture, calligraphie, jardinage, architecture, arts martiaux et la cérémonie du thé ; d’ailleurs sous l'influence Zen, l'art de la dégustation du thé a atteint un degré élevé de raffinement au Japon.

La peinture religieuse Zen s’inspire le plus souvent de la nature, et de ce qui la compose, oiseaux, herbe, pierres, montagnes, et autres formes

La Voie du Zen selon le maître Zen Yao-Shan est « Un nuage dans le ciel et de l'eau dans la cruche ».

Le Zen propose de voir le monde tel qu'il est, avec un esprit exempt de toute pensée ou de tout sentiment.

Cette attitude est appelée le « non-esprit », un état de conscience dans lequel les pensées se déplacent sans laisser de traces ; l'esprit sert de vitre et non de miroir, c'est-à-dire qu'il doit donner la vision immédiate, plutôt qu'une interprétation du monde.

Le Zen n'utilise pas la théorie et les systèmes d'exercices spirituels, mais il communique sa vision de la vérité par une méthode appelée le « pointage direct ». Selon le Zen, toutes les théories de la nature et de la réalité interfèrent avec cette vision directe. Cette liberté d'esprit ne peut être atteinte par une pratique progressive.

Il y a deux principales branches Zen : Le Rinzai Zen utilise la méditation, fondée sur des dialogues et questions irrationnelles appelées « Koans » ; et, Le Soto Zen lui, est fondé sur « Zazen », la méditation d’observation de ce qui arrive, sans commentaire intérieur.

Dans la méditation Zen, l’énergie provient de l'âme du pratiquant, cette méditation est une concentration, sur la posture, la respiration et l'attitude de l'esprit. Le Zazen est pratiqué au monastère pour ceux qui renoncent à la vie en société.


Les laïcs, pratiquent Zazen dans le Dojo, qui est un local dédié à la méditation, choisi pour son calme, il en émane une force énergétique c’est donc un lieu de rencontre avec le « maître » ou un assistant, et les autres pratiquants.

Le Dojo est régi par une organisation et une discipline, concernant le vêtement, la façon d’entrer, de se présenter, et la posture assise, pour l’essentiel.

Une attention particulière est accordée à la respiration et à la justesse de la posture de méditation. Une personne est spécialement chargée de la vérifier, et de la corriger si nécessaire, en donnant un petit coup de « jikido » ou « épée de la sagesse » sur l'épaule droite du pratiquant.

Il existe de nombreuses façons de pratiquer Zazen, mais la méthode la plus connue est la plus ancienne, est celle du moine Dogen.

Pour faire Zazen, comme pour toute autre méditation il est souhaitable d'avoir une pièce au calme, de manger et boire modérément.

Le pratiquant doit renoncer à toute relation illusoire, mettre toute chose de côté, ne penser ni au bien ni au mal, ni au vrai ou au faux. Cela vaut non seulement pour les séances de Zazen, mais aussi pour les actions au quotidien.

Habituellement, une épaisse natte carrée est sur le sol à l'endroit où l'on s'assoit, un coussin rond, le « Zafu » sert de siège au méditant.

La posture assise est celle du « Lotus », ou du « demi-Lotus ». En Lotus, l’on pose d'abord le pied droit sur la cuisse gauche, puis le pied gauche sur la cuisse droite. En demi-Lotus, c’est seulement le pied gauche qui est posé sur la cuisse droite.

Le vêtement doit être ample, et porté soigneusement.

Assis, la main droite est sur le pied gauche, et la paume de la main gauche se pose sur la paume de la main droite, les pouces se joignent légèrement.

Le dos est bien droit, les oreilles sur le même plan que les épaules et le nez aligné avec le nombril. La langue est placée tout contre le palais, et la bouche est fermée. Les yeux ouverts, respirer calmement par les narines.

Enfin, ayant réglé corps et esprit ainsi, le pratiquant prend une respiration profonde, balance le corps de gauche à droite, puis reste fermement assis, dans un parfait équilibre.

« Penser à la non-pensée » en « pensant au-delà de la pensée et de la non-pensée ». Voilà la base même de Zazen.

