Celui dont la langue se tait,




Celui dont la langue se tait,
Celui dont la langue se tait, même si son coeur ne se tait pas, allège son fardeau;
Celui dont la langue et le coeur se taisent tous les deux,
Purifie son "centre secret" (sirr) et son Seigneur s'y révèle;
Celui dont le coeur se tait, mais dont la bouche parle,
Prononce les paroles de la Sagesse;
Mais celui dont ni la langue ni le coeur ne se taisent,
Est objet de Satan, et soumis à sa domination.

Le silence de la langue,
Est un des traits ordinaires,
De tous les hommes spirituels (al’âmma),
Et de tous les maîtres de la voie (arbâbu-s-sulûk).
Le silence du coeur,
Est parmi les caractères distinctifs,
Des "rapprochés" (almuqarrabûn) qui sont des gens de contemplation.
Le hâl (l'état) que le silence,
Assure aux "progressants" (assâlikûn),
Est la préservation des malheurs,
Et celui qu'il favorise chez les « rapprochés »,
Est l'entretien dans la familiarité seigneuriale.

Ibn 'Arabi, (Murcia, 1165 — Damas, 1240), philosophe et mystique musulman attaché à la doctrine de l'«unicité de l'Être».

Source : La Parure des Abdal (Hilayatu al abdal)
Texte proposé par Oraney.