Maitre Taisen Deshimaru
Taisen Deshimaru fut un grand maître de bouddhisme zen. Il a fait connaître cette branche du bouddhisme japonais en Europe, et plus particulièrement en France, où il a résidé de l’année 1967 jusqu'à sa mort.
Il donnait cette description de la pratique :
Assis au centre du « zafu », l’on croise les jambes en Lotus ou en demi-Lotus.

Si l'on rencontre une impossibilité, et qu'on croise simplement les jambes sans mettre un pied sur la cuisse, il convient néanmoins d'appuyer fortement sur le sol avec les genoux.

Dans la position du lotus, les pieds pressent sur chaque cuisse des zones comprenant des points d'acupuncture importants correspondant aux méridiens du foie, de la vésicule et du rein...

Le bassin basculé en avant au niveau de la cinquième lombaire, la colonne vertébrale bien cambrée, le dos droit, on pousse la terre avec les genoux et le ciel avec la tête.

Menton rentré, et par là même nuque redressée, ventre détendu, nez à la verticale du nombril, on est comme un arc tendu dont la flèche serait l'esprit.

Une fois en position, on met les poings fermés ( en serrant le pouce ) sur les cuisses près des genoux, et l'on balance le dos bien droit, à gauche et à droite, sept ou huit fois en réduisant peu à peu le mouvement jusqu'à trouver la verticale d'équilibre.

Alors on salue « gassho », c'est-à-dire que l'on joint les mains devant soi, paume contre paume, à hauteur d'épaule les bras pliés restant bien horizontaux.

Il ne reste plus qu'à poser la main gauche dans la main droite, paumes vers le ciel, contre l'abdomen les pouces en contact par leur extrémité, maintenus horizontaux par une légère tension, ne dessinent ni montagne ni vallée.


Les épaules tombent naturellement, comme effacées et rejetées en arrière.
La pointe de la langue touche le palais.

Le regard se pose de lui-même à environ un mètre de distance. Il est en fait porté vers l'intérieur.

Les yeux, mi-clos, ne regardent rien même si, intuitivement, on voit tout !

L'air est rejeté lentement et silencieusement, tandis que la poussée due à l'expiration descend puissamment dans le ventre.

On « pousse sur les intestins », provoquant ainsi un salutaire massage des organes internes...

Assis en Zazen, on laisse les images, les pensées, les formations mentales, surgissant de l'inconscient, passer comme nuages dans le ciel sans s'y opposer, sans s'y accrocher.


Texte proposé par Aron O’Raney.

L'Opus Dei Et Son Fondateur...


Saint Josemaría Escrivá de Balaguer
( 1902-1975 )

Josemaría Escrivá de Balaguer est né à Barbastro (province de Huesca, Espagne) le 9 janvier 1902.

Ses parents s'appelaient José et Dolores. Il eut cinq frères et sœurs : Carmen ( 1899-1957 ), Santiago ( 1919-1994 ) et trois sœurs plus jeunes que lui, qui moururent étant encore enfants. Le couple Escrivá donna à ses enfants une profonde éducation chrétienne.

En 1915, l'entreprise commerciale de son père ferma ses portes, et il dut s'installer à Logroño, où il trouva un autre travail. Dans cette ville, Josemaría perçut pour la première fois que Dieu l'appelait : après avoir vu des traces de pieds nus dans la neige laissées par un religieux, il comprit que Dieu attendait quelque chose de lui, sans savoir quoi exactement.

Il pensa alors qu'il pourrait mieux le découvrir en devenant prêtre ; il commença à s'y préparer tout d'abord à Logroño et plus tard au séminaire de Saragosse. Il poursuivit aussi des études de droit civil, comme auditeur libre. Son père mourut en 1924, et il devint alors comme le chef de la famille.

Le 28 mars 1925, il fut ordonné prêtre et il commença à exercer son ministère dans une paroisse rurale dans les environs de Saragosse. En 1927, il s'installa, avec la permission de son évêque, à Madrid, pour pouvoir achever un doctorat en droit. Là, le 2 octobre 1928, durant des exercices spirituels, il vit ce que Dieu lui demandait, rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, même au milieu du monde, en sanctifiant les réalités du monde, et, après avoir constaté qu'aucune institution de l'Église ayant ce but n'existait alors, il fonda l'Opus Dei.


 Dès lors, il commença à travailler à cette fondation, en même temps qu'il exerçait son ministère sacerdotal, spécialement dans les milieux déshérités, auprès des pauvres et des malades. En outre, il prolongea ses études à l'Université de Madrid et dispensa des cours pour subvenir aux besoins de sa famille.

En 1946, il fixa sa résidence à Rome. Il obtint le doctorat en Théologie à l'Université du Latran. Il fut nommé consulteur de deux congrégations vaticanes, membre honoraire de l'Académie Pontificale de Théologie et prélat d'honneur de Sa Sainteté. Depuis Rome, il voyagea à de nombreuses occasions dans différents pays d'Europe — et en 1970 au Mexique —, pour établir et consolider l'Opus Dei dans ces régions du monde.

Animé de la même ambition, il entreprit, en 1974 et en 1975, deux grands voyages en Amérique Centrale et du Sud, où il tint des réunions catéchétiques avec de très nombreuses personnes. Saint Josemaría mourut à Rome le 26 juin 1975. Des milliers de personnes, dont plus d'un tiers de l'épiscopat mondial, sollicitèrent du Saint-Siège l'ouverture de son procès en béatification et en canonisation.


Après sa mort, des milliers de lettres furent adressées à Rome pour demander au pape l'ouverture de sa cause en béatification et en canonisation. Parmi elles, celles de 69 cardinaux et près de 1300 évêques ( plus d'un tiers de l'épiscopat mondial ). Plusieurs miracles ont été attribués à l'intercession du saint, incluant quelques guérisons, médicalement inexpliquées. Le miracle retenu pour la béatification de Mgr Escrivá fut celui de la guérison, en 1976, d'une carmélite de la Charité, la sœur Concepción Boullón Rubio, qui, malade, était au bord de la mort.

Après un examen exhaustif de la vie et de l'œuvre de Mgr Escrivá — un procès qui aura duré 10 ans —, le pape Jean-Paul II le béatifia le 17 mai 1992 sur la Place Saint-Pierre. La béatification de Mgr Escrivá, aux côtés de la bienheureuse Joséphine Bakhita, eut lieu devant une des plus grandes foules réunies sur cette place au cours du XXe siècle, soit quelque 300 000 personnes, dont 34 cardinaux et 200 évêques. Dans son homélie, Jean-Paul II dit aux fidèles : « Avec une intuition surnaturelle, le bienheureux Josemaría a prêché inlassablement l'appel universel à la sainteté et à l'apostolat. Dans une société où le désir effréné de posséder transforme les biens matériels en idoles qui éloignent les hommes de Dieu, le nouveau bienheureux nous rappelle que ces réalités concrètes, créées par Dieu et par le génie de l'homme, si l'on s'en sert correctement pour la gloire du Créateur et au service de nos frères, peuvent être un chemin qui conduit les hommes à rencontrer le Christ. »

Saint Josemaría Escrivá, fondateur de l'Opus Dei, a ouvert de nouveaux chemins de sainteté dans l'Église Catholique, rappelant que tous les hommes et femmes peuvent trouver la sainteté en accomplissant leur travail et toutes leurs tâches quotidiennes avec un esprit chrétien.


Jean-Paul II a canonisé Josemaría Escrivá de Balaguer le 6 octobre 2002 sur la place Saint-Pierre.


Texte proposé par Aron O’Raney.

Albert Camus, Réflexions...




« Entre la certitude que j'ai de mon existence et le contenu que j'essaie de donner à cette assurance, le fossé ne sera jamais comblé. Pour toujours, je serai étranger à moi-même. En psychologie comme en logique, il y a des vérités, mais point de vérité. Le “connais-toi toi-même” de Socrate a autant de valeur que le “sois vertueux” de nos confessionnaux. Ils révèlent une nostalgie en même temps qu'une ignorance. Ce sont des jeux stériles sur de grands sujets. Ils ne sont légitimes que dans la mesure exacte où ils sont approximatifs. »



« Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le reste, si le monde a trois dimensions, si l'esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux ; il faut d'abord répondre. »



« Ce qu'on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir. »


Albert Camus — Le Mythe De Sisyphe ( 1942 ) — Essais
Texte proposé par Aron O’Raney.

Saint Jean D’été Et Tradition Maçonnique



Les fêtes solsticiales marquent la phase ascendante et descendante du Soleil, elles existent depuis des temps immémoriaux, et sont deux axes majeurs dans l’année. Le solstice d’été se produit entre le 20 et le 21 juin.
Dans toutes les religions, ces fêtes ont une relation intime, avec le Soleil, Lumière et Source de vie. Pour les chrétiens, le feu est à la fois aussi, le symbole de l’Amour du prochain, et celui de la purification.



Jean le Baptiste a déclaré « Celui qui vient après moi vous baptisera par le feu » ( Luc III 16 ).
Ainsi, ce « précurseur » incarne-t-il le symbole du « Feu-Principe », assimilé au « Verbe Créateur », la fête qui lui est consacrée, est toujours intimement liée aux « Feux de la Saint Jean » qui sont accompagnés par des danses ou diverses festivités.
Saint Jean le Baptiste est représenté comme le précurseur immédiat de la Lumière, l’aube qui précède le jour de la pleine révélation de la compréhension.
Le Christianisme, n’ayant pu éradiquer certaines pratiques païennes, les a acceptées et intégrées aussi dans certains cas. Les feux de la Saint Jean ont donné lieu à de nombreuses interprétations à travers les époques : Culte du feu en Perse et en Gréce, de Janus dans la tradition Latine, du Dieu Solaire de l’ancien culte Solaire; et de différents Rites de purification, d’invocations, et autres rites initiatiques de « passage ».
L’année des Francs-Maçons est rythmée par ces deux importantes fêtes : La Saint Jean Baptiste, « Saint Jean d’été » se déroule le 24 Juin trois jours après le solstice d’été ; puis vient lui succéder la « Saint Jean d’hiver » dédiée, à Saint-Jean l’Evangéliste auteur de l'Évangile du même nom et de l'Apocalypse, qui est fêtée le 27 Décembre, au solstice d’hiver.


La symbolique de Jean a fait très tôt son apparition, dans la Franc-Maçonnerie Philosophique contemporaine dite « spéculative », une institution créée depuis bientôt 300 ans.
La première des Grandes Loges maçonniques celle de Londres, fût créée le 24 Juin 1717 jour de la Saint-Jean-Baptiste, dont le patronage était déjà revendiqué par les Maçons Opératifs bien avant l’an 1427.
Le 24 Juin le déclin du Soleil commence, et les jours raccourcissent au profit de la nuit.
Ainsi, Jean le Baptiste décroît pour laisser croître le Christ quand il énonce,
« Moi, je ne suis pas le Christ, mais je suis celui qui a été envoyé devant lui. Celui qui a l'époux est épouse ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il écoute, et la voix de l'époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue. » ( Jean III, 28-30 )
Texte proposé par Aron O’Raney.






Jean Le Baptiste



Jean-Baptiste ( le Baptiseur ) est cousin du Seigneur. Il est fêté le 24 Juin par l’Église tout entière avec une grande solennité, vu son rôle dans l’Histoire du Salut « voici la Saint Jean ", chante-t-on.
Jean-Baptiste est très populaire. En France, de nombreuses églises et villages portent son nom. À Rome, la basilique Saint-Jean-de–Latran, l’une des quatre basiliques majeures est dédiée aux deux Saints JEAN : Jean le baptiste et Jean l’évangéliste
Qui est Jean Baptiste ?
Jean-Baptiste est appelé aussi le Précurseur. Il est le dernier des prophètes d'Israël. Il vient clore la longue liste des saints hommes de Dieu qui, sous l'inspiration du Saint-Esprit, ont annoncé à temps et à contretemps la Révélation divine et la venue du Messie qui inaugurerait la Nouvelle Alliance.
L'annonce de sa naissance, par l'archange Gabriel, ouvre le Nouveau Testament dans l'Évangile de Luc ( ch. 1 ).
Son père, Zacharie, est prêtre de la tribu de Lévi. Il est marié avec Élisabeth, descendante, elle aussi, de la tribu de Lévi, de la très haute et très noble lignée sacerdotale d'Aaron, frère de Moïse et premier Grand-Prêtre ( dont sont issus tous les grands prêtres du Temple de Jérusalem ). « L'un et l'autre sont des justes " précise l'évangéliste ( Gn 15,6 ). Nous dirions aujourd'hui qu'ils sont des saints.
Pourtant, malgré leur grand mérite et leurs ardentes prières, le Seigneur ne leur a pas encore donné d'enfant. Et Élisabeth est stérile. De plus, dit St Luc, « ils sont maintenant très âgés ».
Notons déjà que la naissance de Jean-Baptiste fut le fruit des instantes prières de ses parents.
Sa naissance
Mais au temps du roi Hérode ( entre — 7 et — 4 avant notre ère ), un événement considérable se produit à Jérusalem. Alors que Zaccharie est désigné par le sort pour faire brûler l'encens dans le sanctuaire du Temple. Le jour où ce soin est dévolu à sa classe, « la classe d'Abia » dont il fait partie, l'Ange Gabriel lui apparaît à la droite de l'autel :
« N'aies pas peur Zacharie. Ta prière est exaucée. Ta femme t'enfantera un fils et tu lui donneras le Nom de JEAN ( ce qui signifie le Seigneur est favorable ). Beaucoup se réjouiront de sa naissance.
"Il ne boira ni vin, ni liqueur fermentée (autrement dit, il sera ‘ nazir ’, consacré au Seigneur dès sa naissance [ Nb 6, 2-3 ]. Il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère. Il ramènera de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu. Il précédera le Seigneur avec l'esprit et la puissance d'Élie pour ramener le coeur des pères vers leurs enfants et les rebelles à la sagesse des justes, préparant ainsi au Seigneur un peuple bien disposé » [ Lc 4 17 ].
L'ange Gabriel annonce à Zaccharie qu'en dépit des apparences [ la stérilité d'Élisabeth et leur vieillesse ], le Seigneur va leur donner un fils. Il sera un grand prophète, le nouvel Élie, qu'annonce la prophétie de Malachie [ vers — 520-515 ] :
‘ Voici que je vais vous envoyer Élie le Prophète avant que n'arrive Mon Jour. Il ramènera les cœurs des pères vers leurs fils, et les cœurs des fils vers leurs pères ’ [ Ml 3, 23-24 ].
Élisabeth conçoit bientôt l'enfant promis. Elle tient la nouvelle soigneusement cachée durant 5 mois, tant la nouvelle est surprenante.
Jean au désert

Conduit par l'Esprit Saint, Jean se retire pour prophétiser au désert — lieu d'une extrême aridité, mais où la Parole de Dieu est le mieux reçue — près du Jourdain, symbole de l'eau vive. Là, il va vivre dans une austérité effrayante :
Il porte, comme les prophètes d'Israël, ‘ un manteau de poils de chameau, un pagne de peau et une ceinture autour des reins. Sa nourriture est composée de sauterelles et de miel sauvage ’. [ Mc 1 ].
De très nombreux artistes l'ont représenté ainsi.
Il apparaît comme un Rabbi [ un rabbin ], un maître. Il est bientôt entouré de disciples [ Jn 1, 35 ] auxquels il apprend à jeûner, à prier et surtout à écouter la Parole divine [ Mc 2, 18 et Lc 5,33 et 11, 1 ].
À cause de son zèle, Jésus peut dire de lui :
‘ Il est ce nouvel Élie qui doit venir pour marcher devant le Seigneur, qu'on attend et qui doit préparer le peuple à la venue du Messie ’ [ Mt 11,2-15 et 17,9-13 ].
Sa voix puissante et la force de Vérité de son message ébranlent la Judée.
Il prêche une conversion dont le signe est un bain rituel accompagné de l'aveu des péchés. C'est le baptême dit de Jean [ d'où son nom), qui sera préfiguration du Sacrement de Baptême.
Sa parole rigoureuse le situe dans la droite ligne des prophètes.
Il demande à tous, comme l'avait annoncé l'archange Gabriel à Zacharie son père, de revenir à Dieu, et d'être dorénavant fidèles à la Sainte Loi d'amour de Dieu.
‘ Engeance de vipères, convertissez-vous ! Produisez des fruits de repentir. Sinon n'espérez pas échapper à la colère divine. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu ’ crie-t-il à ses contemporains ( Lc 3, 7-8 ].
Avec l'audace des saints, il dénonce l'adultère public d'Hérode avec sa belle-sœur Hérodiade, la femme de son frère qu'il a épousée, lui faisant de vifs reproches. ‘ Pourtant Hérode aimait l'écouter ! »
Pourtant un jour, il le fait arrêter et jeter dans la prison de Machéronte, au-delà du Jourdain.
Il est si grand, si saint que la foule se demande s'il n'est pas le Messie Lui-même. Il répond humblement aux enquêteurs qui lui sont envoyés par les autorités religieuses :
‘ Je ne suis pas le Christ ! et même je ne suis pas digne de dénouer les courroies de ses sandales ’ [ Jn l,21 ].
À la demande expresse de Jésus, il Le baptise, Baptême qui marque l'envoi en mission du Seigneur, au cours duquel se manifestera alors la Sainte Trinité :
‘ Il vit l'Esprit descendre sur Lui comme une colombe. Et voici qu'une voix, venue des cieux, disait : ‘ Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur" ( Mt 3, 16-17 ].

‘ Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ’ dira Jean en désignant Jésus aux disciples comme le [ futur ] agneau immolé, agneau pascal, symbole de la rédemption d'Israël et du monde [ Jn 1,29-34 ].
Il annonce que Jésus est Celui qui vient, qui baptisera dans l'Esprit et dans le feu, que Jésus est l'élu de Dieu, l'oint du Seigneur, le Messie Lui-même [ Mt 3, 11 ].
Il a accompli désormais ce pour quoi Dieu l'a envoyé. Sa mission s'achève !
‘ Il faut qu'Il croisse et que je diminue ‘ dira-t-il à ceux qui l'interrogent [ Jn 3, 27-30 ].
Sa personnalité
Jean-Baptiste est extraordinairement attachant. Lorsqu'il prêche dans le désert, il apparaît tel un roc de foi. Mais dans la désolation de sa prison, il est assailli de doutes. Ne s'est-il pas trompé ? Il envoie alors ses disciples demander à Jésus : ‘ Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? ’
Ce sera l'occasion pour Jésus de lui rendre le plus bel hommage fait à un homme :
L'annonce à Zacharie et l'annonce à Marie sont étroitement liées dans le projet divin.
En effet — Dieu voit et sait tout — lors de l'Annonciation, l'archange Gabriel va donner à Marie un signe précis de la réalité et de la vérité de son Message, le signe d'une naissance miraculeuse, le même que celui donné à Sara, l'épouse d'Abraham, stérile elle aussi, qui enfantera pourtant le patriarche Isaac :
‘ Élisabeth, ta parente, est enceinte. Elle en est à son 6e mois, car rien n'est impossible à Dieu ’ [ Lc 1,26-38 ].
Cette nouvelle et ce signe bouleversent Marie. Elle en saisit l'importance et la portée. Elle répond alors : ‘ Je suis la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole ’.
Quelques jours plus tard, lors de la Visitation, dès qu'il entend la salutation de Marie, Jean-Baptiste, alors qu'il est encore dans le sein de sa mère, est tout à-coup rempli de l'Esprit Saint :
‘ Dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, l'enfant tressaillit [ de joie ] dans son sein ’ v 41.
Ainsi donc, c'est un foetus de 6 mois, Jean-Baptiste, qui est le premier être humain à saluer le Seigneur Jésus, embryon de 3 jours, car c'est le délai nécessaire pour aller à pied de Nazareth à Ain Karim où habitaient selon la tradition Zacharie et Élisabeth.
Lors de la naissance de Jean-Baptiste, les signes miraculeux se multiplient, montrant que le doigt de Dieu est sur l'enfant : Zacharie recouvre miraculeusement la parole. Il prophétise et chante le Benedictus, ce magnifique cantique que les chrétiens récitent chaque matin lors de l'office divin :
‘ Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël... Toi, petit enfant, tu seras appelé ‘ Prophète du Très-Haut ’ Tu précéderas le Seigneur pour lui préparer ses chemins, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés... Lc 1,67-79.
Sa Mission
La mission de Jean-Baptiste commence en l'an 29 de notre ère, comme le dit Saint Luc :
En l'an 15 du Principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, sous le pontificat d'Anne et de Caïphe, la Parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, au désert de Judée, dans la région du Jourdain ’ [ Lc 3, 1-3 ]
Comme toujours dans l'Ecriture, chaque événement se déroule à une date précisée, ici l'an 29, avec un homme nommément désigné, Jean, en un lieu connu, la Judée. La Révélation, ne l'oublions pas, s'insère toujours dans la réalité de l’histoire.
Le Royaume de Dieu est tout proche. Le Messie arrive...
‘ Il est plus qu'un prophète. Parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean-Baptiste ’ [ Mt 11,2-15 ].
Son attachement pour Jésus est immense. Peu avant son arrestation, Jean l'Évangéliste nous relate l'ultime témoignage que fait Jean le Baptiste en l'honneur de Jésus :
‘ L'ami [ c'est Jean-Baptiste qui se désigne ainsi ] de l'Époux [ Le Christ ] est ravi de joie à la voix de l'époux. Voilà ma joie, elle est maintenant parfaite ’ [ Mt 1,35 s ].
Et il invitera ses propres disciples, particulièrement André et Jean, à suivre Jésus.
Son héroïsme
Les reproches vigoureux qu'il adresse à Hérode à propos de sa liaison avec Hérodiade, la femme de son frère Philippe, traduisent l'intensité de sa fidélité à Dieu. Il poussera cette fidélité jusqu'à l'héroïsme, c'est-à-dire jusqu'à l'ultime témoignage du martyre : sous l'impulsion d'Hérodiade et à la demande de Salomé sa fille, Hérode, au cours d'une beuverie, donnera l'ordre de le décapiter [ Lc 18, 16 ].
‘ Ses disciples vinrent prendre son cadavre. Ils l'ensevelirent. Puis, ils allèrent en informer Jésus ’ [ Mt 14,5-12 ].
Ainsi s'achève l'histoire de Jean-Baptiste. Jean-Baptiste renvoie toujours à Jésus. C'est bien ce qu'entend Jean l'évangéliste, quand il nous dit dans le prologue de son Évangile :
‘ Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean [ le Baptiste ]. Il n'était pas la lumière, mais il venait pour rendre témoignage à la lumière ’ [ Jn l, 7 ].
Un saint
Jean-Baptiste, comme ses parents, Élisabeth et Zacharie, est un juste, un saint dirions-nous aujourd'hui, et même un des plus grands saints. En fait, c'est un géant de sainteté. Son amour pour le Seigneur et pour la Sainte Loi de Dieu l'a conduit jusqu'à la prison et la mort.
Il n'atermoiera jamais avec les puissants, et ne leur fera aucune concession quand il s'agit de la fidélité à Dieu. Il est le fidèle parmi les fidèles.
Sa fête
Le 24 juin, l'Église célèbre avec un grand faste la naissance de Jean-Baptiste. C'est le jour le plus long de l'année, celui où la nuit est la plus courte : c'est le solstice d'été.
Comme lors de sa naissance, tous se réjouissent ce jour-là de la venue de Jean-Baptiste parmi nous. Autrefois, les anciens faisaient à la Saint-Jean les ‘ feux de la Saint-Jean ’, De nos jours, certains, sous prétexte de remettre ces feux en honneur, retournent à l'idolâtrie : la Saint-Jean devient la fête du soleil, d'Apollon, de la musique... Ne tombons pas dans ces pièges et fêtons dignement Saint-Jean-Baptiste.
Sachons enfin que les juifs savent lire parfois l'Évangile mieux que nous.
Écoutons-les : les prêtres de la classe d'Abia célébraient le culte divin au Temple de Jérusalem, la dernière semaine, d'août, ou la première de septembre. Après son service, Zacharie retourna donc chez lui. Peu après, Élisabeth a conçu l'enfant qui naîtra 9 mois plus tard, comptez bien à la fin juin !
Comme quoi les traditions ont du bon. Elles sont dignes de respect et d'attention !
Auteur: Françoise Lucrot
Texte proposé par Aron O’Raney.